Peggy Hughes : écouter Parler les livres 

Article publié le 22 février 2014
Article publié le 22 février 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Peggy Hughes can often be seen dip­ping her fin­ger into one of Ed­in­burgh’s many lit­er­ary pies, be­fore adding salt, pep­per or nut­meg. That's when she isn't organising literary salons, festivals and publications within her role as Dundee's Literary Development Officer. We caught up with her in Edinburghs' cafe-bookshop Looking Glass Books to talk about Electric Bookshop and literary tattoos

Electric Bookshop est un des projets actuels de Peggy : il consiste à organiser des ateliers et des rencontres professionnelles sur « l'édition numérique, mais aussi le design, l'avenir de la lecture et les évolutions intéressantes dans le monde littéraire ». Tout a commencé lorsque Peggy, qui travaillait à Edinburgh City of Literature, et une de ses amies de la Scottish Book Trust, Claire Stewart, ont entendu parler d'un événement appelé « Book to the Future ». « C'était une sorte de rencontre professionnelle, organisée de nuit par le Bookseller à Londres, » explique Peggy. «C'était basé sur l'avenir du livre et l'évolution de ses supports. Des industriels de tous horizons étaient invités, mais c'était surtout une excellente occasion de rencontrer des personnes de même sensibilité que nous ». Comme l'événement se passait dans la mauvaise ville et qu'il n'en existe pas d'équivalent à Edimbourg, les deux jeunes femmes ont décidé d'organiser elles-mêmes un événement similaire. « Edimbourg est une ville riche en littérature mais aussi dans tout ce qui à trait aux ordinateurs, à l'informatique, à l'intelligence artificielle vous voyez... » Elle s'arrête, cherchant ses mots, et termine sur un ton d'excuse, « ce genre de chose » .

Du papier qui chante

Peggy s'interrompt pour discuter avec la serveuse qui nous apporte nos chocolats chauds, puis boit une gorgée avant de reprendre : « c'est comme ça que tout a commencé. Padmini Ray Murray, qui donne des cours d'édition à l'université de Stirling, nous a rejointes. Nous savions que nous voulions que ce soit social et culturel et que ça donne aux gens l'occasion de se rencontrer. S'il y a un écrivain dans la pièce qui souhaite prendre des leçons de numérique, nous voulions que ça puisse être possible. Dans la pratique, nous avons la plupart du temps trois invités qui nous donnent un aperçu de ce qu'ils font, souvent en rapport à un thème, que ce soit la littérature, la mode, la science, etc. » 

A l'instar des salons officiels, Electric Bookshop travaille en ce moment sur un projet qui s'avère être une machine éditoriale futuriste, fondée par le New Media Scotland, fondation qui récompense les nouveautés en matière de médias et de technologies. « C'est vraiment sympa. Cela va inciter les gens à s'investir dans la lecture », explique Peggy. « Notre dernière rencontre Electric Bookshop s'inscrivait dans ce projet. Nous voulions explorer la science et l'évolution du livre. » Les invités vont du traditionnel (telle l'artiste des arts visuels Yvette Hawkins) au très moderne, comme Mike Shorter, qui fait du papier électronique (il peut faire chanter le papier !» s'exclame Peggy). Se trouvait aussi sur le podium l'artiste Alyson Fielding. « Alyson pirate des livres, » explique Peggy, déclarant que cette démonstration a été l'un de ses moments préférés lors de l'Electric Bookshop. « Vous savez, sur votre Iphone, vous avez l'application siri et vous dites, « où se trouve Looking Glass Books » ? et il vous le dit... Eh bien elle a fait ça avec un livre. Même si le livre ne vous répond pas de la même façon, il vous parle quand même pour de vrai ! Alyson avait un exemplaire de Enlevé ! de Robert Louis Stevenson. Elle l'a posé et le livre a dit, (Peggy prend alors une voix profonde et enjouée), « bonjour, prends-moi ! Allez, prends-moi ! ». C'était la première fois qu'Alyson faisait ça en public, alors au moment où le livre s'est mis à parler, ça a été un moment incroyable !

Le tatouage délébile

A la question, « quel est le poème que vous aimeriez vous faire tatouer ? », la plupart des gens répondent par un silence perplexe. D'une certaine façon, je ne suis pas étonnée que Peggy soit la première personne à répondre à cette question par « eh bien, c'est marrant que vous me le demandiez, car j'ai déjà failli me faire tatouer deux poèmes », rit-elle. « Mais je suis très contente de ne pas l'avoir fait, parce que je l'aurais regretté ensuite. C'était à peu près au moment où je finissais la fac, alors je devais avoir 21 ans. J'avais même été jusqu'à me renseigner sur le prix et tout. C'était un haiku de Issa qui figure dans la nouvelle Franny et Zooey de Salinger, une de mes histoires préférées. Vous avez déjà lu Franny et Zooey ? » s'interrompt-elle. Je répond à regrets que non. « Tout le monde a lu L'Attrape-cœurs, mais les livres où on retrouve la famille Glass sont incroyables, vraiment incroyables! » s'enthousiasme-t-elle. Elle jette un œil sur le mur tapissé de livres du Café et récite lentement : ' Grimpe en douceur, petit escargot, tu es sur le Fuji ! ' C'est l'une des choses les plus belles que j'aie jamais entendues. Je voulais la faire inscrire sur mon poignet, juste ici. » Elle tapote l'intérieur de son poignet avec son index. « Mais bon, je me suis dégonflée, et en plus, j'étais sur le point d'avoir mon diplôme et j'étais complètement fauchée. C'était vraiment très cher ! Je suis contente de ne pas l'avoir fait, parce qu'en le regardant aujourd'hui je me dirais, oh, je regrette tellement ! ». Elle a alors une expression d'horreur feinte.

« Parfois j'écris des trucs sur mon poignet, avant de les effacer, » déclare Peggy songeusement. « Parfois j'écris simplement 'sois quelqu'un de bien'. Parfois j'écris 'allergique à la pénicilline', car je le suis. Je suis censée porter un bracelet, mais je n'aime pas les bijoux. Alors si justement le jour où j'ai un problème j'ai ça d'écrit sur mon poignet... » songe-t-elle, avant de pouffer de rire. « Ce que je veux dire, c'est que j'aimerais avoir au poignet un tatouage qui puisse facilement s'effacer. Un tatouage qui s'enlèverait d'un coup d'éponge. Un tatouage qui serait plus résistant qu'un truc écrit au stylo, mais qu'on pourrait changer tous les jours. Ça pourrait être un projet, le tatouage indélébile ! » Je lui demande alors si elle ne veut pas plutôt dire le tatouage délébile. Sa visage s'éclaire d'un sourire. « Oh, un nouveau projet ! Est-ce qu'on a déjà trouvé une entreprise que ça intéresserait ? »