Portrait de start-ups: NANAdesign

Article publié le 27 février 2015
Article publié le 27 février 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Il y a un an à peine, Alexandra Parger donnait vie à sa marque de bijoux NANAdesign. Elle a eu la gentillesse de répondre à mes questions au sujet de sa marque et de la technique d'impression 3D. 

Il y a un an à peine, Alexandra Parger donnait vie à sa marque de bijoux NANAdesign. Elle a eu la gentillesse de répondre à mes questions au sujet de sa marque et de la technique d'impression 3D. 

Tu étudies l'architecture, dans quelle mesure tes études ont-elles contribué à tes activités de designer ?

A: Il y a plusieurs choses que j'ai apprises pendant mes études qui m'aident aussi dans le design de bijoux. Par exemple, la maîtrise du processus de conception, et comment composer avec les formes, les matériaux et les concepts. J'ai aussi appris qu'on ne peut pas être créatif sur commande. 

Comment l'imprimante 3D est-elle entrée en jeu ? 

A: L'an dernier, j'ai appris par hasard qu'une rencontre appelée "3D Hub Teatime" était organisée au musée de mon quartier par les agences de création Microgiants et 3D Hubs. Comme j'avais déjà abordé la modélisation 3D au cours de mes études, cela m'a donné un aperçu du procédé d'impression. 

Où peut-on imprimer en 3D à Vienne ?

A: Il est possible d'envoyer une commande d'impression à plusieurs entreprises internationales. 

À part ça, 3D Hub a monté une plateforme sur laquelle des personnes privées possédant une imprimante 3D peuvent s'enregistrer et offrir une prestation d'impression contre rémunération. C'est un bon plan pour ceux qui ne peuvent pas (encore) se permettre d'acheter une imprimante, ou ceux qui n'en veulent pas.

Et pourquoi as-tu commencé à faire des bijoux ?

A: Je me suis demandé ce que j'aimerais bien concevoir, et me suis laissée inspirer par les figures géométriques. Je savais que cela devrait être relativement petit, en raison de la taille limitée de la plaque d'impression, et ne devrait pas consommer trop de matériel, car l'imprimante 3D n'est pas fait pour une production de masse. Et, comme j'aime bien porter beaucoup de bijoux, c'est devenu évident de commencer par ça ! 

Avais-tu prévu de vendre les bijoux dès le départ ? 

A: Au début je me disais que j'imprimerais quelques choses pour moi, pour d'abord bien maîtriser l'imprimante. Puis, la demande est venue quasiment d'elle-même. Mais ce n'est pas si facile d'imprimer des pièces parfaites ! 

Quel type de problèmes as-tu rencontré ? 

A: L'imprimante n'obéit pas toujours, il faut être patiente. Parfois, le matériel est trop chaud ou la plaque d'impression est mal positionnée. Mais cela ne me décourage pas ! Je n'apprend pas à faire des bijoux, mais à maîtriser l'appareil. De plus, je trouve ça passionnant de travailler avec des contraintes, car cela peut favoriser le processus de création. 

Comment se déroule le processus, de l'idée de départ au bijou 3D ?

A: Lorsqu'on a une idée en tête, on commence par imaginer le design de l'objet en 2D, puis en 3D sur des logiciels (par exemple SketchUp ou Rhino 3D). Puis on charge les données STL dans Cura. Ce logiciel, qui appartient à l'imprimante 3D, montre ensuite les éventuels problèmes et les paramètres à ajuster, comme l'épaisseur des couches, la vitesse et le remplissage. Dans mon cas, j'enregistre les données en "gcode" sur une carte mémoire, que j'insère ensuite dans l'imprimante. 

C'est là que commence l'impression proprement dite. Il y a plusieurs façons d'imprimer. Les plus connues sont l'impression sur poudre, particulièrement adaptée aux petites pièces et aux détails en porte-à-faux, et l'impression par couches, qui fond successivement une couche sur une autre couche. Ce processus peut durer très longtemps, surtout quand on travaille, comme moi, avec de très fines couches (0,03mm). 

A quel moment les matériaux entrent-ils en jeu ?

A: Tout d'abord, on chauffe l'imprimante et on y introduit la plaque. C'est à ce moment qu'on ajoute le matériel. J'utilise ce qu'on appelle des filaments de PLA (acide polylactique), qui se présentent sous la forme de petits fils très fins.

En quoi consiste la gamme de bijoux de NANAdesign?

A: Je confectionne des colliers, des bagues et des broches. Les broches sont conçues comme des trombonnes que l'on fixe au niveau du col et dans lesquelles tissu du vêtement se "coince". Mon idée était de concevoir un bijou où la fermeture fait partie intégrante de l'objet ; où la fonction suit la forme - mon côté architecte, sans doute. 

 

Tu as aussi un un projet non-3D, non ?

A: Tout à fait. Lors de mon voyage en Chine, j'ai été complètement fascinée par une collection d'assiettes en porcelaine miniatures décorées de fleurs ou de signes chinois, peintes par des grand-mères dans la rue. En fait, ces petites assiettes servent de gamelle aux grillons domestiques que les chinois considèrent comme des porte-bonheurs. J'en ai fait des bagues et des petits bracelets.

Avant Noël, tu as vendu tes bijoux sur plusieurs marchés. Quelles ont été tes expériences ? 

A: J'étais surtout présente sur de petits marchés, car le coût d'un stand y est moins élévé. Sans budget et avec pas mal de concurence, ce n'est pas évident de couvrir les frais de matériel et ceux du stand, et encore, je ne compte même pas mon propre temps de travail ! 

J'ai pu constater sur les marchés que les bijoux en bois, en or ou en argent sont les plus appréciés, perçus comme étant plus précieux. J'essaye donc toujours de donner des explications sur le procédé d'impression qui est derrière, pour que les gens comprennent comment je fabrique mes bijoux. 

J'ai lu qu'entre temps, tu as déjà animé des ateliers 3D !

A: Oui, avec Microgiants, qui a organisé le Vienna Open Festival. Ça parlait de stratégies post-digitales, de société ouverte, et d'économie créative. C'est dans ce cadre que j'ai pu animer un atelier sur le thème des usages domestiques de l'impression 3D. C'est-à-dire comment on pourrait intégrer des objets imprimés en 3D et des imprimantes dans notre vie quotidienne. Nous avons imprimé un presse-citron, et nous l'avons essayé : ça marche ! 

Quels projets as-tu en vue pour la suite ?

A: J'ai été sélectionnée, pour ma broche, par HappyLab pour participer à un concours dans le cadre du projet pilote „Ideas to Products“. C'est un workshop et un programme de coaching qui accompagne 10 designer, artisans et créateurs de janvier à mai 2015 pour passer de l'idée du produit à la production d'une petite série. Je vais peut-être m'essayer à un autre procédé que j'impression 3D. On doit savoir se développer, et s'autoriser à laisser laisser évoluer un produit, ne pas se limiter à l'idée de départ. 

On a hâte de voir ce que ça donne !

NanaDesign au Mondscheinbazar, le 28.2.2015.

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