Non irlandais à l’Europe : encore un échec

Article publié le 19 juin 2008
Article publié le 19 juin 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La démocratie. On y revient toujours. Après que les Irlandais ont à leur tour rejeté le traité de Lisbonne, l'incapacité chronique de l’Europe à créer une vraie démocratie européenne est remise, une nouvelle fois, sur le tapis.

Après le non français et néerlandais à la Constitution en 2005, les dirigeants de l’UE ont attendu des nouvelles de l’Elysée, et la venue de Sarkozy en 2007, pour tomber d’accord sur de nouvelles règles à donner à l’Europe des 27 : et le célèbre traité de Lisbonne est ainsi né. Bien sûr, dans la capitale portugaise, le café devait être délicieux – le portugais est le meilleur après l’italien – mais le traité a été écrit, négocié et approuvé à huis clos, entre les dirigeants, comme s’il s’agissait d’un accord diplomatique. 

Et pourtant, ce sont les règles les plus innovantes de ces cinquante dernières années qui ont été décidées. Celles qui régissent la réalité politique de l'Union européenne, précisément. Une entité qui, sans pour autant être appelé « Etat », rassemble aujourd'hui les pouvoirs régaliens : battre la monnaie (l’euro), gérer les frontières (Schengen) et rédiger des législations (un peu trop). 

Aujourd'hui, les Irlandais ont dit non. Non à une Europe perçue comme lointaine, bureaucratique et de plus en plus avide de pouvoir. Pourtant, dans un monde globalisé, nous avons besoin de l’UE. Mais nous devons d'abord l’expliquer aux citoyens, en discuter et ensuite écrire les règles d'une manière démocratique. Pour cette raison, après l’ énième débâcle démocratique, nous les Européens, devons parier sur la démocratie. Et élire - avec une consultation le même jour dans tous les pays - une Assemblée constituante dont le rôle sera de rédiger une vraie constitution : un texte concis de quinze pages maximum, qui définisse les règles du jeu. Et non pas les 380 pages incompréhensibles de celui qui s’appelait « traité instituant une Constitution européenne » (sic) et qui, jusqu'au vendredi 13 (!) juin 2008, circulait sous le nom du traité de Lisbonne. A ce traité là, les Irlandais ont dit non. Peut être devons nous les remercier. Si seulement cette nouvelle déconvenue donnait à nos dirigeants suffisamment de courage pour miser sur une démocratie du 21e siècle.