NOTES DE VOYAGES EN AZERBAÏDJAN

Article publié le 26 mai 2009
Publié par la communauté
Article publié le 26 mai 2009
Pour vous parler de mes voyages en Azerbaïdjan, il me faut débuter ce récit par un petit prologue. L’été à Paris avait déjà commencé et je flânais par une de ces belles journées que notre capitale sait nous offrir, quand je reçois un appel téléphonique. - Bonjour Olivier ! C’est Jean-Yves Chevalier. Tu vas bien ? Tu fais quoi cet été ? Tu aimerais venir en Azerbaïdjan à Baku ?

Les cours étaient terminés, les étudiants des écoles et des universités étaient en vacances, j’étais donc libre. Baku, l’Azerbaïdjan, le Caucase et la mer Caspienne : la destination me semblait chargée d’aventures. Je réponds donc par l’affirmative.

- Je viens !

Tout en joie, je m’en vais parler de ma future destination estivale à certains de mes amis qui, pour la plupart, ne connaissant pas ou peu ce pays, par ignorance souvent, m’avertissaient de tous les dangers d’une destination si lointaine. Rien de tel pour me motiver. Devant tant de commentaires chargés d’appréhensions, je n’avais que davantage l’envie de partir !

Mon premier voyage :

Nous sommes la fin du mois d’août, c’est le matin et le jour s’est déjà levé. Je suis à l’aéroport Charles de Gaulle, impatient de prendre cet avion pour Baku.

Après quelques heures de vol, nous arrivons le soir à l’aéroport Heydar Aliyev, un taxi nous attend, une belle voiture allemande de forte cylindrée, et nous transporte vers notre hôtel Hyatt en traversant en autoroute des champs de derricks.

Pour la première partie de ce premier voyage, avec mon camarade Jean-Yves Chevalier, nous avons eu à prononcer des avis consécutifs aux réponses du « Groupe de travail de mise en place des standards internationaux en matières des Droits de l’Homme en Azerbaïdjan » à propos des opinions et propositions de l’OSCE-ODHIR et de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe relatives aux ajouts et amendements au Code Electoral de la République d’Azerbaïdjan. Le document de travail, le rapport sur lequel nous avons réfléchis, était d’une grande qualité et l’ensemble des ONG et Fondations de l’Azerbaïdjan par leurs réflexions nous démontrèrent et nous prouvèrent qu’une dynamique de démocratisation était déjà en place.

Ce pays, ô combien intéressant de part sa culture et son histoire, se situe sur l’ancienne route de la soie. On imagine en traversant la vieille ville de Baku l’arrivée des caravanes et leurs haltes dans les caravanes saraïs et l’histoire de Marco Polo nous revient tout d’un coup en mémoire.

Aujourd’hui, la situation de l’Azerbaïdjan est stratégique et nous amènent à comprendre la vision politique de ce pays qui s’inscrit dans la continuité par une intégration dans les institutions européennes et une diplomatie qui concilie avec succès, une orientation pro-occidentale et de bonnes relations avec la Russie. Cette politique a permis une stabilité, un progrès économique grâce aux revenus pétroliers injectés, ce qui a provoqué l’augmentation de la production industrielle et donc une amélioration du niveau de vie des habitants. La seconde partie de ce voyage fut marquée par un déplacement au sud du pays vers la ville de Lankaran qui borde la mer Caspienne. Le trajet fut extraordinaire et m’a permis de remarquer l’extrême diversité des paysages et des climats. En effet, le climat chaud et sec des déserts plats où nous avons eu à traverser une mer de sel laisse la place, plus au sud, à des forêts couvrant de hautes montagnes, une végétation magnifique et des températures agréables puis, plus en altitude, une végétation davantage rase où l’on devine toute la dureté du climat.

Lors de l’ensemble de ce premier voyage, j’ai été reçu avec un grand sens de l’hospitalité, tant par des officiels que par de simples citoyens. J’ai remarqué le grand sens de l’accueil de l’ensemble de la population, ainsi que son caractère pacifique et toujours prêt à discuter avec le voyageur que j’étais. C’est un peuple fier de son histoire et de son passé comme me l’a montré la visite de plusieurs musées comme l’un d’entre eux placé dans une petite ville proche de la frontière iranienne. C’est un peuple attachant qui accompagne dignement la beauté des paysages.

