Non irlandais au Traité : Barroso, démission !

Article publié le 19 juin 2008
Article publié le 19 juin 2008
Lettre ouverte au Président de la Commission Européenne. Après le « non » de l’Irlande au Traité de Lisbonne avec plus de 53 % des voix contre, il faut agir. Immédiatement. Cher Président Barroso, Nous croyons au principe de responsabilité. Les leaders politiques doivent être responsables face aux peuples et démissionner lorsqu’ils sont discrédités.
Sous votre présidence l’Europe institutionnelle que vous présidez a vécu deux défaites cuisantes. La première : les « Non » français et hollandais à la Constitution européenne en 2005. La seconde : celui de l’Irlande au Traité de Lisbonne. Traité, qui, sous de fausses apparences, n’était autre qu’une version édulcorée de la même « constitution » comme l'a reconnu Giscard d'Estaing qui avait présidé la convention chargée de la rédiger.

Dans n’importe quelle démocratie du monde, deux référendums consécutifs culminés avec deux rejets populaires se seraient soldés par la démission de l’exécutif. Dans votre cas, un tel geste serait logique et utile.

Logique, avant tout, parce que si les peuples ont dit « non » c’est qu’il y a une raison. Ou le projet n’était pas bon, et dans ce cas vous en êtes le symbole naturel en tant que Président de la Commission Européenne. Ou alors le projet n’a pas été bien expliqué. Et dans ce cas il faut pointer du doigt les millions d’euros dépensés pour une (largement) inutile propagande ; le manque chronique de médias européens ; la distance des institutions européennes qui se tapissent dans une Tour d’ivoire en acier et vitre (le Berlaymont). Dans tous les cas, vous devez démissionner.

Démission qui serait, qui plus est, très utile. A travers ce geste, vous prouveriez que les institutions de Bruxelles écoutent les doléances des peuples ; que les institutions de Bruxelles ont compris qu’il est temps d’arrêter les référendums basés sur des centaines de pages que PERSONNE ne lit, sur des Traités incompréhensibles, sur des débats stagnants et dyschroniques qui se passent dans des pays qui ont la même monnaie mais qui s’obstinent à ne pas se parler.  Qui plus est, à un an de l’échéance de votre mandat, vous ouvririez une crise salutaire pour l’Europe, en incarnant justement ces principes de responsabilité de la meilleure tradition démocratique tant nécessaires à cette Europe. Ce serait peut-être la fin de votre carrière européenne. Mais ce serait une belle sortie, au nom de la démocratie. Ce serait un électrochoc décisif qui contraindrait l’Europe à tourner une page. Et à élire une vraie assemblée constituante élire une vraie assemblée constituante qui puisse écrire une vraie Constitution. Quinze pages suffiront, croyez-moi.

Salutations babéliennes,

Le blog Eurogénération.

Dans la photo (Commission Européenne), la page personnelle du Président Barroso : mais quand ferez-vous un blog, Monsieur le Président ?

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel