Où en est la scène culturelle et médiatique parisienne ?

Article publié le 29 septembre 2016
Article publié le 29 septembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le déclin de la presse traditionnelle et du papier devait s’accompagner d’une profonde reconfiguration de la scène médiatique française ; or dans les faits, les magazines artistiques et culturels publiés sur papier, demeurent aujourd’hui tout aussi attractifs. 

Society, Technikart (racheté récemment par Laurent Courbin) ou, encore Les Inrocks, pour ne citer que les plus importants sont la preuve de cette vitalité des médias culturels français. Il apparaît ainsi intéressant de nous plonger dans l'histoire de ces magazines, pour mieux comprendre de quelle manière ces publications sont parvenues à relever le défi poser par la reconfiguration, souvent brutale, du monde des médias. 

Prenons l’exemple de Technikart, qui à l’orée des premiers signes de la transformation digitale, a vu son modèle quelque peu ébranlé. Revue mythique des années 1990, Technikart a peiné à appréhender et à prendre en compte la nouvelle donne, notamment communicationnelle, insufflée par ce bouleversement de l’écosystème médiatique. D’aucuns considéraient alors que les blogs et autres sites internet lancés au début des années 2000, avaient vocation à ranger ce type de publications au rang des objets médiatiques désuets, et voués, à terme, à disparaître.

Or, le fait est qu’il ne fut rien, et que contrairement aux idées prédominant durant le début des années 2000, le lectorat n’a pas délaissé Les Inrocks ou Technikart. L’arrivée de Society, au format papier en 2015, témoigne, s’il fallait encore en douter de la vitalité de cette frange spécifique du monde des médias. Les revues tendances, et qui à bien des égards sont créatrices de tendances, sont des objets toujours autant prisés par des jeunes générations désireuses d’être au fait de l’évolution des goûts.  

Ces médias se sont digitalisés, et ont progressivement intégré les codes communicationnels inhérents aux réseaux sociaux dans le cadre d’une stratégie globale destinée à accompagner leur transformation numérique. Cela ne s’est pas fait sans mal, mais le couple papier-digital permet aujourd’hui à ces supports majeurs de la sphère culturelle française de garder leur attractivité et leur authenticité.

La réussite outre-Atlantique de Vice, l’un des médias qui a su réellement capter toutes les potentialités propres au web social, a constitué un véritable modèle, plus ou moins consciemment intégré par les rédactions des différents médias culturels français. Lorsque ces derniers ont fait leur transition digitale, Vice a représenté un indéniable exemple duquel il convenait de s’inspirer.

Comment garder un esprit trendy, hype, suberversif et décalé alors que les supports digitaux portaient en germe, du moins à leur début, une potentielle capacité d’homogénéisation ? C’est prenant exemple sur la présence digitale d’un média comme Vice, que des Technikart (racheté au début de l’année par Laurent Courbin), des Inrocks, ou plus récemment un Society, ont réussi, avec un certain brio, cette nécessaire transition vers le numérique.

Il est donc intéressant de remarquer, par-delà cet objet d’étude spécifique, que les médias papier traditionnels ne sont pas condamnés à être progressivement relégués au rang des vieilles lunes du monde médiatique.

Les médias culturels de la scène médiatique française sont ainsi la preuve de la possibilité d’une telle adaptation. Loin d’être un passage contraignant et nécessaire vers le monde digital, une telle transition permet, également, de valoriser le capital immatériel intrinsèque à ces médias. En augmentant les capacités de rayonnement de ces marques que sont les magazines culturels, le web social contribue grandement à consolider la visibilité de ces médias.

En somme, là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve….