Partie II : vers l’extinction des jours fériés ?

Article publié le 20 juin 2014
Article publié le 20 juin 2014

Après avoir brièvement analysé la fonction des jours fériés au sein de nos sociétés dans une première partie, nous allons nous attacher dans cette deuxième partie à observer l’évolution des jours fériés de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui et leur cohabitation peu avantageuse avec le capitalisme industriel, puis le néolibéralisme.

Comme nous l’avons vu dans la pre­mière par­tie de ce dos­sier, les jours fé­riés peuvent être consi­dé­rés sous deux angles.

Pre­miè­re­ment, ces jours rem­plissent une fonc­tion au sein d’une so­ciété et sont au ser­vice d’une su­per­struc­ture, par exemple la re­li­gion, la na­tion. Chaque su­per­struc­ture re­pré­sente les in­té­rêts d’un groupe so­cial dis­tinct dont l’exis­tence dé­pend du sou­tien de la so­ciété dans la­quelle il prend pied. Les jours fé­riés ont alors pour rôle de ga­ran­tir, aux côtés d’autres ac­tions ac­cul­tu­ra­tives – comme la créa­tion d’une his­toire com­mune my­thique, l’im­po­si­tion d’une langue com­mune -, une forte iden­ti­fi­ca­tion des hommes par la ri­tua­li­sa­tion de leur vie au­tour d’une su­per­struc­ture. Ces fêtes contri­buent ainsi à as­su­rer la sur­vie de la su­per­struc­ture, sou­vent en lutte contre une autre su­per­struc­ture, en pré­ser­vant la co­hé­sion des hommes sur la base d’un sys­tème de va­leurs, de pen­sées, de ri­tuels com­mun.

Deuxiè­me­ment, ces fêtes peuvent être ap­pré­hen­dées comme au­tant d’in­di­ca­teurs quant à l’état d’un rap­port de force entre dif­fé­rentes su­per­struc­tures, soit de même na­ture (une na­tion contre une autre), soit de na­ture dif­fé­rente (le chris­tia­nisme face à la na­tion). Ainsi, que des fêtes re­li­gieuses et na­tio­nales co­ha­bitent dans nos ca­len­driers re­flè­te­rait la co­ha­bi­ta­tion de deux su­per­struc­tures dans une même so­ciété. Dans ce cadre, nous avions alors émis l’hy­po­thèse que l’émer­gence du 9 mai, jour­née de l’Eu­rope, comme jour férié et chômé mar­que­rait une pé­né­tra­tion plus forte de l’Union eu­ro­péenne au sein des so­cié­tés consti­tu­tives de ses États membres.

Ceci dit, ce se­cond dé­ve­lop­pe­ment est cer­tai­ne­ment in­cor­rect dans le cas du ca­pi­ta­lisme. La na­ture même du dogme qui régit le ca­pi­ta­lisme le pous­se­rait plu­tôt à com­battre les jours « chô­més », per­çus comme une perte de pro­duc­tion et donc une perte de pro­fit pour les dé­ten­teurs du ca­pi­tal. L’ex­pres­sion de sa do­mi­na­tion sur une so­ciété don­née se­rait par consé­quent la dis­pa­ri­tion même des jours fé­riés.

Or, si nous nous pen­chons sur l’évo­lu­tion des jours fé­riés en Eu­rope ces deux der­niers siècles, force est de consta­ter que leur nombre a di­mi­nué de façon dras­tique. Une di­mi­nu­tion qui pa­rait d'au­tant plus abrupte si l'on prend le temps de re­mon­ter le cours de l’his­toire jus­qu'au Moyen-Âge.

L’âge d’or des jours fé­riés

Il est dif­fi­cile d’ap­pré­hen­der le temps de tra­vail avant l’ère in­dus­trielle. Néan­moins, selon l'his­to­rienne fran­çaise Jac­que­line La­louette, et la so­cio­logue amé­ri­caine Ju­liet Shor, il ne fait aucun doute que les tra­vailleurs fai­saient bien moins d’heures par an que ceux d’au­jour­d’hui, mais sur des pé­rio­di­ci­tés plus ir­ré­gu­lières, selon les sai­sons, mais aussi selon les fêtes re­li­gieuses.

