Prix Lux 2011: «Les neiges du Kilimandjaro»

Article publié le 9 janvier 2012
Article publié le 9 janvier 2012
Par Aude van den Hove Source de la Photo: Union Européenne Le prix Lux pour le cinéma européen a été décerné au film français «Les neiges du Kilimandjaro» du réalisateur Robert Guédiguian. Jerzy Buzek, président du Parlement européen l’a remis mercredi 16 novembre à Marc Bordure, producteur du film, dans l’hémicycle strasbourgeois.

Le prix Lux a été crée en 2007 dans le but de promouvoir le débat public sur l’Union européenne et de soutenir la circulation de productions au sein de l’Union. En effet, le gagnant du prix reçoit le financement nécessaire pour le sous-titrage de son film dans les 23 langues officielles, mais aussi pour adapter la version originale pour les malentendants et les malvoyants.

La sélection officielle

C’est un panel composé de 16 personnes provenant de tous les niveaux de la chaine du cinéma ainsi que de partout en Europe qui fait la sélection des films. Chacun des membres vient avec sa propre sélection, ensuite ils votent et un top 10 est constitué. Les trois premiers films de ce top dix seront par la suite présentés dans le concours. Pour qu’un film fasse partie de la sélection officielle il faut que ce soit une oeuvre fictionnelle ou un documentaire durant au minimum 1h et une production éligible pour le programme MEDIA. Au niveau du contenu il doit illustrer ou discuter de l’identité européenne ou sa diversité culturelle.

Le grand gagnant est choisi par les parlementaires européens. Pendant un mois, les députés peuvent assister à des séances qui sont organisées pour eux ou regarder la sélection sur la plateforme de vidéo à la demande. C’est le film qui récolte le plus de vote qui remporte le prix.

Le prix Lux 2011

Cette année les trois films présentés aux parlementaires étaient : Attenberg de Athina Tsangari, une production grecque. Play de Ruben Östlund, une co-production France-Suède-Danemark et Les neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguan, une production française.

C’est le film Les neiges du Kilimandjaro qui l’a emporté avec 55% des votes. Le film Play a quant à lui récolté 30% et Attenberg 15%. Il faut tout de même noter que sur les 736 membres du Parlement européens, seuls 220 députés ont votés. Mais d’après Isabelle Durant, eurodéputée belge membre du groupe des verts et vice-présidente du Parlement européen et membre du groupe des verts. responsable du prix Lux, c’est tout de même significatif qu’un tiers des députés ait pris le temps d’aller voir trois films et de voter alors que ça n’est pas du tout obligatoire.

Les trois films étaient fort différents les uns des autres, Les neiges du Kilimandjaro raconte l’histoire d’un syndicaliste qui perd son travail dans une usine portuaire à Marseille. Il reconstruit petit à petit sa vie jusqu’au jour où lui, sa femme et un couple d’ami se font violemment braquer dans sa maison. De là, le premier couple va essayer de comprendre pourquoi le malfrat a commis cet acte que l’autre couple continue de trouver impardonnable.

L’action de Play se passe en Suède, un groupe de jeunes garçons noirs âgés entre 12 et 14 ans, a volé d’autres enfants à maintes reprises sur une période de deux ans. Pour commettre ces vols, ils élaboraient des plans qui impliquaient des jeux de rôles plutôt que la force.

Le film Attenberg, quant à lui, raconte l’histoire de Marina, une jeune fille de 23 ans qui vit avec son père dans une ville prolétarienne typique près de la mer. Elle trouve la race humaine étrange et l’observe à travers des chansons à tendance suicidaire, des documentaires animaux de David Attenborough et les leçons d’éducation sexuelles qu’elle reçoit de sa seule amie, Bella. Lorsqu’un étranger arrive en ville, elle va se retrouver coincée entre les deux hommes (son père et l’étranger) et son amie, Bella. C’est à travers ça qu’elle va découvrir les mystères de la faune humaine.

Malgré que les trois histoires très différentes, chacun des films fait référence à une réalité européenne. Ils auraient pu être réalisés dans un lieu différent sans que l’histoire en soit altérée.

Le futur du prix

Pour l’année prochaine, Bertrand Peltier, organisateur du prix Lux, espère pouvoir mettre sur pied une projection simultanée de tous les films dans tous les pays européens afin de le faire «entrer dans la sphère publique.» D’après lui, c’est un moyen de rapprocher le citoyen et le Parlement européen. C’est plus facile pour les citoyens de comprendre l’action du parlement, mais aussi de l’UE à travers des films. L’idée serait de créer alors une mention spéciale du public. Mais ce n’est pas encore fait, il faut créer une passerelle commune pour discuter des films et pour voter. Le concept de la diffusion simultanée a été testé avec la projection du gagnant 2010. Die Fremde a été montré dans tous les Etats membres en même temps. L’idée était « de créer une unité d’action, de lieu et de temps».

Doris Pack, eurodéputée allemande du groupe des socio-démocrates responsable du prix, a déclaré que le prix Lux était «quelque chose d’utile et de précieux afin de pouvoir utiliser le cinéma comme vecteur de l’identité européenne.»