Pays de Visegrad : Bienvenue en Europe ?

Publié par la communauté
Article publié le 7 juin 2004

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Suite à l’adhésion à l’Union européenne, les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie) se retrouvent pris entre intégration et rejet imperceptible.

Dans le contexte de l’élargissement européen, on parle souvent d’ancienne et de nouvelle Europe, et du « de retour en Europe » des nouveaux venus. L’apparition de slogans tels que « De retour en Europe ! » dans les pays de l’ancien bloc soviétique peu après la chute du communisme semblait être l’expression spontanée de l’euphorie. Mais le fait que de tels slogans soient toujours fréquemment employés de nos jours, et pas seulement dans les nouveaux pays, est sujet à réflexion.

Revenus d’où ?

Il faut se demander d’où les pays du groupe de Visegrad (le V4) reviennent, quand ils ont quitté l’Europe, et où ils sont partis. La question est : comment définir l’Europe ? A l’ouest, au nord, ou au sud de l’Europe, les frontières sont clairement délimitées par la mer, tandis qu’à l’est elles se sont régulièrement déplacées au fil du temps, et aujourd’hui encore elles ne sont pas fixées. Où se termine l’Europe et où commence l’Asie ? Voilà un sujet qui fait couler beaucoup d’encre. Mais que se passe t-il quand on identifie l’Europe à l’UE ? Identifier l’Europe avec l’UE actuelle est plus que trompeur. Si l’on adopte ce point de vue, les pays d’Europe centrale reviennent en vérité dans l’Europe « européenne ». Dans ce cas là, qu’en est-il de la Norvège et de la Suisse ?

Cependant, les pays du V4 ont toujours fait partie de l’Europe, qu’elle soit définie par des critères géographiques ou par une culture commune. Il y a plusieurs centaines d’années, ces pays ont participé à la création de l’Europe médiévale, puis de l’Europe moderne. Ces pays faisaient et font partie intégrante de la structure européenne qu’ils ont contribué à élaborer. Peu importe qu’ils l’aient fait en étant autonomes ou en dépendant d’une unité politique plus grande.

L‘Europe est et sera toujours faite d’hommes. Et la contribution des citoyens de ces États à la science et à la culture européennes est incontestable. Ils sont les pièces sans lesquelles la mosaïque européenne ne serait pas complète. Cela ne veut pas dire qu’ils ont plus de valeur que les autres pièces, mais que chaque élément a son importance dans un ensemble aussi composite que l’Europe.

Intégration puis désintégration ?

Il y aura probablement toujours dans l’UE des membres plus puissants économiquement que d’autres, mais ce n’est pas une raison pour créer une « Europe à deux vitesses » car cela va à l’encontre du but recherché, et c’est contraire aux idées fondatrices de l’intégration européenne, soutenant une Europe forte et unie. Une Europe de partenariat et de coopération, et non un club privé réservé aux puissants. Le partenariat et la coopération devraient donner de la cohésion à l’unité politique de l’Europe, pour qu’elle puisse agir comme une force stabilisante dans la politique internationale et comme un partenaire crédible dans les affaires internationales.

Espérons que le célèbre rideau a été effacé une fois pour toutes des cœurs et des esprits, et que les Européens vont maintenant voir l’Europe comme une seule et unique entité.