Ainsi, Ni­co­las Se­nèze, jour­na­liste spé­cia­lisé sur les ques­tions re­li­gieuses, nous rap­pelle qu’en France, les jours fé­riés se sont struc­tu­rés tout d’abord au­tour de l’en­semble du cycle pas­cal de­puis le ca­rême (IIIe siècle), jus­qu’à la Pen­te­côte (IVe siècle), Noël (IVe siècle). Puis sont ve­nues s’ajou­ter les fêtes ma­riales et celles des grands saints (IVe et Ve siècles), ainsi que de nom­breuses autres fêtes liées au Christ. Ainsi, sous l’An­cien Ré­gime, les lois de l’Église ga­ran­tis­saient au tra­vailleur 90 jours de repos (52 di­manches et 38 jours fé­riés) pen­dant les­quels il était stric­te­ment dé­fendu de tra­vailler.

Au Royaume-Uni, au XIVe siècle, selon cer­tains comptes sei­gneu­riaux, les serfs tra­vaillaient en moyenne 175 jours par an, pour un vo­lume ho­raire an­nuel de 1400 heures.

Outre-Rhin, dans le Saint-Em­pire ro­main ger­ma­nique, les pay­sans jouis­saient dans cer­tains états im­pé­riaux de plus de cent jours de fête re­li­gieuse. Lors des pé­riodes hautes, il pou­vait y avoir une jour­née chô­mée tous les trois jours en plus du di­manche !

Glo­ba­le­ment, au bas Moyen-Âge, dans la plu­part des États eu­ro­péens, un quart à un tiers de l’an­née était chômé. L’in­fla­tion des fêtes était d’ailleurs telle que le concile de Trente au XVIe siècle convo­qué par Paul III pro­céda à une pre­mière sup­pres­sion d’un cer­tain nombre d’entre elles. Mais le glas de l’âge d’or des jours fé­riés a sonné avec la ré­vo­lu­tion in­dus­trielle.

L’his­toire d’une quasi-ex­tinc­tion

Glo­ba­le­ment en Eu­rope, les jours fé­riés ont connu une évo­lu­tion si­mi­laire de­puis deux siècles. Avec l’avè­ne­ment de la ré­vo­lu­tion in­dus­trielle, les jours fé­riés et les pauses do­mi­ni­cales de­viennent une cible de choix du pa­tro­nat et des forces an­ti­clé­ri­cales et sou­vent li­bé­rales de l’époque. Ra­pi­de­ment, les jours chô­més sont ré­duits à des pro­por­tions in­fi­ni­té­si­males. Puis len­te­ment, par les luttes so­ciales, mais aussi par le tra­di­tio­na­lisme de la pay­san­ne­rie et d’une frange de la bour­geoi­sie, de nom­breuses jour­nées re­li­gieuses et chô­mées sont ré­ins­crites dans l’ordre ca­len­daire au cours des dé­cen­nies. De­puis le der­nier quart du XXe siècle, avec l’ato­nie des éco­no­mies et l’émer­gence conco­mi­tante du néo­li­bé­ra­lisme, les jours fé­riés font de nou­veau l’ob­jet de nom­breuses cri­tiques, qui se sont dur­cies et acé­rées de­puis l’ir­rup­tion de la crise éco­no­mique de 2008.

La Ré­vo­lu­tion fran­çaise et le pas­sage de l’ère féo­dal à l’ère du ca­pi­ta­lisme

« [Le jour de repos] était le grand crime du ca­tho­li­cisme, la cause prin­ci­pale de l’ir­ré­li­gion de la bour­geoi­sie in­dus­trielle et com­mer­çante. Sous la ré­vo­lu­tion, dès qu’elle fut maî­tresse, elle abo­lit les jours fé­riés et rem­plaça la se­maine de sept jours par celle de dix. Elle af­fran­chit les ou­vriers du joug de l’Église pour mieux les sou­mettre au joug du tra­vail. » 

