Psychose nucléaire ou menace réelle ?

Article publié le 24 mars 2011
Article publié le 24 mars 2011
Par Eva Donelli Le cas du Japon a éveillé les consciences et le débat sur le nucléaire a été relancé. Aujourd’hui, à l’occasion du Sommet européen à Bruxelles, les chefs d’État abordent la question de la sécurité des centrales nucléaires en Europe et vont parler des « stress tests » en particulier.

Les États membres se disent « prêts à faire vérifier la sûreté des installations nucléaires en procédant à une évaluation exhaustive des risques et de la sûreté ("stress test") des réacteurs de l'UE. » Dans la liste des risques à tester, « risques sismiques et risques d'inondation, conception technique et dispositif d'ensemble des systèmes de secours, âge des centrales, type de réacteur, procédures d'urgence et résistance en cas de catastrophe aérienne ou d'attaque terroriste ».

Le Conseil a également appelé les pays voisins de l'UE à mener des "stress tests" similaires, puisque, selon certains experts les plus grands risques proviennent de réacteurs dans des pays voisins comme la Russie et la Biélorussie. Pourtant, le chaos règne dans l'information sur l'énergie nucléaire. Certains médias ont été accusés d'être alarmistes, et d'autres, de façon inexplicable se taisent.

Silence ou vacarme médiatique

Hier, mercredi 23 Mars à 10.24, la centrale nucléaire de Krsko, 30 km à l'ouest de Zagreb en Slovénie, s'est éteinte automatiquement après un «échec dont les causes sont inconnues». http://www.timesleader.com/news/ap?articleID=6755797. Pour autant, en Italie, pays voisin, aucune agence de presse importante en a parlé. Apparemment, les systèmes de sécurité ont bien fonctionné mais cela justifie t-il le fait que personne ne parle de cet incident ?

Dans un autre registre, les réactions émotionnelles aux accidents Japonais ne manquent pas. En Suisse, les épisodes des Simpson qui réfèrent à des accidents nucléaires ont été censurés. En Italie, des comprimés d'iode, qui "protègent la thyroïde de l'attaque des radications" sont vendues comme des bonbons. Le niveau de radiations qui a atteint l'Europe au lendemain de l'accident de Fukushima a été enregistré comme sans influence, mais le niveau d'alarme parmi la population ne l’ai pas.

"14 réacteurs en Europe seraient dangereux"

Ces craintes sont fondées sur l'absence d'information adéquate, parce qu'une contamination est très peu probable, on le sait. Pourtant, les déclarations alarmantes ne manquent non plus, comme celle inquiétante du commissaire européen chargé de l'énergie, Guenther Oettinger, affirmant que "Certaines centrales nucléaires ne passeront pas les tests de sécurité", suivit par celle de Greenpeace qui avertie qu« au moins 14 réacteurs en Europe seraient dangereux. »