Pologne : quand l’argent ne vaut plus rien

Article publié le 12 mai 2009
Article publié le 12 mai 2009

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

L’eurogénération fait face à la crise. Deux copines comparent leur niveau de vie en Pologne et en Espagne. Appartements, disques, salaires : coup de gueule d’une jeune Polonaise qui voit l’aigle qui orne sa monnaie se transformer en poule mouillée.

Le week-end dernier, mon amie espagnole Irène est venue me rendre visite. Je l’ai hébergée quelques jours dans mon appartement et ce fut l’occasion d’entamer un débat sur les « euro-transformations ». Tout a commencé avec mes sempiternelles plaintes sur le coût du logement et Irène qui m’interroge justement sur le prix que je paie pour le loyer. Après avoir analysé les dernières fluctuations de l’euro et effectué les conversions du zloty à l’euro, nous sommes parvenues à un chiffre qui a surpris mon amie madrilène et m’a effrayé ! La pièce de zloty représente un aigle certes, mais il pourrait vite se transformer en poulet ! Cela n’aurait-il pas dû être le contraire ? C’est moi qui aurais dû être surprise par le prix de son appartement au centre de Madrid. Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises… qui justement sont allées grandissantes, une fois comparés les salaires moyens des Polonais (rapportés en euros) avec ceux de leurs voisins européens.

« Les fluctuations de la monnaie me concernent, moi, mon micro-monde et ma manière de voir les choses… »

C’est alors que je me suis souvenue de quelque chose que j’avais bien voulu oublier avec le temps : les fluctuations de la monnaie me concernent, moi, mon « micro-monde » et ma manière de voir les choses… Tout aussi étrange que cela puisse paraître. Il y a un an et demi, acheter sur eBay ou Amazon était aussi rentable que de se rendre dans les boutiques polonaises. On pouvait ainsi trouver un livre qui ne se vendait pas ici, et même en ajoutant les frais de port, s’en sortir avec un prix intéressant. Et tout le monde sait bien que parfois, rien ne vaut un bon achat pour égayer une morne journée !

Des catastrophes monétaires difficiles à accepter

(poplinre/flickr)L’augmentation des prix me paraît tout à fait injuste. De plus, n’étant ni liée à une variation de la production ni à la bonne volonté de mère Nature, mais tout bonnement aux actions de l’Etre humain, cette augmentation semble alors anormale. Ce changement est si drastique, qu’il est difficile de s’y habituer, de l’accepter, pire même de réaliser son ampleur. Auparavant, l’argent était un sujet politiquement incorrect, un de ces thèmes que l’on n’aborde pas en société. De nos jours, c’est au contraire devenu le sujet principal des discussions au sein des pays européens.

La monnaie, créée afin de fixer un prix subjectif aux produits, devrait respecter des valeurs objectives. Mais aujourd’hui, il est compliqué de comprendre et surtout d’accepter les mécanismes régissant des situations comme l’actuelle crise économique. La valeur de la monnaie est devenue une sorte de loterie qui affecte non seulement le prix des produits mais aussi les consommateurs. La différence existant alors entre le prix et la valeur des objets est difficilement acceptable. Malheureusement, nous ne pouvons rien y faire, hormis renoncer à un achat !

Par exemple, je suis collectionneuse de disques de musiques et de films. Si auparavant ces objets m’apparaissaient comme de première nécessité, ils se sont convertis aujourd’hui en produits de luxe. De la même manière, je ne suis pas persuadée qu’un thé japonais me réconforterait, sachant que la vendeuse vient de m’expliquer que les produits du Japon étaient chaque jour un peu plus chers.

Il ne m’est plus possible de mettre un pied dehors sans que la crise ne se rappelle à moi… Elle est partout. Encore plus fort et bien contre moi, en rédigeant cet article, je contribue à la rendre omniprésente ! C’est donc pour cela que je vais de suite changer mon point de vue : tout dans cette crise n’est que mensonge, et personne ne doit croire en ses impacts. Continuez d’écrire des milliers d’articles sur la crise, au lieu de faire quelque chose pour la combattre.