On ira sur les chemins du monde, à bicyclette

Article publié le 22 septembre 2010
Article publié le 22 septembre 2010
Ils sont jeunes et passionnés par les voyages.Ils aiment connaître des personnes et des cultures différentes. Le sport fait partie de leurs vies et ils avaient envie de s’engager dans une aventure. Morgan, Christopher, Bertrand, Siphay et Brian ont donc décidé d’attraper leurs vélos et de faire le tour de monde. Le top départ a été donné le 29 août dernier à Montpellier. Le défi est lancé.
Parce que bon…cela devrait durer trois ans.

« Quand on partait de bon matin/ Quand on partait sur les chemins/A bicyclette » Yves Montand, A Bicyclette

On le dit vite, mais faire le tour du monde à deux roues, ça paraît énorme. Et c’est le cas. Il ne s’agit pas seulement de prendre un vélo et un sac. Ce challenge nécessite deux ans de préparation : chercher les itinéraires, calculer les frais, trouver des sources de financement, s’informer sur les conditions dans chaque pays, bien peser les bagages… Au total, ils vont parcourir près de 50 000 kilomètres à coup de pédales et visiter plus de 40 pays.

« Nous avons commencé à travailler sur le projetSolidream(c’est ainsi qu’ils ont appelé leur aventure) pendant l’été 2008. Nous avons commencé à penser aux distances, aux saisons, à la durée du voyage, à la création de l’association pour récolter des fonds et à la page web. Tout ça, ça ne se fait pas en un clin d’œil », explique Brian. Même s’il ne peut pas participer à la première étape en raison de son travail, il prendra part au voyage dans quelques mois. « Le choix du matériel a été compliqué », ajoute Bertrand : « En plus, nous avons dû prendre en compte les questions de santé, d’assurance, d’itinéraires… »

Trois ans, cinq continent, 50 000 kilomètres et 40 paysAprès calculs, il leur faudra 80 000 euros pour faire un voyage qui durera près de trois ans. Pour l’instant, ils ont réussi à rassembler environ 30 000 euros grâce aux dons de leurs amis et des entreprises qui collaborent au projet. Ils ont aussi puisé dans leur poche. Il fallait être prévoyants, étudier les détails et être prêts pour tout : soigner une blessure ou trouver un itinéraire pour traverser les Andes. Et pour ne pas compliquer encore plus les choses, il était important de faire coïncider les dates de leur voyage afin d’éviter les saisons les plus dures, comme celle des pluies au Sénégal, l’hiver en Alaska ou la mousson asiatique. Tout prévoir pour surmonter les difficultés.

Pourquoi à deux roues (et sans moteur)

« Le vélo, c’est le moyen de transport qui nous paraît le plus adapté à ce type de voyage : suffisamment rapide pour ne pas s’ennuyer du paysage et suffisamment lent pour s’imprégner de chaque région traversée. L’absence de moteur nous assure l’autonomie que nous cherchions et l’allure modeste d’un cycliste qui fait le tour du monde provoque normalement la sympathie et l’hospitalité des gens », raconte Morgan. Mais cela conditionne aussi énormément le voyage, les itinéraires et les bagages. Et cela exige avant tout un effort physique plus que considérable. « La difficulté physique existe et c’est quelque chose qui nous plaît et nous motive », continue le jeune homme. « Bon, c’est sûr que ça sera plus dur que d’aller au boulot en voiture », plaisante pour sa part Brian. « Nous savons que ça ne va pas être facile physiquement, surtout dans les zones montagneuses ou venteuses, mais normalement on se sent prêts à toutes les éventualités qui pourront survenir. »

A Montpellier le 29 août. Cette date sonnait le départ du trépidant voyageDepuis que l’idée a commencé à prendre forme, il était clair qu’ils voulaient partager leurs découvertes et leurs émotions pendant le voyage avec les internautes intéressés par une telle entreprise. C’est pour cette raison que la page web solidream.net ainsi que les lettres d’informations ont été les premières choses à être mises en place. Depuis le premier jour, ils racontent le voyage dans un blog et ils montrent les photos des pays qu’ils traversent.L’un des objectifs du voyage est de lancer un message sur le respect de l’environnement. « Nous allons essayer de faire des rencontres avec des écoliers des pays que nous traversons pour leur offrir un témoignage sur notre vision du développement durable et du respect de la planète », raconte Morgan qui explique aussi qu’ils sont prêts à remonter leur manches et à prendre part à des projets solidaires, avec la volonté de « partager ces expériences avec le plus grand nombre de personnes possible ». Ils ont des contacts au Chili et au Laos qui vont dans ce sens et ils sont ouverts à d’autres propositions.

Avant qu’il ne soit trop tard

Les jeunes participeront à des projets au Chili et au Laos, mais sont ouverts à d'autres propositionsPour résumer et, selon les paroles de Bertrand, ce voyage, c’est avant tout une histoire d’amitié et de rencontres. Le groupe espère que l’aventure leur permettra de partager des expériences avec les personnes qu’ils connaîtront dans chaque pays, de découvrir des paysages et des autres modes de vies. Pour Morgan, c’est « un défi, physique et psychologique » et il considère qu’ils atteindront leur objectif grâce à « un savant mélange de volonté, de passion et de solidarité ». « Pour moi, ça représente avant tout le désir de faire quelque chose d’extraordinaire », explique Brian. « Je n’aimerai pas finir ma vie et sentir que cela a été une vie stéréotypée, regretter de ne pas avoir fait quelques folies. Et c’est maintenant qu’on peut faire quelque chose comme ça, pas à 60 ans. » La devise qu’ils ont choisie pour leur voyage regroupe un peu tout ça, c’est une phrase de l’auteur du Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry : « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité. »

Photos : Une (cc) Clara P. / Flickr, video, carte, sortie dans Montpellier y ombres sur la route, courtoisie de Solidream