Présidentielle : pour les indécis, ce n’est que partie remise

Article publié le 19 avril 2012
Article publié le 19 avril 2012
Avec l’ultime tour des élections présidentielles françaises et leurs équivalences législatives en Grèce (anticipées et pourtant tant attendues), qui surviennent toutes deux le 6 mai 2012, une différence apparaît quant au nombre de citoyens tentés par l’abstention.

Durant ces six derniers mois, la relève de la garde au sein de l’Union européenne s’est montrée importante, avec le méli-mélo de chefs d’État technocrates et conservateurs élus en Italie et en Espagne fin 2011, en Finlande début 2012 et maintenant en France et en Grèce, à la même date, le 6 mai. Récemment, la plupart des jeunes sondés officieusement par cafebabel.com à Paris et à Athènes ont déclaré être tentés de voter « blanc » pour essayer de garder une certaine distance par rapport à la réélection du président Nicolas Sarkozy, impopulaire, ainsi que vis à vis de la nouvelle démocratie conservatrice et des parties socialistes Pasok, encore moins populaires en Grèce. En d’autres termes, ils aimeraient « remettre ça à plus tard », « une prochaine fois », car exaspérés du manque de « renouveau » qu’un tel évènement ne manquerait pas d’apporter au climat politique actuel.

Ce terme de « partie remise » est essentiellement employé pour décrire la promesse d’un futur rendez-vous ou d’une prochaine date, lorsque ces derniers doivent être annulés ou reportés. Dans la langue anglaise, le terme usité, « rain check », prend ses origines dans le baseball américain du début du dix-neuvième siècle. On donnait aux gens des tickets pour assister à un match à venir parce que celui auquel ils désiraient assister avait été perturbé par la pluie. En français, on reprend également un terme sportif avec l’expression « partie remise » : un match a été annulé et reprogrammé à une date ultérieure. Les Français y sont accoutumés et atténuent la déconvenue d’un rendez-vous annulé par un « ce n’est que partie remise ». Pour les Allemands, toujours très ponctuels, une telle expression n’existe même pas. Cependant, cela laisse entendre que si on venait à leur faire faux bond sans leur promettre un possible report du rendez-vous, ils seraient en effet laissés là à attendre sous la pluie (« er/ sie hat mich im Regen stehen lasse »).

Photo : (cc) Paulgi/ flickr/ paulgi.com