PE: Boycotter les JO?

Article publié le 31 mars 2008
Article publié le 31 mars 2008
par Olivia Hottat Alors que la question divise les états membres de l'Union Européenne, Hans-Gert Pöttering, président du Parlement Européen a réitéré, en présence du président du Parlement tibétain en exil, ses propos en faveur d'un boycott des jeux olympiques, ce mercredi 26 mars à Bruxelles.

D'un ton clair et acéré, Pöttering a déclaré que 'tout homme politique responsable doit se poser la question de savoir s'il peut participer à la cérémonie d'ouverture si les leaders chinois ne souhaitent pas atteindre un consensus'. Après avoir rappelé que le Dalaï Lama serait toujours le bienvenu au parlement européen, il a ajouté que les Jeux à Pékin ne pouvaient être un succès qu'à condition que l'identité culturelle et religieuse du peuple tibétain soit respectée.

Si les familles politiques européennes condamnent à l'unanimité les récentes répressions au Tibet, la majorité des partis reste frileuse à l'idée d'un boycott des JO. La minorité se fait toutefois entendre.

A cinq mois avant la cérémonie d'ouverture, les eurodéputés ne considèrent donc pas un boycott des JO comme opportun, bien qu'ils se demandent comment les athlètes pourront rivaliser en tout harmonie dans un Etat qui 'massacre ses citoyens'.

RSF JO Pékin 2008 Vêtus, pour la plupart, du t-shirt aux anneaux olympiques remplacés par des menottes, les Verts appellent le monde entier 'à foutre le bordel' à Pékin. "C'est seulement cette liberté (d'expression, de pensée et d'information) qui fait que courir, sauter et nager en valent la peine" a déclaré Daniel Cohn-Bendit, coprésident des Verts, en brandissant le drapeau tibétain.

De l'autre côté du rond-point Shuman, les propos du président de la Commission européenne et de la commissaire chargée des relations extérieures ne font pas écho à ceux de H. Pottëring. La commissaire, Benita Ferrero-Waldner, s'est contentée de demander 'aux autorités chinoises de faire preuve de retenue et de ne pas s'opposer de manière violente aux protestataires'.

'Les Jeux Olympiques ne sont pas un événement politique mais un grand événement sportif et humain, et nous n'avons aucune certitude qu'un quelconque boycottage conduise à un plus grand respect de la loi en Chine ou au Tibet. En aucune façon', a quant à lui déclaré José Manuel Barroso.

Barroso appelle les 27 états membres de l'UE à adopter une position commune à l'égard de la Chine et du Tibet. Mais, à l'heure actuelle, difficile de cerner le message de l'Union. Depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy a haussé le ton en déclarant que 'toutes les options étaient ouvertes'. De l'autre côté de la manche, Gordon Brown compte bien se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques. Le porte-parole du gouvernement allemand, Thomas Steg, va, quant à lui, jusqu'à critiquer les partisans du boycott qui 'ne sert qu'à détourner l'attention de la nécessité d'une solution politique du conflit'.

Même au sein du petit Royaume de Belgique, les avis concernant l'éventualité d'un boycott des JO sont partagés. Le ministre des sports de la communauté flamande, Bert Anciaux, refuse de participer à la cérémonie d'ouverture. Le ministre des finances, Didier Reynders, bien qu'il s'en tienne au propos du ministre des affaires étrangères, Karel De Gucht, comme quoi 'le boycott n'est pas une bonne solution', n'a pu s'empêcher d'ajouter qu' 'on ne peut jamais exclure le pire'.

Les 28 et 29 mars, les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l'UE se réuniront informellement en Slovénie afin de tenter d'adopter une position commune à l'égard de la Chine. Le boycott sera-t-il à l'ordre du jour ?

Image : Reporters Sans Frontières