Portrait de start-ups viennoises : Workbeat.at

Article publié le 17 juillet 2014
Article publié le 17 juillet 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Pa­trick Blaha et Lukas Gutwin­ski se connaissent depuis qu'ils ont douze ans et ils ont tou­jours fourmillé d'idées. C'est sur­tout de­puis leurs études à la Fa­culté d'Eco­no­mie qu'ils se sont in­té­res­sés de plus près à leur mise en oeuvre. Leur pla­te­forme pro­fes­sion­nelle Work­beat est dé­sor­mais en ligne depuis le 31.03.2014.

Pa­trick Blaha et Lukas Gutwin­ski se connaissent de­puis qu'ils ont douze ans et ils ont tou­jours four­millé d'idées. C'est sur­tout de­puis leurs études à la Fa­culté d'Eco­no­mie qu'ils se sont in­té­res­sés de plus près à leur mise en oeuvre. Leur pla­te­forme pro­fes­sion­nelle Work­beat est dé­sor­mais en ligne de­puis le 31.03.2014.

Quand avez-vous eu cette idée pour la pre­mière fois ?

Nous avons mis au point cette idée il y a en­vi­ron un an et demi, dans le cadre d'un cours. Après avoir reçu de super ré­ac­tions, nous avons pris quelques ren­dez-vous chez dif­fé­rents DRH pour avoir des re­tours.

N'aviez-vous pas peur qu'ils vous volent votre idée ?

Pa­trick : Non, en fait, non.

Lukas : On a en­suite vrai­ment com­mencé à par­tir de l'au­tomne 2013.

Mais d'où vous est venue la confiance en soi pour fon­der réel­le­ment une en­tre­prise ?

Pa­trick : C'est une bonne ques­tion, mais quand le mar­ché - enfin dans notre cas les DRH in­ter­ro­gés - dit que le pro­duit sera bien reçu, alors la confiance en soi est au­to­ma­ti­que­ment là.

Com­ment avez vous perçu le sou­tien à la créa­tion d'en­tre­prise ? Avez-vous par exemple demandé des sub­ven­tions ?

Pa­trick : Nous avons au début consciem­ment dé­cidé de ne pas de­man­der de sub­ven­tions. Nous vou­lions tout d'abord tra­vailler non pas pour ces sub­ven­tions mais pour le client.

Cela veut donc dire que vous aviez déjà une marge fi­nan­cière.

Lukas : Oui exac­te­ment, le pro­gram­meur et le gra­phiste étaient des connais­sances et le mon­tant du financement n'était pas très élevé. Avec nos éco­no­mies, on a pu bien se lan­cer.

Au ni­veau du sou­tien à la créa­tion d'en­tre­prise, quelque chose vous manque-t-il ? Que trouvez-vous par­ti­cu­liè­re­ment utile ?

Lukas : Le ser­vice de créa­tion d'en­tre­prise de la Chambre de Com­merce de Vienne nous a ac­com­pa­gnés pour la théo­rie et pour la pra­tique - plus ou moins selon nos be­soins. C'est un ser­vice gra­tuit et ils s'y connaissent de ma­nière ten­dan­cielle à chaque fois mieux que nous. Ce qui nous a aussi aidés, c'est que nous avions tous les deux déjà tra­vaillé dans des start-ups et par­ti­cipé à des évé­ne­ments pour start-ups, tels que par exemple Sek­tor5. On s'y fait un bon ré­seau. C'est ainsi que nous avons ren­con­tré notre gra­phiste.

Alors Vienne est une ville par­fai­te­ment adap­tée aux start-ups ?

Oui, ab­so­lu­ment ! On peut sur­tout se faire ra­pi­de­ment un ré­seau, cela aide énor­mé­ment.

Com­ment cela marche-t-il de­puis le lan­ce­ment ?

Lukas : Bien, nous ne sa­vions pas ce qu'il se pas­se­rait en met­tant le pro­jet en ligne, les se­maines pré­cé­dentes, nous n'avions été confron­tés qu'à des er­reurs du site, mais lors du lan­ce­ment même, tout a fonc­tionné.

À ce mo­ment-là, nous avions aussi ou­vert la page Fa­ce­book et c'est fou comme elle a ex­plosé, à chaque réactua­li­sa­tion de la page il y avait dix nou­velles men­tions J'aime, nous avons bien sûr es­sayé de faire fonction­ner tout notre ré­seau uni­ver­si­taire, cela a vrai­ment bien fonc­tionné et cela nous a vrai­ment fait du bien.

Avez-vous déjà of­fert des ca­deaux de­puis le lan­ce­ment du site ?

Ha ha, à vrai dire, nous avons déjà pourvu des postes, mais jus­qu'ici, pour être hon­nête, cela n'a pas trop mar­ché avec les ca­deaux. Lorsque l'on poste une nou­velle offre sur Fa­ce­book, les gens com­mentent en très peu de temps avec les noms d'autres per­sonnes. Ils re­com­mandent alors l'offre, mais pas notre site, ce qui est jus­te­ment né­ces­saire pour re­ce­voir des ca­deaux.

Com­ment est la ré­par­ti­tion des tâches entre vous ?

