Pologne : l'UE sort les griffes 

Article publié le 14 janvier 2016
Article publié le 14 janvier 2016

La Commission a engagé mercredi une procédure à l'encontre de la Pologne. Elle entend vérifier si les récentes réformes amorcées par le pays portent atteinte à la démocratie. L'UE devrait se garder de prendre des sanctions contre Varsovie à l'issue de ce processus, préviennent les commentateurs. D'autres appellent le gouvernement polonais à prendre au sérieux l'avertissement de Bruxelles. 

Fakt - Pologne : ça chauffe...

La procédure engagée par l'UE est un signal d'avertissement sans équivoque à l'attention du gouvernement polonais, analyse le journal à sensation conservateur Fakt : « Une partie des commentateurs prennent à la légère la décision de la Commission. … Rappelons cependant que c'est la toute première fois dans l'histoire de l'UE que cette procédure est lancée. Elle ne couvrira pas de gloire notre pays. Les eurocrates nous ont privé du titre de premier de la classe parmi les nouveaux membres de l'UE, et ils nous ont pratiquement relégué au banc des accusés. C'est un coup de semonce pour le PiS. Il ne peut justifier toutes ses actions politiques, ni sa façon de les imposer, en invoquant sa victoire électorale ou la volonté du peuple. Parce que le peuple n'a pas élu le PiS pour qu'il défigure la Cour constitutionnelle. Car il n'en avait jamais été question pendant toute la campagne électorale. »(14.01.2016

Neue Zürcher Zeitung - Suisse : un mauvais réflexe

Oui au dialogue, non aux sanctions : c'est en somme ce que préconise le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung pour les rapports de l'UE avec la Pologne : « Le lancement d'une procédure de sauvegarde de l'État de droit, qui consiste avant tout en un dialogue entre Bruxelles et Varsovie, est peut-être un moyen approprié d'améliorer la compréhension mutuelle. … Des sanctions européennes contre la Pologne, qui semblent au demeurant avoir peu de chances d'aboutir, seraient cependant une erreur. Il y a fort à parier qu'elles seraient contre-productives. Premièrement, elles stimuleraient les réflexes d'autodéfense et le nationalisme, et ne feraient que légitimer la politique controversée du pays. Deuxièmement, des sanctions remettraient en cause les valeurs fondamentales que l'UE revendique elle-même. Le manque de respect envers la souveraineté et la volonté de l'électorat polonais est difficilement conciliable avec les principes démocratiques. » (14.01.2016

Delfi - Lituanie : l'UE, un tigre de papier

Il n'existe pas de réponse idéale aux développements en Pologne, explique le politologue Kęstutis Girnius sur le portail Delfi : « Aux yeux des observateurs occidentaux, certaines actions du nouveau gouvernement polonais sont contraires aux principes de l'État de droit. Le gouvernement enfreint les décisions de la Cour constitutionnelle et tente de museler les médias. … L'UE ne peut feindre d'ignorer qu'un État membre bafoue ses valeurs fondamentales. Si elle échouait à sanctionner la Pologne, l'UE s'avèrerait n'être qu'un tigre de papier. Mais des sanctions humilieraient le plus puissant des PECO et inciteraient nombre de ses citoyens à percevoir l'UE comme un ennemi. Quel que soit le vote de la Lituanie (tous les États membres doivent se prononcer sur d'éventuelles sanctions), celui-ci révolterait soit la Pologne, soit l'Allemagne et Bruxelles. » (14.01.2016

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Cet article est publié en partenariat avec euro|topics