Pépites européennes : le cinéma se met à table 

Article publié le 23 mai 2016
Article publié le 23 mai 2016

Si d’après la chef américaine Julia Child, les personnes qui aiment manger sont les meilleures, tout du moins en règle générale, que dire de ceux qui aiment aussi le cinéma ? Petit tour gastronomique avec sept films européens sélectionnés par vos soins. Vous, qui avez du mal à choisir entre scène de suspense et plat de lasagnes. 

Soul Kitchen, Fatih Akin (Allemagne), 2009

Du paradis à l’enfer, il n’y a qu’un pas. Le réalisateur turco-allemand Fatih Akin présente cette tragi-comédie dans laquelle Zinos et Illias, deux frères d’origine grecque, décident d’ouvrir un bistrot un peu bohème où musique et discorde règnent en maîtres. Une histoire d’intégration sociale, d’amitié et de quête d’avenir dans un environnement loin d’être parfait. « Still one place to go » (Il y a toujours un endroit où aller, ndt) chantaient les Doors dans Soul Kitchen... Coïncidence ?

Mazurek [Le gâteau de Pâques], Julia Kolberger (Pologne), 2013

Le rideau s’ouvre sur les mains d’Urszula : elle mélange beurre, œufs et farine dans un cul- de-poule. Son mari la rejoint et lui demande pourquoi elle fait un gâteau à 5h48. Réponse : leur fille Ada leur rend visite et elle n’est pas seule, son fiancé l’accompagne. Mais la famille ignore que le futur mari a 30 ans de plus qu’elle, ce qui ne manquera pas de les surprendre. Et le petit-déjeuner initialement prévu se transforme en dîner... 

La Graine et le Mulet, Abdellatif Kechiche (France), 2007

Voyage en Afrique du Nord sans quitter le sud de la France. Kechiche, qui a déjà démontré que les scènes où l’on mange ont quelque chose de captivant - voire d’obsessionnel - comme dans La vie d'Adèle (2013), fait le portrait de Slimane, père divorcé d’origine tunisienne qui souhaite ouvrir un restaurant dans un vieux bateau. Entre obstacles bureaucratiques, discussions passionnées et couscous au poisson, la vie est parfois aussi absurde que palpitante, tout compte fait.  

18 comidas [18 repas], Jorge Coira (Espagne), 2010

Qui n’a jamais vécu l’un de ces moments où la tension à table est palpable, pour finalement lancer : « Bon, on en reste là et on continue de manger » ? Ce film, réalisé par Jorge Coira, rend hommage à tous ces moments apparemment sans importance qui, sans le savoir, font partie de la routine. Six histoires où les personnages prennent leur petit-déjeuner, déjeunent et dînent (18 repas donc) entre larmes, colères, surprises et amours déçues. Un clin d’œil aux sentiments, à l’importance de la bonne chère et, bien sûr, à la Galice

Babettes gaestebud [Le festin de Babette], Gabriel Axel (Danemark), 1987

Au XIXème siècle : Babette, originaire de Paris, s’installe dans un village retiré du Danemark où la religion régit la vie de ses habitants. Un jour, pour les remercier de leur accueil, elle décide d’organiser un festin composé des meilleures spécialités françaises, prouvant alors que le paradis peut aussi être terrestre. Les convives essaieront de sauver les apparences et de garder leur sang-froid jusqu’à ce que les effets de la nourriture ne commencent à poindre et qu’ils ne puissent plus nier l’évidence : manger peut rendre heureux. 

Politiki Kouzina [Un ciel épicé], Tassos Boulmetis (Grèce), 2003

Cannelle, piment, sel et poivre : une histoire avec Istanbul en trame de fond, qui pour certains est un exemple manifeste de « cuisine politique ». Dans les années 50, le jeune grec Fanis Iakovidis et sa famille sont expulsés par les autorités turques et se réfugient en Grèce. Son grand-père, d’origine turque, est resté à Istanbul dans son petit magasin d’épices. Fanis ne découvrira que bien plus tard, lors d’un voyage dans la capitale turque, qu’un monde quasi mystique existe autour des épices, un monde qui semble nous échapper des mains. Portrait d’une Europe méditerranéenne marquée par les stéréotypes, les évènements politiques et, comme toujours, par l’art de la cuisine. 

Mine vaganti [Le Premier qui l’a dit], Ferzan Özpetek (Italie), 2010

À chaque moment de la vie sa recette italienne. Quel serait le plat principal d’un repas de famille sens dessus dessous ? Le réalisateur turco-italien Özpetek nous emmène au cœur d’une famille conventionnelle propriétaire d’une fabrique de pâtes, où chaque personnage est un monde à lui tout seul. Au centre de l’attention : Tommaso et son orientation sexuelle. Que se passera-t-il ? Réponse au dessert...

Mais ce n’est pas tout. Pour les amateurs d’animation, et puisque l’américain Ratatouille a été exclu de la liste, nous vous proposons ce court-métrage français intitulé Al Dente, dont chacun peut tirer ses propres conclusions. Et bon appétit bien sûr !