Poussière

Article publié le 29 août 2007
Article publié le 29 août 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Devant Dieu, nous sommes tous semblables. Avant de rendre le dernier soupir, les européens semblent revenir aux racines et s’en remettre à la nature. Les Français par exemple, sont de grands adeptes du printemps. Quand l'heure est venue de ‘passer l'arme à gauche’, ils ont l’habitude de ‘manger des pissenlits par la racine ». Les Allemands, connus pour leur fanatisme écologique, sont encore, une fois six pieds sous terre, de grands adeptes du vert intense. Moins précis que leurs voisins français, ils se contentent de grignoter de l'herbe [‘ins Gras beissen’]. Ou se livrer à une activité plus placide : observer les radis d'en-bas [‘die Radieschen von unten betrachtet werden’]. Beaucoup plus respectueux de Dame Nature sont les Espagnols qui encouragent son bon développement : dans les cimetières de la péninsule ibérique, on cultive des violettes [‘ir a criar malvas’].

En Pologne, la dernière demeure est marquée par la passivité des jardiniers de l’au-delà. Simplement, on se réjouit d’une vue buccolique. Le trépassé s’autorise simplement à humer les fleurs par en-dessous [‘wcha kwiatki od spodu’]. Dans les pays slaves, une fois quelques mètres sous terre, les défunts sont enchantés de mordre la terre [‘gry gleb’]. Une expression que leur ont copié les Anglais, habitués à mordre la pousière avec leurs quenottes [‘to bite the dust’].