Profession : médecin du village parlementaire

Article publié le 18 mars 2011
Article publié le 18 mars 2011
par Aurélie Feller Les patients défilent au service médical du Parlement et c'est ainsi durant toutes les sessions de jour comme de nuit, de Strasbourg à Bruxelles. L'équipe médicale du médecin Giampiero Di Paolantonio veille sur les fonctionnaires, les parlementaires et tout les prestataires de service du Parlement européen.
Portrait d'un docteur simple et accueillant qui aurait aimé être médecin de village et qui est aujourd'hui le médecin en chef du service médical de cette institution.

Polyglotte à la tour de Babel

Ses cheveux gris-blanc, sa blouse impeccable et ses lunettes lui donnent un air imposant. Le docteur Giampiero Di Paolantonio se souvient de ses débuts au Parlement. Dans les années '80, à l'âge de trente ans, il est sélectionné parmi les derniers candidats pour le poste de médecin au Parlement. Un apprentissage des langues lui donnait un solide avantage dans la sélection. Par son origine, ce natif de Belgique acquit très tôt l'italien dans sa famille. Le néerlandais, il le perfectionna sur les bancs de médecine générale à Leuven et l'anglais également au fil du temps. L'allemand et l'espagnol, il ne les parle pas couramment, mais il les comprend. Ce multilingue fut l'heureux élu à sa propre surprise. .

8000 interventions annuelles pour 6 médecins

En trente ans, le travail a changé. De 10 pays, on est passé à 27, les exigences se sont accrues. « Au début, nous étions que 3, une secrétaire, une infirmière, un médecin », raconte-il. Le service compte désormais 6 médecins, 7 infirmières et 7 secrétaires. Ensemble, ils traitent plus de 6000 interventions par an, dont 200 urgences, pour soigner du cuisinier au député, les employés de toutes les nationalités. Ce jour-là, une jeune femme se repose dans une petite salle à l'écart pour calmer ses maux de tête. Elle a deux heures pour se décider à retourner travailler ou à rentrer chez elle. « Le plus souvent, ce sont des rhumes, des dépressions, des maux de ventre et de tête, explique-t-il, quelque fois des coupures chez les techniciens, plus rarement des cas plus graves comme des infarctus... ».

La santé passe en premier

Équipement d'examens optiques et auditifs, électrocardiogramme, pharmacie, ils ont tout sur place comme une véritable petite polyclinique. Ils ont à leur charge les examens de pré-embauche et de médecine du travail au Parlement. « Pour les employés, qui arrivent le lundi et repartent le jeudi, mon service est important, car il leur est souvent difficile de trouver le temps de se faire soigner chez eux. » Ils veillent ainsi aux vaccinations des fonctionnaires qui voyagent souvent beaucoup, entre Bruxelles et leur pays d'origine jusque dans les pays tropicaux.« On garde une image fausse du fonctionnaire paresseux, la plupart sont, au contraire, très motivés. Il y a beaucoup de personnes à qui il faut dire de travailler un peu moins et de surveiller sa santé », continue-t-il.

Loin de délivrer une simple médecine administrative, il a la satisfaction de donner le plus possible une dimension humaine au service. Pensif, il ajoute que « quitter la médecine générale fut un choix de vie difficile, (il sourit), les petits vieux m'ont manqué ». Mais finalement, en écoutant, soignant, prescrivant au boulot et dans un environnement particulier, il a acquis une expérience universelle. Il est convaincu que tous les patients sont les mêmes, d'où qu'ils viennent et quoi qu'ils fassent.