Mon excursion dans le sud devait durer quelques jours et ce fut le retour pour Baku et ensuite pour Paris.

Mon deuxième voyage :

Mon second voyage en Azerbaïdjan, je le fis comme observateur international pour les élections présidentielles en octobre 2008 et toujours avec mon cher camarade Jean-Yves. Ma mission était d’aller vérifier dans les bureaux de votes le bon déroulement des élections. A l’hôtel, les observateurs sont répartis par zones géographiques et/ou par villes. Ce sera pour moi Guba, dans le nord du pays tout prêt de la frontière avec la Russie.

Le matin se lève sur Baku, la route pour Guba est en chantier, on me réserve donc une jeep Toyota. L’équipe qui m’accompagne est jeune et pleine de dynamisme. Puis c’est la route, longue et difficile, mais là aussi les paysages sont d’une grande beauté.

Après des visites dans quelques bureaux de votes à l’intérieur de la ville, nous décidâmes d’aller dans la montagne, dans ce haut Caucase que l’on trouve dans les romans d’aventures. Et c’est le plus haut village d’Azerbaïdjan à environ 3000 mètres d’altitude, qui sera notre objectif. Le chemin a la réputation de n’être pas facile. En effet, nous ferons un peu de route goudronnée puis se sera la piste mi-bitume et mi-terre. Celle-ci longera des ravins, passera à la cime des crêtes et plongera dans les fonds de magnifiques vallées. Les versants de ces montagnes gigantesques et superbes sont clairsemés de quelques habitations où l’on devine que tout est organisé pour faire face à ce climat montagnard, rude et difficile. Un membre de l’équipe me dit qu’ici c’est le territoire des loups. La panne de moteur me paraît donc à éviter…

Nous traversons d’abord un paysage couvert de forêts. Ensuite, c’est un paysage pelé où l’on voit quelques brebis, des habitations à flancs de montagnes et, enfin, le village le plus haut d’Azerbaîdjan est devant nous ; il termine la piste. Les personnes ici sont des paysans, des éleveurs. La Russie est à quelques kilomètres. Ils sont heureux et fiers de nous recevoir. Leurs sourires éclairent leurs visages où percent ces regards d’hommes et de femmes des montagnes. L’hospitalité, comme dans le reste du pays, est dans ce village aussi une manière d’être et de faire. Nous sommes les premiers observateurs à signer les registres dans le bureau de votes. L’un des villageois téléphone pour signaler notre présence. La démocratie et ses bulletins de votes sont arrivés dans les hautes montagnes du Caucase. Nous prenons quelques photos avec le directeur de l’école dans laquelle est placé le bureau de vote et nous devons déjà repartir, car il semble qu’il faut mieux faire le voyage de jour…

C’est le retour à Baku et le débriefing avec les autres observateurs. Les réunions d’experts, les conférences de presse et les interviews se suivent. Il y a toujours les promenades dans cette belle vieille ville de Baku et l’hospitalité de nos amis azéris pour nous rendre ce séjour des plus agréables.

Mon troisième voyage :

Mon troisième voyage fut le plus court. Nous avons participé, avec Jean-Yves, à une conférence de presse internationale sur le référendum du mois de mars 2009. J’ai mis en place, lors de ce séjour, une collaboration entre l’IPAG à Paris et l’université Khazar à Baku afin d’ouvrir pour la rentrée un double diplôme : un MBA sur l’énergie.

Suites à ces différents voyages, j’invite maintenant mes amis en France à avoir une vue différente de l’Azerbaïdjan. J’insiste toujours quand je parle de ce pays sur la beauté de ses paysages et sur l’hospitalité, la fierté et la gentillesse d’un peuple pacifique.

Olivier VEDRINE

PS : Le programme du MBA Energy dont j'ai la responsabilité est sur le site de l'IPAG: http://www.ipag.fr/en/programmes/international/mba-francais/project-management/

NB : M. Jean-Yves CHEVALIER, Consultant International, Président Honoraire de l’ACEDS: http://aceds.fr/