Quand le ballon rond se met en grève

Article publié le 21 juin 2016
Article publié le 21 juin 2016

La grève est un moyen pour des salariés de montrer leur mécontentement envers leur employeur. Et en ce moment, on pourrait presque dire que c’est devenu tendance. Mais on oublie très souvent qu’il s’agit d’un droit universel que toute personne peut exercer. Et alors que se déroule l’Euro 2016, cafébabel vous propose quelques exemples de grèves qui ont touché le monde du ballon rond. 

Le football est souvent catalogué comme étant un sport gangrené par l’argent. Entre corruption, salaires mirobolants et prix de transferts astronomiques, on serait tenté de dire qu’il s’agit d’une autre planète. Cependant, dans certains moments, les footballeurs nous rappellent qu'ils sont comme chacun d'entre nous, des personnes ayant droit. Et ils leur arrivent de les revendiquer en provoquant des mouvements de grèves.

Espagne : joueurs non rémunérés par leurs clubs

En août 2011, l’Association des Footballeurs Espagnols lance un mouvement de grève. Les footballeurs espagnols accusent les clubs de salaires impayés, et ce depuis plusieurs mois. L’AFE réclame non seulement le remboursement des salaires dûs, mais également la possibilité pour les joueurs de rompre unilatéralement leur contrat après plus de 3 mois de rémunérations impayées. Résultat : l’AFE obtient 10 millions d’euros au lieu des 50 millions initialement réclamés.

Grèce: promesses non tenues de la part de la Fédération

La situation économique du pays n’a pas épargné les clubs de football. Accumulant les retards de paiements et autres problèmes financiers, deux clubs de première division grecque furent ainsi victimes de relégation administrative à la fin de la saison 2013-2014. Durant cette même année,  la Fédération Grecque de Football s’était engagée à créer un fond de stabilité visant à rémunérer les joueurs des clubs dans des situations économiques très précaires. La Fédération n’ayant pas tenu ses promesses, l’Association des joueurs lança un mouvement de grève en décembre 2015. Celui-ci dura…une semaine, le temps pour la Fédération de créer le fonds de stabilité promis.

Argentine : grève de football au pays de Maradona

En 2001, l’Argentine connaît une grave crise économique qui toucha aussi le football de plein fouet. Les clubs sont à la dérive et les trois divisions de football argentin accumulent 112 millions d’euros de dettes, dont 19 millions aux joueurs. Ceux-ci décident de se mettre en grève, allant jusqu’à réclamer la relégation pure et simple des mauvais payeurs. Après 10 jours de grèves, une éternité dans ce pays accro au ballon rond, un accord fut trouvé avec la Fédération qui s’engagea à payer 35% des sommes dues aux joueurs et d’étaler le reste sur une période de 18 mois.

Et en bonus...

Nous aurions également pu citer les grèves d’encouragements de supporters (Marseille, Rennes, Bordeaux,etc.), ceux-ci se plaignant des mauvais résultats de leurs équipes.

Le fameux feuilleton de Knysna au cours duquel les joueurs de l'équipe de France refusèrent de descendre du bus pour protester contre la mise à l'écart de leur coéquipier, Nicolas Anelka

Il y eut aussi une grève des arbitres (France, Portugal) revendiquant de meilleures rémunérations. Et même les dirigeants de clubs de football français menacèrent de boycotter une journée de championnat en protestation de la fameuse taxe à 75% du président Hollande.  

Les exemple grecs, espagnols et argentins nous montrent un visage plus humain du football. Les crises économiques touchent aussi le football et surtout les petits clubs. Ceci dit, les très grands clubs espagnols, par exemple, paraissent intouchables alors qu’ils accumulent des dettes abyssales. Mais cela est un autre débat…