Pas de testostérone, le dictateur garde sa couronne

Article publié le 11 mars 2011
Article publié le 11 mars 2011
Par Aurélie Feller Le Conseil européen d'aujourd'hui se termine sur une fausse note. A la conférence finale, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy ont réaffirmé leur inquiétude pour la Libye et les autres pays arabes secoués par des mouvements démocratiques. Les 27 ont sommé le dictateur et son équipe de démissionner sans délai.
Cependant, aucune mesure forte en vue pour l'y obliger n'est ressortie des discussions longues de 6 heures. Un goût de trop peu pour la plupart des journalistes présents.

A la clôture du sommet, Herman Van Rompuy s'est félicité de la tenue d'une tel évènement historique qui a eu lieu seulement à 3 reprises, pour la crise irakienne, du Golfe et du 11 septembre 2001. Par cette déclaration, il parut vouloir se convaincre lui-même que la réunion pourrait suffire pour envoyer « un signal fort ». José Manuel Barroso, de son côté, a débuté sa déclaration sans surprise. Les 27 ont déclaré s'être mis d'accord pour demander à Mouammar Kadhafi et son régime de quitter le pouvoir. Ceux-ci avaient déjà été lents à réagir, la prise de décisions devrait être tout aussi interminable. Après les tumultes et les discordes autour d'une intervention militaire, il s'agissait de mettre la pression sur le régime libyen et d'affirmer le soutien de l'UE à la population civile.

L'UE se met hors jeu

« Le Conseil européen salue et encourage le Conseil national libyen de transition basé à Benghazi et le considère comme un interlocuteur politique », a déclaré le président du Conseil européen à l'issue de la conférence de presse, comme pour démontrer que le dictateur libyen n'en était plus un. Juste avant de conclure : « nous ne pouvons pas décider pour le peuple libyen ». Une petite phrase qui voulait dire beaucoup sur l'extrême prudence des débats d'aujourd'hui. La reconnaissance du CNT n'est toujours pas européenne et officielle.

Pas d'intervention militaire

La charge de décider d'une possible intervention militaire, point chaud du débat, est laissée en attente et à la charge de la Ligue arabe, de l'Union africaine et de l'OTAN, ce qui exclut la possibilité d'une action ciblée pour le moment comme le préconisait Nicolas Sarkozy, le Président français. L'action européenne est garantie uniquement sur trois domaines : le rapatriement des ressortissants étrangers, la coopération et l'aide humanitaire afin de soulager les civils, la mise en place d'un plan d'urgence pour gérer l'afflux migratoire via l'agence FRONTEX.

En ressort une certaine mollesse qui ne devrait pas aider à renforcer l'image d'une Europe déjà décriée pour son manque de réactivité sur la scène internationale...