Quand le couple franco-allemand parle de fédéralisme européen

Article publié le 28 avril 2013
Article publié le 28 avril 2013
Par Olalla Pasto Del Valle et Nina Tsiklaouri Le Jeudi 4 avril s'est tenu à Strasbourg une conférence à l'initiative des Jeunes Européens-France à l'Ecole Nationale d’Administration. La rencontre réunissait ni plus ni moins le Ministre français de l'Economie et des Finances et son homologue allemand, présidée par Jean-Marie Cavada, président du Mouvement européen.
Alors que 2013 marque le 50ème anniversaire du Traité de l'Elysée, cette conférence n'aurait pu être plus à propos.

"Le couple franco-allemand en 2013: tremplin vers un fédéralisme en Europe?", le titre en dit déjà beaucoup sur le sujet et les acteurs. De fait s'il y a une chose sur laquelle Moscovici et Schäuble misent sans hésitation c'est sur l'avenir d'une Europe fédéraliste. Parmi les thèmes abordés durant la rencontre, l'idée du rôle meneur du couple franco-allemand a été récurrente dans le discours des deux hommes. Les deux états doivent définir une vision commune et mener l'Europe vers un meilleur équilibre des efforts. Le Ministre français a souligné l'importance du consentement populaire dans ce projet. Il est nécessaire de démontrer par des résultats concrets que le fédéralisme fonctionne. Afin de “reconquérir le cœur des citoyens”, il est essentiel d'apporter des preuves de croissance et de montrer que l'Europe est un ensemble d'optimisme et non de contraintes. Moscovici et Schäuble ont reconnu qu’il faut abandonner le débat « austérité- croissance » et plutôt faire des efforts pour « aller dans la même direction ». D’autre part, il est ennuyeux d’entendre toujours le même discours de l’Europe réduit à deux pays, il faudrait peut-être envisager une stratégie qui implique les 27 ou plutôt les 28 (avec l’entrée de la Croatie dans l’UE en juillet prochain) dans la responsabilité du continent.

« Nous voulons écouter les jeunes ». Vraiment… ?

Puis est venue l'heure de poser des questions ou plus exactement deux questions. Bien qu'organisateurs de la conférence, les membres des Jeunes Européens ont à peine pu s'exprimer, poussés à rendre le micro au bout de quelques minutes. L’amphi était plein à craquer de jeunes étudiants de l’ENA, de Sciences Po ainsi que des participants du Séminaire européen transfrontalier organisé par les Jeunes Européens mais les réponses à leurs questions n’ont été que peu satisfaites, par de courts commentaires de la part des ministres. Rapidement, la parole des jeunes a été interrompue sous prétexte de manque de temps. La presse, a, elle aussi, eu son tour de parole. Et l’affaire Cahuzac semblait, ce jour-là, bien plus l’intéresser que le fédéralisme européen…

Crédit photo : Pierre Cavaillé