Que se passe-t-il dans la forêt du Cavally en Côte d’Ivoire ?

Article publié le 27 mars 2017
Article publié le 27 mars 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Plusieurs Organisations non gouvernementales alertent sur le sort de la forêt classée de Cavally, à l’est de la Côte d’Ivoire, menacée par des groupes armés et des exploitants illégaux.

La forêt du Cavally serait-elle en train de devenir une zone de non-droit ? C’est la question que posent plusieurs ONG, dans un appel à l’aide publique cette semaine. Valéry Viehou de l’ONG OPFRT dénonce une implantation de bandes de contrebandiers armés dans ce sanctuaire riche d’une grande biodiversité.

Ils se sont érigés en « Seigneurs » des lieux et « vendent illégalement des terres à des cultivateurs en mal de surface pour exploiter du cacao dans la forêt ». L’abattage des essences rares d’arbres, le braconnage des animaux protégés et la déforestation y sont monnaie courante.

Déforestation, trafic et exploitations illégales

 « C’est un réseau. Ce sont des gens qui sont armés, qui sont protégés, qui sont organisés et qui détruisent cette forêt », dénonce Emmanuelle Normand de la Fondation pour les chimpanzés sauvages (WCF – Wild Chimpanzee Fondation) « Il y a tout un réseau de ventes de forêt qui s’est mis en place et les gens viennent de partout. Ils peuvent venir du Burkina Faso ou du centre du pays.

Ils viennent des autres forêts classées qui ont été détruites déjà il y a longtemps. » Ce sont aujourd’hui des milliers de plantations illégales de cacao qu’il faut démanteler. 

Un cruel manque de moyens pour lutter

D’après les ONG, les différents services chargés de la gestion et de la protection des forêts en Côte d’Ivoire, notamment la Société de développement des forêts (SODEFOR), la police et la gendarmerie, sont soit dépassés. « À Goin Débé, une forêt de la région de Cavally, le capitaine Kakou doit gérer 133 000 ha avec dix agents », souligne une enquête de Jeune Afrique. « Il faut qu’on arrive d’abord à une situation stable, insiste Mamadou Sangaré, le directeur général de la société d’État. Il y a trois ans, on ne pouvait même pas pénétrer dans la zone. »

« La pression est très forte et nous menons des opérations de sécurisation de la forêt presque chaque semaine », explique-t-il. Et tant que la sûreté ne sera pas restaurée, les trafiquants pourront se livrer à l'orpaillage et à des trafics en tout genre.