Lukas : Pa­trick tra­vaille sur la par­tie com­mer­ciale de Work­beat et s'amuse avec tout ce qui a trait aux ventes.

Pa­trick : Exac­te­ment, et Lukas fait l'op­ti­mi­sa­tion et le mar­ke­ting.

Et les en­tre­prises payent pour dif­fu­ser leurs an­nonces ? Com­ment les avez-vous convain­cues de pas­ser par vous ?

Pa­trick : Oui exac­te­ment, Work­beat se base sur l'in­té­gra­tion d'an­nonces. Les en­tre­prises payent pour la publi­ca­tion de leurs offres. Au début, nous pré­sen­tions Work­beat la plu­part du temps per­son­nel­le­ment aux en­tre­prises. Nous en­voyions en plus un do­cu­ment d'in­for­ma­tions. C'était beau­coup de tra­vail. Puis dès que nous avons ral­lié une grande en­tre­prise, cela a été beau­coup plus fa­cile, mais ce n'était pas du tout aisé au début de convain­cer les grosses en­tre­prises. Beau­coup trou­vaient l'idée in­té­res­sante. Mais quand une entreprise voit qu'une autre de la même branche par­ti­cipe déjà, cela aide énor­mé­ment.

Pour l'ins­tant, toutes les offres d'em­ploi sont dans le do­maine de l'éco­no­mie. Est-ce que cela va res­ter ainsi ou est-ce que vous sou­hai­tez en­core dé­ve­lop­per cela ?

Nous avons en effet un bon accès à ce do­maine et cela fait sim­ple­ment sens de com­men­cer par là. Pour les en­tre­prises, c'est aussi plus fa­cile quand elles savent que nous ve­nons de la Fa­culté d'Eco­no­mie et qu'elles peuvent avoir be­soin de per­sonnes qui en viennent. Pour le mo­ment, nous ne vou­lons pas élar­gir.

Quels sont vos pro­chains ob­jec­tifs ?

Pa­trick : Nous sommes en train d'op­ti­mi­ser la page, sur­tout pour le mo­teur de re­cherche. Nous sou­hai­tons aussi dé­ve­lop­per la com­mu­nauté Fa­ce­book et mettre en place une news­let­ter plus ef­fi­cace. Enfin, sur­tout accroître notre por­tée.

Lukas : Je suis aussi en train de te­mi­ner mon mas­ter, alors mon ob­jec­tif est de pou­voir vivre de ma propre en­tre­prise.

Quels conseils don­ne­riez-vous à d'autres créa­teurs d'en­tre­prise ?

En prin­cipe, il est beau­coup plus fa­cile d'ob­te­nir des ren­dez-vous avec les ma­na­gers que ce que l'on pense, et nous au­rions peut-être pu aller cher­cher en­core plus de re­tours.

Se lais­ser un peu plus de temps pour son­der les pro­blèmes. Et aussi de­man­der plus pré­ci­sem­ment aux managers ce qui peut être amé­lioré, au lieu de sim­ple­ment se ré­jouir de leur op­ti­misme. Leur de­man­der aussi quel type de per­sonnes ils cherchent exac­te­ment.

Et ils disent aussi tout de suite qu'ils sont in­té­res­sés, mais la dé­ci­sion qu'ils prennent en­suite par rap­port à cela doit aussi sur­mon­ter quelques étapes bu­reau­cra­tiques.

Quelle a été votre ex­pé­rience la plus amu­sante dans le monde du tra­vail jus­qu'ici ?

Lukas : J'ai tra­vaillé chez Lo­mo­gra­phy, aux tous dé­buts de l'en­tre­prise, et pour la fête de Noël, ils ont in­vité tous les em­ployés (même du Japon) au siège vien­nois et ils les ont tous conduits en bus jus­qu'à Bra­ti­slava. Et là, ils nous ont payé l'hô­tel, or­ga­nisé une grosse fête avec un groupe live, c'était vrai­ment super.

Pa­trick : Un contraste ex­trême de mon pré­sent en start-up, c'est lorsque, en tant qu'étu­diant, j'ai fait un stage dans une grande en­tre­prise. Le matin, c'était vrai­ment tran­quille, on pre­nait d'abord le pe­tit-dé­jeu­ner en­semble pen­dant une heure, etc. À ce mo­ment, l'en­tre­prise ve­nait d'être ra­che­tée par un autre groupe et les em­ployés ont sou­dai­ne­ment dû se par­ta­ger des bu­reaux, ce qui a pro­vo­qué un grand mé­con­ten­te­ment !

Lukas : En­core une ex­pé­rience : le Sek­tor5 a or­ga­nisé un voyage à Bra­ti­slava pour un autre es­pace de co-working et ce qui était très in­té­res­sant, c'est que ces gens, sur­tout des tech­ni­ciens, étaient super enthousiastes quand tu leur ra­con­tais que tu étu­dies l'éco­no­mie. À Vienne, l'éco­no­mie est plu­tôt quelque chose de banal, tout le monde l'étu­die de toute façon, et c'est pour cela que c'est super quand on ren­contre un pro­gram­meur - parce qu'au moins, on connaît moins ce do­maine. Là, c'était exac­te­ment le contraire.

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