Poutine de retour au Kremlin : juste pou(r)voir ?

Article publié le 26 septembre 2011
Article publié le 26 septembre 2011
Vladimir Poutine is back ! Le Premier ministre russe a annoncé sa candidature aux élections présidentielles de mars prochain. Vraisemblablement confortée par un deal avec le chef du Kremlin Dmitri Medvedev, la nouvelle accentue la perception d’un État autoritaire et menace le pays d’immobilisme politique.

Neue Zürcher Zeitung – Suisse : L’accaparement du pouvoir

L'échange de mandats prévu entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev discrédite le système politique russe, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : « Les commentaires des deux protagonistes du congrès du parti Russie unie, selon lesquels cette mesure était prise pour le bien du pays, ont constitué le comble de l'impudence. Le mensonge sanctionne ces déclarations, notamment celles d'un Medvedev nimbé d'une aura libérale, qui, tel un mantra, s'était prononcé pour la modernisation, la participation politique et le pluralisme actif au sein de la population. L'échange de mandats qui vient d'être annoncé, pour lequel Medvedev a au moins fait office de soutien occulte, fait passer la politique menée par Medvedev comme entièrement vide de sens. Cette forme de gouvernance, saluée autant par Poutine que par Medvedev comme un facteur de stabilité, dégénère dans ce contexte en objectif personnel qui ne sert qu'à préserver le pouvoir. »

(Article publié le 26.09.2011)

Público – Espagne : Avatar d’une nation corrompue

Après l'échange des rôles entre le Premier ministre Vladimir Poutine et le président Dmitri Medvedev pour les prochaines élections, la Russie pourrait être saisie de paralysie politique, redoute le quotidien de gauche Público : « Comme on peut prédire à l'avance avec une entière certitude les résultats définitifs des deux prochaines élections (législatives en décembre et présidentielles en mars), on sait que la Russie continuera d'être dirigée par une tyrannie corrompue. La seule chose que nous ignorons, c'est si cette grande nation survivra à une nouvelle période d'immobilisme comme lors de la domination soviétique (la période où Poutine est apparu sur la scène politique et se servait des armes des services secrets), ou si la nation sera aussi épuisée et désespérée que lors du déclin de l'URSS. »

(Article publié 26.09.2011)

Süddeutsche Zeitung – Allemagne : Corrompus faire les Russes ?

La Russie ne peut pas rester éternellement un État autoritaire, estime le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung après le retour annoncé de Vladimir Poutine à la présidence du pays : « Le plus grand pays du monde est dirigé selon un principe autoritaire. Russie unie n'est pas un parti qui développe des idées et le Parlement n'est pas un endroit où l'on débat. Cela peut encore partiellement être justifié suite à la désintégration de l'empire soviétique et des années Eltsine perturbées et anarchiques. Mais cela ne nous aide pas beaucoup. … Le peuple est fatigué de la rhétorique moscovite d'une Russie florissante, dont ils ne voient pratiquement rien. … Et comme Poutine fait voyager ses citoyens à Antalya, Londres et Garmisch-Partenkirchen, il est devenu bien plus difficile pour la Russie de réussir avec un système qui se trouve ancré quelque part entre la Suisse et la Corée du Nord. S'il n'existe pas encore de masse critique, Poutine doit toutefois bien comprendre une chose : les Russes sont de plus en plus nombreux à vouloir enfin la liberté dans leur propre pays. »

(Article publié le 26.09.2011)

Mladá fronta Dnes - République tchèque :Le bal des menteurs

La nouvelle candidature du Premier ministre russe Vladimir Poutine au mandat de président montre bien que la Russie est une démocratie dirigée, écrit le quotidien libéral Mladá fronta Dnes : « Le pouvoir en Russie reste exclusivement entre les mains d'un petit groupe d'élus qui font la pluie et le beau temps. Les élections ne sont qu'un rituel formel. C'est ce que le concept de 'démocratie dirigée' sous-entend. La Russie occulte ainsi une nouvelle occasion d'améliorer la mauvaise situation du pays. Sous la direction de cette élite au pouvoir, il n'y a pas davantage de concurrence économique ni de perspective de modernisation de l'Etat ou de l'appareil administratif. Il n'y aura pas de crise tant que le pétrole et le gaz se vendront dans le monde à prix fort. Pendant ce temps, l'élite peut se repaître joyeusement de la richesse nationale. De temps en temps, on fera des petits cadeaux aux électeurs afin qu'ils continuent à assister à un feuilleton que l'on fait passer en Russie pour la démocratie. »

(Article publié le 26.09.2011)

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