Quand Robert Pattinson et Scarlett Johansson donnent la frite

Article publié le 28 mai 2012
Article publié le 28 mai 2012
Quel point commun entre le Britannique Robert Pattinson, et l’Américaine (d’origine danoise) Scarlett Johansson ? Ils font partie des hommes et des femmes les plus désirables au monde. Même si la majorité de leurs admirateurs n’a aucune chance de les rencontrer, beaucoup « ne les chasseraient pas s’ils venaient au bord de leur lit ». Et comment ça se dit en anglais ?

On est bien d’accord, tout ça est purement hypothétique. Mais c’est de cette possibilité, toute virtuelle - que Pattinson ou Johansson vienne prendre place au bord du lit d’un(e) fan - que provient une expression allemande : « Die/Den würde ich nicht von der Bettkante stossen. » (« Lui/elle, je ne le/la chasserais pas du bord de mon lit. ») L’un et l’autre sont sexuellement désirables. On ne le leur dirait pas en face, mais c’est le genre de choses qu’on échange volontiers, à mi-chemin entre le ragot et la confidence, entre amis.

En anglais, de la même façon, on utilise la métaphore du lit : « I wouldn’t kick her out of bed for eating crackers. » (« Je ne la chasserais pas du lit même si elle mangeait des crackers »). Tant pis si quelqu’un laisse des miettes dans le lit (ces horribles miettes qui vont s’insinuer entre le drap et la couette), cette personne est si attirante qu’on lui pardonne tout de suite. En argot, de façon un peu plus obscène, on dit : « I wouldn’t kick her out of bed for farting » - autrement dit, même péter au lit, ça ne fait rien.

De son côté, l’Espagnol s’intéresse aux sécrétions corporelles. Là-bas, quand on trouve quelqu’un à croquer, on dit « estás tan buena que te haría un traje de saliva » – littéralement « tu es tellement chaude que je pourrais te faire un habit de salive. » Puisqu’on en est à l’eau à la bouche, parlons des Français, pour qui (vive les stéréotypes) c’est naturellement une histoire de bouffe. « Elle est chaude comme une baraque à frites. » Littéralement traduit dans les autres langues, ce serait plutôt le contraire d’un compliment. L’expression vient du film français Podium. Dans cette comédie, le financier Bernard Frédéric entreprend une carrière parallèle de sosie de star. Il est incarné par un acteur belge, donc la boucle est bouclée côté frites.

Les Polonais non plus ne restent pas de glace dans cette histoire au bord du lit. Du côté de la Vistule on dit : « nim bym nie pogardziła » (« Je ne lui dirais pas non »), quand on croise le chemin d’un ikemen ou autre morceau de choix.

Dessin : ©Henning Studte