Primaire de la droite et du centre : Fillon à l'anglaise

Article publié le 22 novembre 2016
Article publié le 22 novembre 2016

À la suprise générale, François Fillon a tout cassé lors du premier tour de la primaire de la droite et du centre. En envoyant Nicolas Sarkozy à la retraite, l'ancien premier ministre français s'est même payé le luxe de devancer - nettement - Alain Juppé, archi-favori. Alors, Fillon président ? L'Europe se prépare déjà à jauger un homme politique libéral, aux accents très thatchériens.

France - Libération : Bonjour Tristesse

C’est le plus conservateur de tous les candidats qui s’est imposé au premier tour des primaires, pointe Libération, horrifié : « Beaucoup d’électeurs ont voulu écarter un ancien président à leurs yeux trop à droite. Impuissants devant la mobilisation de la droite profonde, ils héritent d’un candidat encore plus réac. C’est ainsi que le Schtroumpf grognon du conservatisme se retrouve en impétrant probable. (...) Bonjour tristesse (…) La droitisation de la droite a trouvé son chevalier à la triste figure. C’est vrai en matière économique et sociale, tant François Fillon en rajoute dans la rupture libérale, décidé à démolir une bonne part de l’héritage de la Libération et du Conseil national de la Résistance. Étrange apostasie pour cet ancien gaulliste social, qui se pose désormais en homme de fer de la révolution conservatrice à la française ». (Publié le 22/11/2016)

Allemagne - Tagesschau : un exemple pour Merkel

Pour mener à bien sa campagne en 2017, Angela Merkel devrait s'inspirer de la stratégie adoptée par François Fillon pour rassembler les électeurs conservateurs, lit-on sur tagesschau.de : « Le candidat Fillon a défendu très clairement les valeurs conservatrices, sans lorgner ni au centre ni à gauche. Le calcul a fonctionné. Fillon veut lui aussi rendre la France "great again", mais sans offenser les minorités ou ses opposants. Il mise sur la méthode Thatcher : le tout-austérité, un État réduit au minimum, des réductions d'impôts pour les entreprises, la semaine de 39 heures pour les fonctionnaires, etc. Tout cela est vu d'un bon œil par ceux qui considèrent les socialistes comme la peste et qui pensent que pour repartir de l'avant, après la morne période 'hollandaise', la France devra connaître de grandes réformes ». (Publié le 21/11/2012)

Suisse - Neue Zürcjer Zeitung : la menace fantoche 

Une candidature Fillon à la présidentielle serait une véritable alternative, salue Neue Zürcher Zeitung, qui doute toutefois des chances du candidat : « Beaucoup de personnes doivent ressentir comme une menace les mesures d’austérité qu’il propose : suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, coupes dans les prestations sociales, abandon des 35 heures. En contrepartie, ceci devrait relancer l’économie et faire reculer le chômage. Reste à savoir si en France, un tel programme peut mobiliser une majorité, non seulement aux primaires, mais aussi aux élections. En effet, chaque citoyen s'interrogera : suis-je prêt à voter Fillon si cela compromet mon poste ou celui d’un parent ? (…) Fillon incarne les valeurs dites catholiques, qui placent la famille au cœur du vivre ensemble. Le Pen et son Front National ne se cachent guère de leur programme ouvertement raciste, dans lequel les immigrés, en tout premier lieu les musulmans, n’ont pas de place. Mais ils ne menacent pas les gens de supprimer des postes dans le service public ». (Publié le 21/11/2016)

Suède - Upsala Nya Tidning : une bonne nouvelle pour l'Europe

C'est une bonne nouvelle pour la zone euro que François Fillon ait réussi à éliminer Nicolas Sarkozy des primaires, assure Upsala Nya Tidning : « Privée de la France et de l'Allemagne, l'Union ne peut plus fonctionner. Et en France, la présidente du FN Marine Le Pen veut dissoudre l'UE. Les deux candidats [conservateurs] restants peuvent respectivement compter sur les voix de la gauche si l'un d'eux se retrouvait opposé à Le Pen au second tour des présidentielles. (...) Or cela n'aurait pas été le cas pour Sarkozy. (...) On peut critiquer l'UE à de nombreux égards, mais sans UE viable, l'Europe entière régresserait vers un passé révolu : celui des frontières cadenassées, de l'arrogance nationale, de l'intolérance et des atteintes permanentes à l'État de droit. Nous, les Suédois, qui n'avons le droit de vote ni en France ni en Allemagne, avons toutes les raisons d'espérer que les partis et les politiques démocratiques parviennent à s'opposer [à l'extrême droite populiste] ». (Publié le 21/11/2016)