Nom d’un Tintinophile !!! (Première partie)

Article publié le 31 mars 2009
Article publié le 31 mars 2009
Bachi-bouzouk !! Mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest !! Fan de bande dessinée ou non, pour chacun de nous, ce sont des expression familières. Les bordées de jurons de ce cher capitaine Haddock sont célèbres. Mais au juste, c’est quoi un Bachi-bouzouk ?

Sous la plume d’Hergé, le capitaine Haddock déploie un très large éventail d’invectives en tous genres qui complète l’histoire et le caractère de ce personnage « fort en gueule ». La tirade la plus emblématique est sans conteste : «Mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest », mais, qu’a-t-il de particulier, le tonnerre de Brest ? Ce n’est pas le tonnerre d’orage, mais un signal, et l’un des moins discret qui soit : un coup de canon tiré depuis le bagne de Brest en cas d’évasion. Et ce, afin de prévenir la population, car il y avait une récompense offerte à celui qui capturait le fugitif.

Avec Haddock, les empêcheurs de tourner en rond, bref les « méchants » sont des gredins, des scélérats, des gibiers de potence – jusque-là, rien de bien extravagant, mais ça se corse avec les marchands de guano (engrais tiré des excréments d’oiseaux marins), les naufrageurs (qui provoquaient le naufrage des navires pour les piller). Les vandales, aujourd’hui mis à toutes les sauces, sont, à l’origine, les membres d’un peuple germanique qui saccagea l’Europe au Ve siècle. Ce terme n’a pris sa signification actuelle qu’à la Révolution ; l’abbé Grégoire l’utilisa pour qualifier les destructions commises par les révolutionnaires : le vandalisme était né.

Haddocks_en_Pompidou__naxo_dm.jpg Ce vieux loup de mer n’oublie pas la cohorte des malpolis, des grossiers personnages et des grincheux et présente d’intéressants spécimens : l’ ours mal léché, le malappris, le malotru (mal élevé), le paltoquet (rustre insolent), le pignouf (rustre grossier), la vieille baderne (homme âgé et borné). Notons enfin les apaches, rien à voir avec les Indiens d’Amérique. Au XIXe siècle, les apaches sont, pour la bourgeoisie, les fauteurs de trouble, auteurs de chahuts, de bagarres et de dégradations de biens publics.

Que dire des gens dont on dirait aujourd’hui qu’ils ne sont pas tout à fait « finis » ? Ce sont des moule à gaufres, des protozoaires (un organisme unicellulaire, ce qu’il y a juste au-dessus du zéro dans la chaîne de l’évolution) ou encore des anthropopithèques (nom proposé en 1885 par Gabriel de Mortillet pour désigner le « chaînon manquant », l’intermédiaire entre l’homme et le singe).

« C’est tout ? » me direz-vous. Certes non ! La suite au prochain épisode : d’autres expressions truculentes de ce personnage dont on pourrait dire s’il n’existait pas qu’il aurait fallut l’inventer. Et le fameux Bachi-bouzouk évoqué au début ??? Dans le prochain article, promis !

A.D.

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Photographies :

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http://www.flickr.com/photos/naxo_dm/424064742/