Polémique au Parlement européen : un débat d’urgence en vaut-il un autre ?

Article publié le 22 juin 2007
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Article publié le 22 juin 2007
Strasbourg, Parlement européen, le 21 juin 2007. Par Géraldine Canet et Lena Morel Aujourd’hui 15h - Débats sur des cas de violation des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’Etat de droit. Changement de programme lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg.
Il ne s’agit plus de débattre de la situation désastreuse des réfugiés irakiens, mais de la révision éventuelle de la position commune de l’UE sur Cuba.''

Au début de la session, le panneau d’affichage de l’hémicycle indique encore Irak : « un joli lapsus » fait remarquer avec cynisme Giusto Catania (GUE/NGL) qui a très vivement critiqué la modification de l’ordre du jour. Le regret est tel, que l’un des députés présente son intervention sur le thème initial à la grande surprise de la présidente de la séance. Ironies qui illustrent la couleur finale du débat, rythmé par la mésentente autour du changement de sujet et de la position de l’Espagne.

Selon certains groupes parlementaires, l’hémicycle européen serait l’instrument de l’opposition nationale espagnole au sujet de la politique Cubaine de Zapatero. Cette accusation a été portée à l’égard du PPE/DE : l’influence des membres espagnols serait à l’initiative de ce changement de programme. Selon Manuel Medina Ortega (PSE), il s’agirait « d’une question intérieure espagnole », et non « d’un débat d’urgence suscité par un fait d’actualité essentiel ».

Lundi 18 juin, lors du Conseil des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, et sous l’impulsion de l’Espagne de José Zapatero, l’UE a prôné le rétablissement du dialogue avec le gouvernement cubain . Tout en l’invitant « instamment à entreprendre les réformes politiques et économiques nécessaires pour améliorer la vie quotidienne du peuple cubain ». L’UE garantit « sa solidarité et son soutien constant à tous ceux qui oeuvrent de manière pacifique pour la liberté, la démocratie et le respect des droits de l’Homme universels ».

Le Commissaire Européen Làszlò Kovàcs concluera le débat parlementaire : « Il s’agit d’une approche à deux voies : tendre la main aux autorités cubaines, tout en restant exigeants : les cubains ont le droit d’être libres de choisir leur avenir ».

Rappel: En juin 2003, après l’incarcération de 75 dissidents du régime castriste et l’exécution de 3 cubains qui avaient détourné une embarcation touristique pour rejoindre les Etats-Unis, l’UE avait mis en place des sanctions communautaires à l’égard de Cuba; sanctions suspendues depuis janvier 2005 à l’initiative de l’Espagne.