Obama contre Barroso dans la crise économique mondiale : le monde à l'envers

Article publié le 27 novembre 2008
Article publié le 27 novembre 2008
Les plans de lutte contre la crise made in USA contrastent avec l'immobilisme de la Commission Barroso. Obama annonce qu'il va relancer l'investissement public alors que Barroso se contente de proposer des baisses d'impôt.

La crise met à bas les préjugés. Les Etats-Unis qui prêchent le libéralisme depuis 30 ans sur la planète entière, ont décidé d'appliquer les bonnes vieilles recettes sociale-démocrates en annonçant un investissement public supplémentaire de 700 milliards de dollars. A l'opposé, on trouve l'Union européenne se gargarisant d' « Europe sociale » alors qu'elle se contente de proposer des baisses d'impôts, et tout au plus, l'anticipation d'investissements publics déjà approuvés.

« Barroso est une marionnette aux mains des dirigeants nationaux européens »

D'un côté, on voit Obama faire quotidiennement la Une des journaux sans qu'il soit encore officiellement président, et de l'autre Durão Barroso, alors qu'il est président de la Commission européenne depuis 5 ans, se laisser devancer par les gouvernements nationaux lorsqu'il faut prendre des décisions importantes : la mesure-phare que promettaient Barroso et son commissaire aux affaires économiques, Almunia, s'avère être une baisse possible de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), que Gordon Brown, premier ministre britannique, a pour sa part annoncé il y a deux jours sans attendre personne.

Durão Barroso sur les traces de Bush

(Nuno Cardoso/flickr)Les gouvernements nationaux n'ont guère de respect pour la Commission européenne, qui se contente d'exécuter servilement les décisions au lieu de prendre des initiatives. Les cinq années de la Commission Barroso coïncident avec la période la plus désastreuse de l'histoire européenne et ce dernier épisode est l'apogée de l'inconsistance d'un président volontairement impuissant : faut-il rappeler qu'il avait promis qu' « il ne serait qu'un intermédiaire entre les gouvernements européens. »

En résumé, sa voix et ses décisions n'intéressent personne. Un exemple : la France, l'Allemagne et l'Espagne réclament des aides directes pour l'industrie automobile, au-delà des critères autorisés par Barroso. Durão Barroso est une marionnette aux mains des dirigeants nationaux comme Bush l'a été aux mains des intérêts privés des Etats-Unis. Et comme les gouvernements européens sont satisfaits de lui, nous aurons encore Barroso pour un deuxième mandat, et les Européens se retrouveront sans autre alternative démocratique.