Neo-journalism: aspects d’une profession en mutation

Article publié le 8 octobre 2012
Article publié le 8 octobre 2012
Par Aris Kokkinos Les 3 et 4 octobre avait lieu à Bruxelles un colloque international sur le journalisme en ligne, ou néo-journalisme. Lumière sur ce think tank de construction massive. Octobre, ses marrons, ses marronniers. A une profession en crise et en questionnement, le colloque neo-journalism a proposé des pistes de solution.
Organisé par l’UCL et les FUNDP, il a rassemblé une quarantaine de chercheurs spécialisés dans le domaine. Impossible de résumer les douze sessions au programme, retour sur deux thématiques complémentaires.

Dans le foisonnement de pratiques nées du numérique il y a d’abord le data-journaliste, avec deux flèches, informatique et rédactionnelle, à son arc. Sylvain Parasie (Paris Est) a introduit le journaliste-programmeur. Apparu aux Etats-Unis, dans de petites équipes réunissant rédacteurs et informaticiens, qui mènent à la fusion des deux compétences, il serait l’avenir du métier. Typique des nouvelles formes d’écriture, Nathalie Pignard-Cheynel (Grenoble 3) a dévoilé le live, flux continu d'infos que le journaliste publie en direct, entraînant une proximité accrue avec ses lecteurs. Amandine Degand (UCL), auteure d’une thèse magistrale, pose la question de la convergence du point de vue des journalistes, à savoir leur perception des innovations dans leur profession, dans une perspective auto-critique. Juliette De Maeyer (ULB) analyse les hyperliens et dresse une cartographie des discours. Son étude révèle la disparité des contenus web, qui comportent néanmoins des constantes: un univers mouvant autour de noyaux durs centrifuges. Pour compléter ce tableau, Nikos Smyrnaios (Toulouse 3) a fait une présentation des pure players français et de leurs différents modèles économiques, au succès aléatoire.

et data-internautes

Les web journalistes ne sont pas les seuls à maîtriser la technique: les consommateurs d’infos savent à leur tour manier les arcanes du métier. Alfred Hermida (University of British Columbia) a décrit la réappropriation des nouvelles formes de communication par des internautes anonymes, devenus mondialement célèbres grâce à Twitter ou à Reddit. De l’hyperglobal à l’hyperlocal, Evelien D’heer (Gent Universiteit) analyse un projet de journalisme citoyen initié par Het Belang van Limburg: le quotidien limbourgeois s’est multiplié en plusieurs éditions communales, rédigées avec succès par les journalistes et les internautes. Mathieu Simonson (FUNDP) a expliqué comment le blogging, en mettant au même niveau amateurs et professionnels, a influencé l’écriture sur le net. Enfin Nicolas Kayser-Bril a mené un workshop de formation au data-journalisme. A partir d’un questionnaire demandant un symbole pour l’Europe, il a montré qu’un data-journaliste peut utiliser les données intégrées par les data-internautes, pour faire comprendre à l’ordinateur l’usage qu’il veut faire de l’info.

Le compte rendu complet du colloque sera publié prochainement, en attendant les tweets sont à lire via #neojournalism2012.