Peter Bossman, maire de Piran : « le multiculturalisme est une richesse pour la société »

Article publié le 8 septembre 2015
Article publié le 8 septembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Situé dans la partie slovène de l'Istrie, le charmant village de Piran vaut certainement le détour. Célèbre non seulement auprès des touristes slovènes et étrangers pour ses paysages à couper le souffle, son eau cristalline et l'hospitalité de ses habitants, le village a également retenu l'attention des médias du monde entier après l'élection du premier maire noir en Slovénie et de la région.

Rédigé par Zrinka Šajn (Croatia), Bora Eseroğlu (Turkey), Mesut Urcan (Turkey), Arda Tüzüner (Turkey), Nicolò Donati (Italy) , Sofia Peresani (Italy), Hazal Korkut (Turkey) and Ayça Şahin (Turkey) 

Édité par Ana Alibegova / Stefan Alijevikj

Situé dans la partie slovène de l'Istrie, le charmant village de Piran vaut certainement le détour. Célèbre non seulement auprès des touristes slovènes et étrangers pour ses paysages à couper le souffle, son eau cristalline et l'hospitalité de ses habitants, le village a également retenu l'attention des médias du monde entier après l'élection du premier maire noir en Slovénie et de la région : Peter Bossman, un candidat social-démocrate de centre-gauche, dirige cette ville multiculturelle depuis de 2010.

Selon l'office slovène de la statistique, la région d'Obalno-kraška (région où se trouve le village de Piran), comprend un total de plus 9 800 habitants considérés comme issus de minorités nationales. Plus de 70% d'entre eux appartiennent à certaines des anciennes nationalités yougoslaves. D'autre part, plus de 20% d'entre eux appartiennent à des nationalités de l'UE, avec une présence significative de la communauté italienne.  Peter Bossman, le maire, explique la manière dont fonctionne ce multiculturalisme en pratique. Dans cet entretien, il évoque l'intégration des minorités dans le village de Piran, mais également le vivre-ensemble et le dialogue concernant l'Istrie slovène, enclavée entre la côte italienne et croate.

M. Bossman, pouvez-vous, s'il vous plaît, nous faire partager votre histoire ? Être le premier maire noir élu en Slovénie, qu'est-ce que cela signifie pour vous ? Et quel est votre ressenti personnel et professionnel de la vie à Piran ?

Peter Bossman : « Comme vous pouvez le voir, je ne suis pas d'ici, je ne suis pas né en Slovénie, mais en Afrique, au Ghana. Le hasard m'a conduit en Slovénie, lorsqu'elle faisait encore partie de la Yougoslavie. Je n'avais pas prévu de venir ici, mais à cause de la politique et parce que j'étais un étudiant actif, il fallait que je quitte mon pays. J'ai obtenu le visa, alors je suis venu en Yougoslavie pour étudier la médecine. Plus tard, je me suis marié et j'ai fondé une famille ici. Puis, j'ai commencé à exercer en tant que médecin, j'ai construit ma carrière en Slovénie. Je me suis toujours intéressé à la politique, et il y a 5 ans, j'ai été élu maire de Piran. »

1 Peter Bossman, Mayor of Piran: “Multiculturalism Enriches the Society”Lors de l'entretien avec le maire de Piran, M. Bossman

« Quand je suis arrivé pour exercer en tant que médecin, il y a 30 ans, les gens parlaient de moi comme « le médecin noir ». Et puis, un jour, ils ont commencé à parler de moi comme « mon médecin ». Lorsque ce jour arrive, vous savez que vous avez été accepté par vos compatriotes. Je ne pensais pas me présenter un jour aux élections locales. Et puis, il y a six ans, des gens sont venus me parler et m'ont dit : « M. Bossman, pourquoi ne pas devenir maire ? »  Je leur ai répondu : « Vous êtes fou ? Je ne serai jamais élu ». Puis ils m'ont répondu : « Vous savez, à chaque fois que l'on demande aux gens en qui ils ont confiance, votre nom est cité ». Après avoir entendu ces mots, j'ai pensé : « Peut-être que je peux être élu ». Tout d'abord, nous avons fait appel aux médias croates pour parler de moi. Nous pensions que les médias slovènes ne me soutiendraient pas, car la loi sur les médias en Slovénie prévoit un égal traitement médiatique de chaque candidat. Par conséquent, évoquer l'histoire d'un candidat signifie traiter les histoires de tous les candidats. Puis, lorsque les médias croates ont commencé à parler de moi, la presse slovène a commencé à parler de mes activités et les gens ont commencé à me faire confiance. De plus, nous avons également utilisé de nouveaux médias afin de nous rapprocher des jeunes de Piran. »

« Je n'aime pas utiliser le terme minorité »

Quelle est la situation des minorités à Piran ? Comment le gouvernement local prend-il en charge les minorités nationales et les autres à Piran ?

Peter Bossman : « Ici, on parle italien et slovène, c'est une région bilingue où nous sommes tous partenaires, à égalité. Si vous entrez dans un magasin, on parle italien et on doit comprendre cette langue également. Tous les magasins doivent avoir un hôte d'accueil qui parle italien. La minorité italienne est une petite communauté, mais elle vit ici depuis des années. C’est chez eux. C'est pourquoi je pense qu'il est important de respecter le fait qu'ils font partie de la population. Je n'aime pas utiliser le terme minorité. Si vous parlez de majorité et de minorité, vous faites une différence. Certes nous devons nous occuper de certains petits groupes et ils doivent bénéficier de droits égaux. Au sein de ma communauté, il y a des Slovènes, des Italiens, des personnes originaires de Macédoine, de Bosnie, du Kosovo, de Croatie et de Serbie. Il existe également une communauté « istrienne » en référence au nom de la région (l'Istrie) qui parle italien, slovène, croate et d'autres langues. Et puis il y a un petit groupe minoritaire venu d'Afrique, composé de deux d'entre nous uniquement, mais il est important que tous ceux qui vivent dans cette communauté se sentent appartenir à Piran. »

Retrouvez l’intégralité de l’article ici :

http://www.mladiinfo.eu/2015/06/24/peter-bossman-mayor-of-piran-multiculturalism-enriches-the-society/