Paris : Les manifs contre la COP21 dégénèrent

Article publié le 2 décembre 2015
Article publié le 2 décembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Suite aux attentats du 13 novembre, le président français Francois Hollande a décrété l'état d'urgence, interdisant le droit de manifester lors de la COP21. Pour ceux qui se sont à nouveau rassemblés Place de la République, l'appel à la manifestation contre le changement climatique était plus fort que la peur du gouvernement ou du terrorisme.

“Etat d'urgence, un état policier, ils ne nous empêcheront pas de manifester,” voilà ce que scandent les manifestants parisiens. La police anti-émeutes forme une véritable barrière entre le Boulevard Saint Martin et la Place de la République. L'expression sur leurs visages, leurs tenues, leurs boucliers et leurs matraques font bien savoir aux manifestants que ceux-ci font face à une armée de robots.

En toile de fond, des dizaines de cars de police envahissent la place. On aperçoit les sirènes bleues dans la fumée des gaz lacrymo et des pétards qui encerclent la statue de Marianne, symbole de la liberté. Il y a deux semaines, la même place avait également été noire de monde afin de commémorer les victimes des récents attentats terroristes. Aujourd'hui, ils manifestent contre le changement climatique.

Footage of protesters clashing with police during the march against climate change on Sunday 29th November 2015  - (c) Anatoli Scholz and Christiaan Ate Paauwe

Le président français Francois Hollande a décrété l'état d'urgence suite aux attaques du 13 novembre, interdisant le droit aux rassemblements. Mais pour ceux qui se trouvent Place de la République, le besoin de manifester contre le changement climatique est plus fort que la peur du gouvernement ou des attentats.

Progressivement, la police avance juqu'au boulevard. Et les gens continuent de chanter: “La police est partout, la justice nulle part.” Un groupe de manifestants s'asseoit. Il semble évident que les gens ne marchent pas seulement pour le climat, mais aussi pour leur droit de manifester.

“J'ai déjà été frappé auparavant Place de la République,” explique un jeune homme en dévoilant une sérieuse contusion à la jambe, “J'imagine qu'à la fin de la journée, j'aurai encore d'autres souvenirs de ce genre.”

Plusieurs pétards explosent Place de la République, ce qui surprend les gens dans la rue. Un officier de police, le sifflet aux lèvres, décide d'aller au front: “Vous êtes prévenus, dispersez-vous,” peut-on entendre provenant de son mégaphone. Le groupe, un parmi tant d'autres, n'en fait rien.

“Voilà la France, mais tellement pour la liberté,” crie un manifestant. La police lance une fusée éclairante, qui vient s'écraser parmi la foule. Un sifflet retentit, et puis c'est l'assaut. Tandis que les officiers armés remontent le boulevard, les manifestants, essentiellement de jeunes hommes, fuient les lieux. Le groupe se disperse.

Le soir de la manifestation est aussi le soir où les discussions climatiques de la COP21 débutent à Paris. Durant les deux prochaines semaines, les dirigeants de la planète vont se réunir afin de débattre sur la question du changement climatique. Lors de la marche de dimanche, bien que le gouvernement français ait interdit toute manifestation, des milliers de personnes se sont rassemblées en vue d'une action contre le changement climatique.

Les médias ont diffusé des vidéos de manifestants jetant des projectiles sur la police, alors même que la plupart des personnes qui se trouvaient Place de la République était pacifique. Elles ont simplement refusé d'accepter la peur que le gouvernement exprime face à d'éventuelles attaques terroristes. L'appel de la lutte contre le changement climatique s'est révélé être plus fort que la peur du terrorisme.