Quand la guerre se met au vert – Visite à l’aéroport de Gatow

Article publié le 8 février 2012
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Article publié le 8 février 2012
par Christiane Lötsch - traduction Sébastien Vannier Deuxième épisode de notre série sur les aéroports berlinois. Les aéroports berlinois constituent toujours le terminus d’une ligne de U-Bahn ou de S-Bahn et ne sont pas, par principe, à moins d’une heure de trajet. C’est ce que Sébastien nous appris lors de la première partie de notre série sur les aéroports berlinois.
Même en tant que vraie Berlinoise, je ne pouvais pas dire où se trouve exactement Gatow. Quelque part à l’Ouest en tout cas et comme on dit ici, Jott Wee Dee (dans la pampa). Un petit clic sur le site des transports berlinois me donne une première indication : A la fin du métro U7 puis encore 20 minutes de trajet avec le bus à travers les champs de Kladow.

Un aéroport à Gatow ? J’ai d’abord cru à une blague. Mais un ami m’a assuré que, quand on part de Tegel en direction du Sud, on peut voir une étrange tâche vide au milieu de nulle part. Ce n’est pas la première fois qu’on verrait quelque chose d’étrange à Berlin, mais restons en aux faits : Le régime national-socialiste a compris l’aéroport de Gatow en 1935, Hitler l’a inauguré personnellement et l’utilisait régulièrement pour ses vols vers Berchtesgaden.

Nach dem Zweiten Weltkrieg tauschten die Russen den Flughafen gegen andere Gebiete mit den Briten, die dem Ort den klingenden und vollkommen übertriebenen Namen „Royal Airforce Gatow“ gaben. Während der Luftbrücke 1948 brachten die britischen Alliierten über Gatow bis zu tausend Tonnen Lebensmittel pro Tag in die Stadt. 1994 zogen die Alliierten aus Berlin ab – der Flugplatz wurde geschlossen.

Après la Seconde Guerre mondiale, les Russes ont échangé l’aéroport avec les Anglais contre un autre territoire. Ceux-ci ont donné lieu le titre clinquant et complètement exagéré de « Royal Airforce Gatow ». Pendant le pont aérien de 1948, les alliés britanniques ont fait transporté vers Gatow des dizaines de tonnes de nourritures par jour. En 1994, les Alliés se sont retirés de Berlin, l’aéroport a été fermé.

Et aujourd’hui ? En ce dimanche après-midi, glacial mais ensoleillé, les habitants des maisons du coin sont de sortie et profitent des larges pistes pour faire du roller ou du skate . Il ne manque plus que les cerf-volants de toutes les couleurs et les joueurs de foot et je pourrais croire que je suis à Tempelhof. Mais en fait non, un détail important fait la différence.

Sur les pistes apparaissent bucoliquement des systèmes de défense anti-missiles à côté d’avions de combat de tout genre. Ce qui a le don de réaliser les rêves d’enfants de mes accompagnateurs (masculins). Leurs noms assez indéchiffrables comme MIG, SUCHOI ou encore MIL-MI rappellent qu’ils viennent de Russie. Dans le hall 7, le musée de l’armée de l’air montre leurs histoires, dès débuts à aujourd’hui. Et je me demande comment la Bundeswehr fait pour obtenir autant de place dans le seul but de son auto-admiration. Nous avons même droit à un soldat, prêt à répondre aux questions des visiteurs sur les « les mesures de représailles » et sur « l’équilibre de la terreur ».

Je ne me sens pas vraiment bien. Les hélicoptères, les bombes de chasses ou les anti-missiles ont peut-être l’air mignons à la lumière du soleil en cet après-midi, ils n’en ont pas moins été mortels lorsqu’ils étaient encore en service. Mais de cela, pas de trace dans l’exposition. Notre escapade bucolique de ce dimanche après-midi touche à sa fin.