Nouvelle manifestation contre la fermeture de Fessenheim

Article publié le 19 mars 2015
Article publié le 19 mars 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Alors que les salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin manifestaient une nouvelle fois le mardi 10 mars dernier pour protester contre la fermeture de leur usine, le patron de l'UMP Nicolas Sarkozy en quête de popularité, était présent en Alsace pour réaffirmer son soutien aux ouvriers menacés.  

Une provocation à l'encontre du gouvernement qui dénote encore une fois de la sensibilité du dossier Fessenheim et des divergences à l'échelle nationale qu'implique la fermeture éventuelle de cette centrale nucléaire. 

En conflit ouvert avec François Hollande sur ce point lors de la campagne présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy pourrait bien faire de la centrale nucléaire de Fessenheim son nouveau cheval de bataille pour 2017. L'ancien président s'est en effet rendu sur le site la semaine dernière pour rencontrer des salariés du groupe EDF inquiets pour leur avenir et réaffirmer son opposition à une politique énergétique de sortie progressive du nucléaire.

Ces salariés qui manifestaient devant les portes de leur usine accompagnés des élus locaux, ont pointé une nouvelle fois l'incohérence des déclarations gouvernementales et les effets dévastateurs qu'aurait une fermeture de la centrale sur l'économie locale. Selon une étude de l'Insee portant sur "l'inscription territoriale" de la centrale, l'arrêt de cette unité de production affecterait plus de 2000 emplois et pourrait également influer de manière négative sur les revenus de plus de 5000 personnes extérieures à la centrale. Cela comprend à la fois les personnels des entreprises sous-traitantes directement impactées par l'activité de la centrale mais également les emplois induits par la consommation des ménages de ces salariés. 

D'autre part, la fermeture pourrait s'avérer extrêmement coûteuse pour le gouvernement. Si aucun chiffre ne peut être avancé avec certitude, on parle quand même ici de plusieurs milliards d'euros au titre du droit à l'indemnisation des exploitants. Une indemnisation qui devra au minimum prendre en compte les investissements de 300 millions d'euros consentis par l'énergéticien EDF depuis les derniers examens de sûreté décennaux  mais également les rendements escomptés et le dédommagement de la société allemande EnBW et du groupement d’électriciens suisse CNP qui ont participé au financement de la centrale aux côtés d'EDF et qui paient encore aujourd'hui une part de ses coûts d’exploitation, recevant en contrepartie un pourcentage de l’énergie produite.

Rappelons toutefois que l'arrêt de la centrale alsacienne n'est toujours pas acté officiellement à l'heure actuelle. Ségolène Royal, ministre de l'Energie, serait même selon ses propres déclarations, ouverte aux propositions du groupe EDF quant aux meilleures solutions pour respecter le plafonnement de la capacité de production nucléaire française établi à 63,2 GW dans le projet de loi de transition énergétique. 

Si la centrale de Fessenheim semble la piste privilégiée, "une proposition plus judicieuse" de l'énergéticien français pourrait donc amener le gouvernement à revoir sa position. Comme l'a rappelé un nouvelle fois la ministre, le choix de la centrale à fermer sera effectué sur la base des "deux réacteurs qui coûtent le plus cher en terme d'investissement pour être remis aux normes". Dans tous les cas, aucune centrale ne devrait fermer avant 2017 au plus tôt, date de mise en service de l'EPR de Flamanville.