Playlist de la semaine : les chansons censurées 

Article publié le 16 janvier 2015
Article publié le 16 janvier 2015

Gros mots, plaintes et vulgarité. Tel est le voyage mental (mais aussi et surtout musical) de cafébabel entre les artistes baillonnés ou drogués, les anathèmes et les soupirs, et beaucoup de calomnies. 

Quand on parle de censure, la musique n'est pas la mieux lotie. Tout autour du monde, on peut trouver de vraies listes noires de chansons à ne surtout pas diffuser sur les ondes. Et cela sans aucune raison. La BBC a une de ces listes, tout comme les plus grandes stations américaines depuis le 11 septembre. Mais pour être censuré, il suffit souvent de peu de choses.

« God Save the Queen » - Sex Pistols (1977)

Cette semaine la première place revient à un classique britannique, « God Save the Queen » censuré parce qu'il « blasphèmait la Reine et l'hymne national ». Mais cela n'a pas vraiment dérangé Johnny Rotten. 

« Cara ti amo » - Elio e le storie tese (1991)

« Ça c'est du vrai rock, celui avec des gros mots ! » : disait Elio, le leader du groupe de rock italien, Elio e le storie tese. Leur chanson « Cara ti amo » a été censurée en live pendant le concert du 1er mai 1991. Une légende était née.

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« Russians » - Sting (1985)

En pleine guerre froide, Sting n'épargne personne dans le match Reagan-Khrouchtchev. Résultat ? Pas de gagnant juste « Un mensonge auquel on ne peut plus croire ». Cela a suffi, en ces temps très délicats, pour que la chanson soit salement critiquée puis censurée. 

« Killing an arab » - The Cure (1978)

Peu importe que Robert Smith se soit inspiré d'un chapitre de L'Étranger de Camus pour son « Killing an arab ». Pour beaucoup la chanson s'apparentait à un appel à la haine raciale. Interdite sur les radios anglaises et américaines pendant la guerre du Golfe, « Killing an arab » est devenu le cri de guerre de certains groupes ultra-nationalistes. Pauvre Cure !

« Je t'aime, moi non plus » - Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot (1969)

« Il soupire, gémit et grogne comme un troupeau d'éléphants pendant l'accouplement »,  écrivait un journal italien dans les années 70. « Je t'aime, moi non plus » de monsieur Gainsbourg et Jane Birkin puise à l'origine son inspiration en la personne Brigitte Bardot. Et le mari de Bardot n'a pas très bien pris les variations sur un accomplement d'éléphants. Il aurait, du coup, fait interdire la diffusion de la chanson à la radio. On appelle ça « se tromper ».

« Lucy in the sky with diamonds » - The Beatles (1967)

La BBC frappe encore : les justifications de John Lennon, qui se serait inspiré d'un dessin de son fils Julian, n'y feront rien. Pour les têtes pensantes britanniques, il s'agit là d'une chanson dédiée au LSD. Point barre. Au revoir petits voyages mentaux.  

« Claudia hat nen Schaferhund » - DieÄrtze (1987)

« Claudia a un joli berger allemand. Le soir, il saute sur son lit et... » Mais pourquoi cette chanson a-t-elle été censurée ? Demandez à Google Trad.

« Chcemy być sobą » - Perfekt (1983)

« Nous voulons être nous-mêmes », chante le leader du groupe polonais Perfekt. Le destin a voulu que la phrase soit facilement modifiable en «chcemy być zomo», ce qui donne « nous voulons nous battre contre la police ». La police communiste, évidemment. Le crime parfait pour faire hurler le gouvernement puis faire taire le groupe.

« Miss Maggie » - Renaud (1985)

Une attaque contre la politique de  Margaret Thatcher. Tellement piquant que  « Maggie » s'en souviendra 27 ans plus tard, peu avant sa mort, en 2013. Peu importe, l'emprise de la Dame de Fer est encore si forte qu'elle réussira à empêcher la transmission de la chanson. Même sur France Bleu

« Je so' pazzo » - Pino Daniele (1979)

En 1979 Mamma Rai - la chaîne de service public italienne - a décidé de censurer quelques-unes des chansons qui participaient au festival de Sanremo. Parmi les chansons épurées se trouvait «  Je so' pazzo » de Pino Daniele. Pourquoi ? « Parce que je suis fou, je suis fou alors ne m'énervez pas. »