C’est en ces termes que Paul La­fargue, l’au­teur du « Droit à la pa­resse », dé­nonce l’em­pres­se­ment des in­dus­triels au len­de­main de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise pour sup­pri­mer les fêtes re­li­gieuses. En effet, la Ré­vo­lu­tion fran­çaise, selon cer­tains his­to­riens d’ins­pi­ra­tion mar­xiste, comme Al­bert So­boul, au­rait été une voie ori­gi­nale de pas­sage du mode de pro­duc­tion féo­dal à un mode de pro­duc­tion ca­pi­ta­liste. Elle au­rait été le point de dé­part de l’avè­ne­ment de la bour­geoi­sie in­dus­trielle au pou­voir po­li­tique. Ainsi, la Ré­vo­lu­tion fran­çaise par an­ti­clé­ri­ca­lisme d’une cer­taine frange des forces ré­vo­lu­tion­naires, dont les li­bé­raux et déistes, a sup­primé mas­si­ve­ment les fêtes re­li­gieuses et aussi les di­manches. En 1802, il ne res­tait plus que quatre jours fé­riés, soit un par sai­son. Étran­ge­ment, sous la Res­tau­ra­tion cette sup­pres­sion n’a pas été re­mise en ques­tion.

Mais face aux re­mous des forces conser­va­trices as­so­ciant pay­san­ne­rie et pe­tite bour­geoi­sie ca­tho­lique, ainsi que les luttes so­ciales, quelques jours parmi les « fêtes d’obli­ga­tion », ainsi que le di­manche, sont pro­gres­si­ve­ment re­mis au ca­len­drier ré­pu­bli­cain. En 1886, sous la IIIe Ré­pu­blique, les lun­dis de Pâques et de Pen­te­côtes sont ainsi ré­ta­blis.

Plus d’un siècle plus tard, en 2003, l’État fran­çais a tenté de sup­pri­mer le lundi de Pen­te­côte, mais s’est heurté à de nom­breuses pro­tes­ta­tions et ré­sis­tances, bien que cette fête n’ait plus de si­gni­fi­ca­tion re­li­gieuse, puis­qu’elle n’est plus so­len­ni­sée de­puis le Va­ti­can II. La Pen­te­côte est un ac­quis so­cial.

Mal­gré cette dé­con­ve­nue, les jour­nées fé­riées sont ré­gu­liè­re­ment poin­tées du doigt par les forces li­bé­rales, car ju­gées trop coû­teuse pour l’éco­no­mie, no­tam­ment quand elles sont com­bi­nées aux ponts. Cette année, par exemple, le mois de mai a été par­ti­cu­liè­re­ment gé­né­reux, il suf­fi­sait de poser trois jours pour pro­fi­ter de douze jours fé­riés. Ainsi, l’an­cien pré­sident Va­léry Gis­card d’Es­taing s’en est pris au 8 mai sur Eu­rope 1 le mois der­nier  . « Ce n'est pas sim­ple­ment une jour­née fé­riée, c'est aussi une jour­née chô­mée, où la France ne tra­vaille pas, où la France, qui n'a pas de crois­sance, qui est af­fai­blie éco­no­mi­que­ment, va avoir trois jours où elle ne tra­vaille pas. C'est tout à fait illo­gique », avait-il alors dé­claré.

Le cas fran­çais est loin d’être une ex­cep­tion, et de nom­breux autres pays ont suivi et suivent la même ten­dance.

Quelques exemples ailleurs en Eu­rope

En Bel­gique, les jours fé­riés ont connu une évo­lu­tion com­pa­rable. La ré­vo­lu­tion lié­geoise de 1789, qui est consi­dé­rée comme la ré­plique belge de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise, a mis un terme à de nom­breuses congré­ga­tions re­li­gieuses et en même temps aux fêtes re­li­gieuses.

Au­jour­d’hui, il existe dix  jours fé­riés en Bel­gique. Mais leur nombre est ac­tuel­le­ment remis en cause par le pa­tro­nat et cer­tains par­tis po­li­tiques. Sur la base de l’exemple fran­çais, pour­tant peu concluant, l’Union des classes moyennes, une or­ga­ni­sa­tion pa­tro­nale belge fran­co­phone, pro­pose ainsi la sup­pres­sion du Lundi de Pen­te­côte.

