Parlement européen : les jeunes et la séance fiction

Article publié le 23 mai 2014
Article publié le 23 mai 2014

Du 8 au 11 mai dernier, la Commission européenne a voulu s’assurer que les futures générations de leaders européens se sentent impliquées et valorisées par les personnes actuellement en charge de l'Europe. Quel était le but de cet évènement et pourquoi était-il important de l’organiser ? cafébabel s'ent rendu à l’Évènement européen pour la jeunesse dans la « ville des costumes ».

« Dis-moi et j'ou­blie­rai. Montre-moi et je m'en sou­vien­drai peut-être. Fais-moi par­ti­ci­per et je com­pren­drai. » Confu­cius

Début mai 2014, en amont des élec­tions eu­ro­péennes, des cen­taines d’as­so­cia­tions ont été in­vi­tées à prendre part à l’Évè­ne­ment eu­ro­péen pour la jeu­nesse (en VO : le European Youth Event - EYE, ndlr) or­ga­nisé sur trois jours au Par­le­ment eu­ro­péen à Stras­bourg. Plus de 5000 jeunes venus de toute l’Eu­rope ont par­ti­cipé au ren­dez-vous qui avait pour but de rap­pro­cher les jeunes eu­ro­péens du fonc­tion­ne­ment des po­li­tiques eu­ro­péennes.

120 jour­na­listes eu­ro­péens ont éga­le­ment été in­vi­tés afin d’as­su­rer la cou­ver­ture mé­dia­tique de l’évè­ne­ment or­ga­nisé pour les nou­veaux dé­pu­tés du Par­le­ment eu­ro­péen.

Le très contro­versé Daily Mail a dé­crit l'évè­ne­ment comme un « évè­ne­ment étrange » et a ac­cusé l’UE de vou­loir sou­doyer les jeunes eu­ro­péens en vue des élec­tions. Mais en dépit des cri­tiques du Mail, cet évè­ne­ment étran­ge s’est avéré être une in­croyable op­por­tu­nité pour les jeunes eu­ro­péens de faire at­tendre leur voix, mais éga­le­ment d’en ap­prendre plus sur les pro­blèmes aux­quels les dé­pu­tés doivent faire face au quo­ti­dien.

« Bring back our young »

Pour ma part, j’ai as­sisté à des ate­liers et à des sé­mi­naires sur le thème des va­leurs eu­ro­péennes à l’heure de la mon­dia­li­sa­tion. « Les bons côtés de la mon­dia­li­sa­tion » si­mu­lait par exemple une séance plé­nière à tra­vers un jeu de rôle. Comme l’a ex­pli­qué Frands Pe­der­sen, maître de confé­rence à l’Uni­ver­sité de West­mins­ter,  « le but est que les par­ti­ci­pants en­dossent le rôle des dif­fé­rentes par­ties pre­nantes et des groupes du Par­le­ment et qu’ils tra­vaillent en­semble et ar­rivent à tom­ber d’ac­cord sur une pro­po­si­tion de texte ».

Pen­dant 6 heures, les 50 par­ti­ci­pants se sont glis­sés dans la peau des dé­pu­tés de l’une des 7 prin­ci­pales al­liances eu­ro­péennes afin de dis­cu­ter sur une ques­tion qui fait l’ac­tua­lité en Eu­rope : l'En­tente in­ter­na­tio­nale sur le cacao.

De­puis quelques an­nées, des pays eu­ro­péens parmis lesquels la France, la Bel­gique et le Royaume-Uni, im­portent des fèves de cacao au­près de pays d’Afrique de l’Ouest (Côte d’ivoire, Ghana, Ni­ge­ria et Ca­me­roun). L'En­tente sur le cacao est un ac­cord entre les prin­ci­paux pays pro­duc­teurs et les plus gros consom­ma­teurs de cacao en Eu­rope des­tiné à as­su­rer plus de trans­pa­rence et d’équité dans com­merce.

J’ai non seule­ment été im­pres­sion­née par la ma­nière dont les par­ti­ci­pants ont abordé des ques­tions telles que le tra­vail des en­fants, la sé­cu­rité sa­ni­taire, la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et les droits de l’homme mais aussi par la com­plexité que re­cèle une pro­po­si­tion concer­nant quelque chose d’aussi banal que la pro­duc­tion de cho­co­lat.

Pour Mar­ton Hajdu, un of­fi­cial de l’Ins­ti­tu­tion eu­ro­péenne à Bruxelles, il est im­por­tant que les jeunes eu­ro­péens com­prennent « l’in­té­rêt d’un débat ou­vert et du com­pro­mis » puisque « l’Eu­rope est basée sur ses no­tions ».

À la suite de l’en­lè­ve­ment par le groupe ex­tré­miste Boko Haram de plus de 200 jeunes filles au Ni­ge­ria, l’Évè­ne­ment eu­ro­péen pour la jeu­nesse a abordé un autre pro­blème d'ac­tua­lité : le tra­fic d’êtres hu­mains. Au cours de l’ate­lier or­ga­nisé par l’as­so­cia­tion chy­priote Vraka Folk­loric Group, les par­ti­ci­pants ont ainsi ex­ploré « le côté obs­cur de la mon­dia­li­sa­tion » et avancé des idées telles qu’un ren­for­ce­ment de la lé­gis­la­tion afin de mieux pro­té­ger les vic­times de ce tra­fic.

Selon Vraka, les tech­no­lo­gies qui se dé­ve­loppent au­tour de la mon­dia­li­sa­tion ont un in­con­vé­nient puis­qu’elles fa­ci­litent le trans­port des êtres hu­mains. Mais pour Maria Ky­pria­nou, une doc­to­rante du King’s Col­lege de Londres et membre de Vraka : « les jeunes eu­ro­péens peuvent chan­ger le futur de l’Eu­rope. En­semble nous pou­vons mettre fin au tra­fic d’êtres hu­mains ».

Du­rant le week-end, plus de 200 ate­liers et sé­mi­naires de ce genre ont été or­ga­ni­sées au Par­le­ment eu­ro­péen ainsi qu’au Yo!Vil­lage ins­tallé à l’ex­té­rieur par le Forum eu­ro­péen de la jeu­nesse. L’édi­tion 2014 de l’Evè­ne­ment eu­ro­péen pour la jeu­nesse, dont la de­vise était « Des idées pour une Eu­rope meilleure », a per­mis de dé­ve­lop­per la com­pré­hen­sion qu’ont les jeunes des pro­blèmes in­ter­na­tio­naux aux­quels les dé­pu­tés doivent faire face au cours de leur man­dat. Bien qu’il soit dif­fi­cile de ne pas trou­ver les ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes un peu trop bu­reau­cra­tiques, je dois avouer que j’ai quitté le EYE pleine de ques­tions et dé­ter­mi­née à conti­nuer à faire vivre les va­leurs de l’Eu­rope.