ONU : inauguration d'un nouveau Conseil des droits de l'homme

Article publié le 20 juin 2006
Article publié le 20 juin 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le 19 juin à Genève, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a succédé à une Commission plutôt discréditée. Les premiers pas de cette nouvelle instance dicteront de son succès ou de son échec.

On a beaucoup glosé sur les avantages et les inconvénients de l’ancienne Commission des droits de l’homme fondée en 1946. Comment remédier à ses insuffisances ? La réponse tient peut-être dans la création, le 15 mars 2006, du Conseil des droits de l’homme. Une naissance rendue difficile par l’opposition des États-Unis, d’Israël, de Palau et des Iles Marshall. Il faut dire que le projet après des négociations houleuses à New York a bien failli ne jamais voir le jour.

Les élections par l'Assemblée Générale de l'ONU des 47 membres de ce Conseil organisées le 9 mai dernier, ont prouvé certains des progrès réalisés par le système onusien : la majorité des nouveaux Etats membres sont des pays respecteux des droits de l’homme ; les élections ont été très compétitives (64 candidatures pour 47 sièges); tous les candidats se sont engagés à promouvoir et à respecter les droits de l’homme ; d’importants contrevenants aux libertés publiques qui avaient présenté leur candidature -comme l’Iran et le Venezuela- ont été exclus.

Verre à moitié vide ou à moitié plein?

Sans doute, convient-il aussi de voir le verre à moitié vide. Des pays comme la Russie, la Chine, Cuba, le Pakistan ou l’Arabie Saoudite se sont ainsi «invités » au Conseil, usant diplomatie et stratégie afin de réunir les 96 votes nécessaires à leur présence. Le projet initial de refonte, présenté par Kofi Annan en décembre 2004, a depuis été quelque peu bouleversé. L’idée de départ était de mettre en place un nouvel organe comprenant moins de membres, élus par les 2/3 de l’Assemblée Générale onusienne, afin de compliquer l’accès des pays violateurs des droits de l’homme aux instances dirigeante.

Malgré ces ajustements, il ne faut pas sous-estimer l’excellent travail de négociation accompli sous la houlette du Sous-secrétaire général, le Suédois Jan Eliasson qui a réussi à fortifier un Conseil confronté à un un obstacle de taille : l’opposition du représentant américain à New York, John Bolton. Désormais au complet, le Conseil semble prêt à faire face aux menaces à l’égard des droits de l’homme définies par Jimmy Carter ou encore l’ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson. Une place au Conseil est en outre réservée aux agents des ONG comme la possibilité de suspension de ses membres.

Le verre reste à être rempli

La défunte Commission avait permis d’initier la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 avant d'incarner une force directrice dans la dénonciation des abus commis contre la dignité humaine au long des dernieres décennies. Par la suite, sa crédibilité a été mise en cause en raison de l’adhésion de pays comme le Soudan, le Vietnam, le Togo, la Sierra Leone, la Libye ou le Zimbabwe de Mugabe. Si, à l’avenir, les démocraties votent en bloc, elles auront ont une chance d’écarter définitivement du Conseil les pays qui violent les droits humains.