Présidence de l'Ue : 6 mois au vert !

Article publié le 22 mai 2013
Article publié le 22 mai 2013
Par Antoine Patoz Dans un mois l'Irlande passera les clés de l'Union à la Lituanie. Aujourd'hui, elle a réuni tous les chefs d’état à Bruxelles pour un sommet européen. C'est l'occasion pour mettre un coup de projecteur sur la présidence irlandaise. Un an pour relancer l'Europe Ancrée dans la crise l’Europe avait besoin de réagir.
La présidence irlandaise a milité pour une relance « centrée sur les citoyens et conçue pour durer », en investissant dans «  la croissance favorable à l'emploi et dans les ressources de l'Europe ». La priorité pour assurer la stabilité était la mise en place de l'union bancaire. L'investissement pour l'emploi se serait manifesté par la mise en place d’un marché unique de l’avenir. Le tout étant appuyé par un budget qui est «  essentiel pour asseoir les bases de la relance économique européenne, de la croissance  »

Sur le modèle irlandais ?

Jusqu'aux années 2000 l'Irlande était présentée comme un modèle dans le paysage économique européen. En 1999, elle affichait une croissance de 11,1%. L'aide européenne y était pour beaucoup et montrait son efficacité. Seulement l'Irlande a aussi choisi d'abaisser sa fiscalité pour attirer de nombreuses entreprises étrangères. Le déficit a fini par exploser et en 2010 le miracle était devenu un mirage.

En février dernier Le président de la république d'Irlande, Michael D. Higgins, déclarait : "La croissance est revenue. Après deux ans, nous sortons de la crise". Avant d'ajouter : "Nous avons payé le prix". Effectivement pour y parvenir il a fallu des coupes budgétaires drastiques des réductions de salaire massives. Et tout n'est pas réglé puisque le chômage dépasse les 15% et que le revenu des ménages a baissé de 25%.

Un bilan mitigé

L'Irlande pressentait donc, presque, une bonne situation à son arrivée à la présidence. Et on pouvait lire dans le programme : « l’année 2013 marque le début d’une nouvelle phase dans la relance de l’Union européenne ». Malheureusement cela n'a pas été le cas. Ainsi le chômage est à son plus haut niveau depuis plus de 15 ans et 10 pays européens font face à une récession.

Le Budget n'a toujours pas été signé, récemment le vice-Premier ministre irlandais déclarait : « Je suis convaincu que nous pouvons parvenir à un accord sur le CFP d'ici la fin du mois de juin. Mais pour cela il nous faudra la coopération sincère du Parlement. » On aimerait être aussi convaincu.

L'affaire Apple a valu à l’Irlande d’être classé paradis fiscal par le sénat américain. C'est dommage la veille d'un sommet consacré à la lutte contre le blanchiment d'argent. Il faut reconnaître malgré tout que le sommet d’aujourd’hui verra peut être la naissance d'une union bancaire européenne que l'on devrait, alors, en grande partie à l’Irlande.

Crédit photo: © Conseil de l'Union européenne