Outre-Rhin, le constat est si­mi­laire. En Ba­vière, et dans les États du sud du Saint-Em­pire ro­main ger­ma­nique, les jours fé­riés sont ra­pi­de­ment tom­bés d’une cen­taine à moins d'une ving­taine au début du XIXe siècle, mal­gré la pré­gnance très pro­fonde de l’Église ca­tho­lique et une ré­vo­lu­tion in­dus­trielle lente. L’uni­fi­ca­tion sous Bis­marck à la fin de la guerre en 1871, ne re­mé­dia en rien à leur sup­pres­sion.

Ac­tuel­le­ment, les jours fé­riés en Al­le­magne va­rient d’un Land à un autre, d’un mi­ni­mum de 9 à Ber­lin à un maxi­mum de 13 en Ba­vière. Mais de ré­cents son­dages montrent qu’en 2012 plus d’un tiers des Al­le­mands ont tra­vaillé le di­manche et/ou lors d’un jour férié, les dé­ro­ga­tions al­lant bon train. Ainsi, de­vant cet état de fait, de plus en plus de voix s’élèvent et ré­clament la ré­duc­tion du nombre de ces jours fé­riés.

La Grande-Bre­tagne, qui a en­fanté la ré­vo­lu­tion in­dus­trielle, a connu le même re­flux de jours fé­riés. Au début du XIXe siècle, ils avaient dis­paru du pay­sage ca­len­daire, seuls les di­manches étaient dé­cla­rés comme jours de repos. C’est avec la mon­tée des forces syn­di­cales, là aussi plus pré­coce qu’ailleurs en Eu­rope, que ra­pi­de­ment les re­ven­di­ca­tions so­ciales re­mettent quelques jours fé­riés aux ca­len­driers des Bri­tan­niques, avec no­tam­ment le Bank Ho­li­day Act en 1871.

Au­jour­d’hui, les jours fé­riés entre les quatre na­tions consti­tu­tives du Royaume-Uni va­rient de 8 à 10 jours. Là aussi, ce nombre semble en­core trop élevé  à l’heure de la crise aux yeux de cer­tains éco­no­mistes et de nom­breux li­bé­raux et conser­va­teurs. Par exemple, selon le Think Tank bri­tan­nique, le Centre for eco­no­mics and bu­si­ness re­search, ces jours coû­te­raient 19 mil­liards d’eu­ros en 2013, chiffre de­puis re­pris re­gu­liè­re­ment par les To­ries et les Lib-dem ainsi que par de nom­breux mé­dias.

L’an­née der­nière, le Por­tu­gal a fran­chi le pas et a sup­primé pas moins de quatre jours fé­riés sa­cri­fiés sur l’au­tel de la com­pé­ti­ti­vité et du re­dres­se­ment éco­no­mique du pays. Le petit pays lu­so­phone pour­rait ser­vir d’exemple en Eu­rope et en­cou­ra­ger de nom­breux gou­ver­ne­ments à em­prun­ter la même voie sous le pré­texte that­ché­rien qu’il n’existe au­cune autre al­ter­na­tive.

In­ven­taire non ex­haus­tif des griefs à l’en­contre des jours fé­riés

Car les rai­sons in­vo­quées pour tordre le cou aux jours fé­riés ne manquent pas. Comme nous l’avons vu, le mo­bile le plus sou­vent cité est celui du coût éco­no­mique que re­pré­sentent ces jour­nées chô­mées dans nos éco­no­mies si­nis­trées. Même si des voix s’élèvent de-ci de-là pour dire qu’une hausse de pro­duc­ti­vité est consta­tée les jours pré­cé­dents les fêtes, ce qui vien­drait com­pen­ser en par­tie les pertes, ou en­core pour af­fir­mer, chiffres à l’ap­pui, que le sec­teur de l’hô­tel­le­rie et de la res­tau­ra­tion – pre­miers em­ployeurs dans de nom­breux États – as­soient leurs chiffres d’af­faires grâce jus­te­ment à ces fêtes ci­viles et re­li­gieuses.

