Payer avec son corps

Article publié le 8 mars 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Une virée shopping en mars n’est pas une mince affaire : les soldes d’hiver sont terminées et les commerçants redeviennent sérieux. Néanmoins payer cash les articles les plus onéreux n’est pas une obligation. En Italie, le tarif peut aller jusqu’à coûter un œil de la tête (« costa un occhio della testa »). En Catalogne, même prix, l’un des yeux du visage (costa un ull de la cara). En cas de grosse dépense dans l’Hexagone, il faut débourser le double, les yeux de la tête. A Madrid, gardez vos yeux pour contempler vos achats. Depuis votre lit d’hôpital naturellement, puisque vous aurez probablement réglé avec un rein (« cuesta un rin »). Les Européens les plus généreux sont les Anglais qui n’hésitent pas à donner un bras et une jambe (« it costs an arm and a leg ») pour un magnifique article. Au moins, la famille de l’acheteur reste présente durant la convalescence de l'amputation. Ce n’est pas le cas en Bulgarie, où il faut livrer père et mère (« struva maika si i bashta si ») pour obtenir l’objet de ses rêves. En fin de compte, il vaut peut-être mieux aller faire ses courses en Russie : à Moscou, les choses chères sont aussi précieuses que des souvenirs («  »). Si l'on y laisse son imagination, cela reste la manière la moins douloureuse de satisfaire une frénésie d'emplettes!