Orthodoxes, gays ou propriétaires de chien: chacun son bord de mer à Tel Aviv

Article publié le 10 novembre 2009
Article publié le 10 novembre 2009

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

En promenade sur les 14 kilomètres de littoral qui cernent Tel Aviv, il est possible de faire des rencontres insolites : mais dans un pays où la religion cohabite avec une culture gay florissante, rien de plus logique. Visite.

La cohabitation pacifique entre les plages religieuse et homosexuelle est une coutume bien établie à Tel Aviv. Car si son atmosphère détendue, sa culture riche et sa vie nocturne intense ont fait de cette ville l’une des attractions touristiques les plus populaires d’Israël, la ville doit veiller à garantir la diversité et le confort des services qu’elle assure aux groupes fondamentalement différents venus s’y divertir.

Des plages « séparées »

(Daiva Repečkaitė)« Hof Hadatiyim », ou la plage des personnes religieuses (aussi appelée « la plage séparée »), s’insère au milieu des vastes espaces de « vice » du bord de mer, entre les plages Hilton et Sheraton, une étroite bande parsemée d’hôtels. On y autorise les hommes et les femmes alternativement selon les jours de la semaine. Ceux qui désirent accéder à la plage n’ont à fournir aucune preuve de leur appartenance religieuse et doivent seulement obéir à la règle de séparation des sexes et aux autres règles générales de comportement valables en ces lieux. Un chemin relie le haut de la colline à une plage protégée. Le drapeau national apparaît au-dessus de la clôture. Le chemin autorise les visiteurs à jeter un ou deux regards « impurs » sur les environs en rejoignant leur vertueuse destination. Il permet aussi aux autres de voir ce qui se passe sur la plage religieuse ; du sommet de la colline, la plage séparée n’est après tout pas si isolée, et pas si religieuse le samedi, jour férié des orthodoxes.

Des chiens disciplinés

« Hof Haclavim », ou la plage des chiens, est tout à côté. C’est le seul endroit du bord de mer qui autorise les chiens, pour la grande joie des nombreux propriétaires canins de Tel Aviv. Pendant que les maîtres se détendent sur le sable blanc ou jouent aux raquettes, les chiens courent librement, s’éclaboussent et font de nouvelles rencontres. L’étonnante discipline des chiens israéliens surprend souvent les Européens.

(Daiva Repečkaitė)La plage d’Aztmout qui conduit à la « plage gay » longe celle du Hilton, qui porte bien sûr le nom de l’hôtel. « Ce n’est pas officiellement un lieu gay, explique Idan, un habitant de Tel Aviv. Pourtant, vous y verrez principalement des couples d’hommes. Les femmes aiment cette plage aussi car elles se sentent en sécurité, personne ne viendra les déranger », ajoute-t-il. Les riverains pensent que cet endroit s’est développé autour de la culture « gay » car le grand parc tout proche était déjà un lieu de rencontres et de rendez-vous pour la communauté gay de Tel Aviv, large et décomplexée. D’ailleurs, les homosexuels israéliens sont nombreux à vouloir s’installer à Tel Aviv, l’insouciante, pour gagner un peu de libertés.

Tel Aviv vit du tourisme : rien d’étonnant, donc, à ce que la ville tente de répondre aux besoins des visiteurs, et des habitants. Ce qui ne manque jamais d’étonner les touristes est plutôt la distance très réduite séparant les différentes plages. Bien que le littoral propre aux bains de soleil s’étende sur plusieurs kilomètres, la plage religieuse et la plage gay ne se trouvent qu’à deux minutes l’une de l’autre, séparées simplement par l’espace dédié aux chiens !

Visitez d’autres plages :

- Hof Hatzuk , au nord, fait payer un droit d’entrée

- La plage Gordon, en face de la rue Gordon, pour le volley-ball

- La plage Metzitzim, au nord de la ligne de plage et à droite de la plage religieuse, située là où se trouvait l’ancien hôtel Sheraton

- La plage Frishman, à côté de l’hôtel Dan et de l’Ambassade des Etats-Unis

- La plage Drums, derrière le Delphinarium et le bar Chinky Beach

- Ga’ash, hors de Tel Aviv, la joie des nudistes

Lisez le blog de l’auteur, Wonderland