Mais les par­ti­sans de la dis­pa­ri­tion ou tout du moins de la ré­duc­tion des jours fé­riés al­lèguent la né­ces­sité du res­pect de la di­ver­sité des confes­sions re­li­gieuses au sein de nos so­cié­tés et plaident pour leur dis­pa­ri­tion pure et simple. En contre-pied, cer­tains, à l’ins­tar d’Eva Joly lors des pré­si­den­tielles de 2012, ré­torquent qu’il fau­drait ra­jou­ter au contraire des fêtes re­li­gieuses à nos ca­len­driers comme le Yom Kip­pour pour les juifs, ou l’Aïd-El-Ké­bir pour les mu­sul­mans afin de re­flé­ter la di­ver­sité confes­sion­nelle de nos so­cié­tés. Or, entre les deux op­tions, le cœur du ca­pi­tal ne ba­lan­ce­rait vrai­sem­bla­ble­ment pas long­temps.

Enfin, leur sup­pres­sion re­lè­ve­rait de la santé pu­blique. En effet, qui dit moins de jours fé­riés, dit moins de tra­fic rou­tier, donc moins d’ac­ci­dents, dit moins de fes­ti­vi­tés, donc moins d’in­ci­dents liés aux éga­re­ments éthy­liques. Par ailleurs, une étude épi­dé­mio­lo­gique menée en 2010 outre-At­lan­tique semble faire men­tir Paul La­fargue et mon­tre­rait que le taux de sui­cide se­rait plus élevé lors des jours fé­riés. Les sup­pri­mer pour­rait être alors consi­déré comme un acte pré­ven­tif face aux com­por­te­ments sui­ci­daires.

Quel ave­nir pour les jours fé­riés ?

Le cé­lèbre éco­no­miste John May­nard Keynes avait été clair­voyant quant aux consé­quences du traité de Ver­sailles. Il l’a moins été lors­qu’il pré­dit dans ses « Pers­pec­tives éco­no­miques pour nos pe­tits en­fants », que nous ne tra­vaille­rons plus que 15 heures par se­maine au début du XXIe siècle. Même si un flé­chis­se­ment du vo­lume ho­raire heb­do­ma­daire est à consta­ter, nous sommes très loin des pro­jec­tions de l’éminent éco­no­miste bri­tan­nique. Le tra­vail se flexi­bi­lise, s’in­tro­duit avec l’avè­ne­ment de la tech­no­lo­gie mo­bile dans nos sphères pri­vées, ren­dant la quan­ti­fi­ca­tion des heures tra­vaillées d’au­tant plus dif­fi­cile. Les di­manches et les jours fé­riés sont désanc­tua­ri­sés, ce qui laisse pré­sa­ger une in­fla­tion du vo­lume ho­raire tra­vaillé qui se fe­rait dans le dos des sta­tis­ti­ciens.

Dans un tel contexte, que nous pro­posent les pour­fen­deurs des jours fé­riés ? Il existe deux scé­na­rios pos­sibles. La pre­mière est celle du main­tien des jours fé­riés. Dans ce cas-ci, il fau­drait alors aug­men­ter les heures de tra­vail heb­do­ma­daires pour contre­ba­lan­cer leur coût éco­no­mique, comme ce peut être le cas en Corée du Sud, qui a 15 jours fé­riés, mais qui tra­vaille 500 heures de plus en moyenne que le Royaume-Uni. Par ailleurs, un cher­cheur bri­tan­nique du Cen­ter for Eco­no­mics and Bu­si­ness Re­search pro­pose de pré­ser­ver leur nombre, mais de les éta­ler sur toute l’an­née afin de ré­duire leur im­pact éco­no­mique. Selon ce même cher­cheur, cer­tai­ne­ment plus éco­no­miste que psy­cho­logue, un tel éche­lon­ne­ment des jours fé­riés per­met­trait en outre aux tra­vailleurs de plus les ap­pré­cier que quand ceux-ci sont concen­trés sur un court laps de temps. La deuxième op­tion est celle de la ré­duc­tion des jours fé­riés à leur strict mi­ni­mum com­pen­sée par une aug­men­ta­tion des jours de congé payé. L’idée se­rait ici d’abattre les jours fé­riés, ces mo­no­lithes qui font obs­tacle à la pro­duc­tion et au pro­fit, afin de flui­di­fier les flux de tra­vail. En es­pé­rant que les tra­vailleurs ne soient pas ten­tés par ha­bi­tude et par com­mo­dité à poser des jours de congé au même mo­ment de l’an­née.