Quand la presse révèle les affaires privées des personnalités publiques

Article publié le 24 mai 2011
Publié par la communauté
Article publié le 24 mai 2011
par Julie Olivier
Cour Européenne des Droits de l'Homme Dans l’arrêt Mosley c. Royaume-Uni rendu le 11 mai, la Cour européenne des Droits de l’Homme s’est prononcée en faveur de la liberté des médias. Une décision qui fait écho aux divergences des modèles médiatiques français et anglo-saxon sur leur traitement de la vie privée de leurs classes politiques.

Les juges de Strasbourg ont débouté Max Mosley, 71 ans, ancien patron de la Fédération internationale de l’automobile, qui reprochait au Royaume-Uni de ne pas protéger son droit au respect de la vie privée, et plus précisément, de ne pas imposer aux médias l’obligation d’avertir préalablement les personnes faisant l’objet de reportages afin que celles-ci aient la possibilité d’en empêcher la publication. En mars 2008, le journal du dimanche News of the World avait publié en première page un article intitulé « Le patron de la F1 fait une orgie nazie avec cinq prostituées » et diffusé des extraits d’une vidéo de ladite soirée sur internet. Le 11 mai, la Cour a conclu que l’article 8 sur le droit au respect de la vie privée et familiale de la Convention européenne des Droits de l’Homme n’avait pas été violé, et qu’aucune obligation de notification ne devait être imposée aux médias britanniques. En effet, cette mesure représente une forme de censure pour les journalistes. En quête d’un équilibre entre liberté de la presse et respect de la vie privée, la Cour a ainsi reconnu que « la vie privée des personnes publiques est devenue un produit très lucratif pour certains secteurs des médias » mais que les « journalistes ont une compréhension suffisante de la notion de « vie privée » pour leur permettre de déterminer quand une publication peut porter atteinte au droit au respect de la vie privée ».