Pourquoi faut-il se mobiliser pour les élections européennes ?

Article publié le 1 avril 2009
Article publié le 1 avril 2009
par Babette NIEDER (Génération Europe 21) Sous forme de boutade je dirai, parce que tous ceux qui devraient se mobiliser, les partis politiques, les médias, les intellectuels ne le font pas.
Plus sérieusement, il y a quatre raisons que je vous invite à prendre en compte dans votre décision d’aller voter le 7 juin pour élire vos représentants au Parlement européen et dans votre action pour convaincre les autres à ne pas manquer ce droit citoyen.

Premièrement, plus de la moitié de la législation nouvelle appliquée chaque année en France est le résultat de décisions prises au niveau européen (selon les critères, les experts comptent entre 60 et 80 % de la législation). Même si quelques domaines restent encore réservés au Conseil, c'est-à-dire aux ministres des gouvernements nationaux, le rôle du parlement européen s’est renforcé et est beaucoup plus important dans le triangle institutionnel européen (Commission européenne, Conseil et Parlement européen) que le Parlement français face au gouvernement français. Par conséquent, tous ceux qui se déplacent pour voter aux législatives en France devraient donner leur voix lors des élections européennes.

Deuxièmement, les grandes questions du 21e siècle ne peuvent se résoudre au niveau national. La première crise économique mondiale nécessite une réponse globale. Si nous ne voulons pas laisser décider seul la Chine et les Etats-Unis, l’Europe doit s’organiser et disposer d’une représentation démocratique forte.

Nicolas Sarkozy avait obtenu la réunion du G 20 non pas en tant que Président de la France, mais parce qu’il était au moment de la faillite de Lehman Brothers et de ses conséquences sur le système financier président du Conseil européen. Le changement climatique et la pénurie de ressources naturelles pour 6 et bientôt 8 milliards d’êtres humains ne peuvent pas être résolus par les seuls 500 millions européens. Mais grâce notamment aux recherches financées par l’Union européenne, nous savons que le changement climatique va plus vite que les pires hypothèses à la base des négociations internationales dans le cadre de l’ONU. A ce jour, les seules actions politiques crédibles (le protocole de Kyoto ; le paquet climat-énergie ; mais aussi les normes d’assainissement des eaux en Bretagne, polluées par les éleveurs de cochons…) viennent de l’Union européenne. La volonté et la crédibilité politique de l’Europe seront donc déterminantes pour la survie de la planète Terre.

Troisièmement, une forte abstention favorise les extrêmes. Nous avons fait en France l’expérience douloureuse lors des élections présidentielles de 2002, lorsqu’à la surprise générale Jean-Marie Le Pen arrivait au deuxième tour. Il n’y a qu’un tour aux élections européennes, et les risques de retours en arrière sur les acquis de liberté et de libre circulation, voir les risques pour la démocratie sont réels, si le Front National et ses alliés et les autres partis antieuropéens devenaient majoritaires.

Quatrièmement, plus encore que les autres citoyens, les membres du « Club Erasmus » de la Maison de l’Europe de Paris, les lecteurs de « Café Babel », bref « la Génération Europe » est concernée par ses élections. Car nous n’avons pas d’autres occasions de montrer notre existence, de montrer que la citoyenneté européenne est devenue une réalité.