Post-électoral

Article publié le 16 juin 2009
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Article publié le 16 juin 2009
La Grèce semble être le seul pays européen dans lequel la gauche ait remporté une victoire aux dernières élections européennes: le PaSoK était annoncé dès le lundi 08 juin vainqueur par 4 points d'avance sur le parti gouvernemental Nouvelle Démocratie du premier ministre.
Certes, mais l'autre vainqueur de cette soirée électorale fut le parti ultra conservateur et nationaliste LAOS qui, avec quelques 7% des voix, arrive en quatrième place juste derrière le parti communiste grec. Quant aux écologistes, qui avaient troublé les partis traditionnels en s'annonçant très menaçants dans les sondages, ils n'ont finalement pas récolté autant de voix que prévu, pas suffisamment en tout cas pour s'imposer (tous les résultats).

La montée de la droite dure trouble les rangs de la droite traditionnelle au pouvoir. Dans Makedonia, on constate que le LAOS est "la nouvelle épine dans le pied" de Nouvelle Démocratie, laquelle sort déjà affaiblie par 5 ans d'exercice du pouvoir qui ne semblent pas, au vu des résultats, avoir convaincu les électeurs. L'état-major du parti assure dire "non à une collabaoration" avec le LAOS, mais "oui pour mettre le sujet à l'ordre du jour"... Et, de fait, l'article souligne que dès jeudi 11 juin, un comité ministériel se réunissait pour parler renforcement de la sécurité, ce qui signifie, entre autres, application de la fameuse loi sur l'interdiction du port de cagoule, ou encore l'expulsion des immigrés clandestins qui squattent le centre d'Athènes. Quiconque peut facilement lire dans cette action une exploitation de la rhétorique sécuritaire de la droite des droites et une façon d'attirer son électorat.

Pour To Vima, ce résultat est d'importance pour les élections nationales à venir: « Pour la première fois depuis 1974, les prochaines élections législatives vont se jouer à droite », écrit Yannis Pretedéris. « Deux voies s'ouvrent à présent à Kostas Karamanlis (premier ministre, Nea Demokratia): arracher les voix du LAOS avec le soutien de son leader, Yorgos Karatzaféris, à la façon de Berlusconi, ou lui arracher ses voix sans son leader, à la façon de Sarkozi ». Pour l'instant, c'est la deuxième méthode qui est privilégiée.

Du côté de l'intéressé, une ligne idéologique se dégage assez nettement à travers une interview donnée à Eleftheros Typos dès le lendemain des élections: « La demande des citoyens grecs se base sur trois éléments », explique Yorgos Karatzaféris: « D'abord, l'application d'une politique comparable à celle menée par M. Giuliani pour la sécurité de New York; deuxio, une stratégie économique en direction du peuple et qui sorte des recettes du néo-libéralisme; tertio, une position claire en matière de défense des intérêts nationaux ».

Mais l'autre grande gagnante de ce scrutin fut, en Grèce aussi, l'abstention. Elle a atteint 48%, un chiffre inédit dans ce pays. Yannis Prétédéris affirmait dans To Vima que l'affaiblissement du centre-gauche et le renforcement de l'extrême-droite faisaient de la Grèce un pays désormais très européen au niveau politique. Malheureusement, on peut dire que sa découverte de l'abstention participe aussi à ce processus d'alignement sur un standard européen plutôt inquiétant.