Peu importe la Palestine, Israël l’emportera toujours

Article publié le 1 octobre 2006
Article publié le 1 octobre 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les négociations pour parvenir à un gouvernement d’unité nationale en Palestine sont paralysées. Car le Hamas refuse de reconnaître l’Etat d’Israël selon les conditions fixées par le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas.

Depuis plusieurs semaines, prises de contact et rencontres sont organisées entre le président palestinien Mahmoud Abbas, leader du Fatah [le parti dirigé pendant des décennies par Yasser Arafat] et le Premier Ministre Ismaël Haniyya, membre du Hamas, afin d’arriver à un gouvernement d’unité nationale. L’objectif: mettre fin à la crise sans précédent qui frappe le peuple palestinien.

Cependant, le Hamas n’accepte pas les conditions fixées par la communauté internationale et par Abbas lui-même : renoncer à la violence, reconnaître l’Etat d’Israël et accepter la Feuille de Route [le plan diplomatique élaboré par le quartet - Etats-Unis, Onu, Union européenne et Russie - pour pacifier la région].

Les négociations les plus importantes de leur carrière

Cette paralysie accentue davantage encore l’isolement humanitaire, économique, social et politique qui touche le gouvernement palestinien actuellement dirigé par le Hamas alors que le peuple palestinien est, comme d’habitude, la première victime de cette situation. Dans le gouvernement d’unité nationale, Mahmoud Abbas serait le porte-parole des attentes de son peuple même s’il ne bénéficie que de peu de sympathisants au sein de la population et de son propre parti le Fatah. Son actuel rôle de médiateur met même en danger son avenir politique en Palestine.

De son côté, le Hamas doit d’une part jouer le rôle politique que lui a assigné le peuple palestinien en lui permettant d’arriver au pouvoir par le biais d’élections démocratiques, et d’autre part, abandonner la lutte armée comme alternative à l’occupation militaire d’Israël des territoires occupés. Haniyya, leader pragmatique et issu de la branche modérée du Hamas, devrait quant à lui savoir pouvoir négocier avec les plus intransigeants de son parti et avec une population exténuée et déçue. L’avenir des générations futures a été joué semble avoir été peu pris en compte au vu de la position officielle que le Hamas envisage d’adopter pour l’avenir.

Israël maintient sa position de force

Il est illusoire de pronostiquer sur la situation du Moyen-Orient: l’incertitude est la seule prédiction valable. Cependant, le gouvernement d’unité nationale qui verrait le jour serait déjà fortement affaibli: l’un des deux partis devrait déjà faire face aux exigences des Palestiniens -le retour aux frontières tracées en 1967, le retour au pays des réfugiés et Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat Palestinien-, des souhaits qui ne seront jamais acceptées par Israël.

Faute de gouvernement d’unité nationale, Israël bénéficierait de l’excuse parfaite pour vendre au monde entier la justification de ses actions sur les territoires occupés et accentuer ainsi la crise humanitaire et politique. Familière de l'adage « diviser pour régner », Tel Aviv a une fois de plus toutes les cartes en main pour avoir le dernier mot dans ce conflit interminable et injuste