Nationaliste et écologiste, un vrai zinneke

Article publié le 14 mars 2011
Article publié le 14 mars 2011
par Sylvain Lecomte Le Flamand Bart Staes du groupe transnational des Verts n’a jamais connu d’autre employeur que le Parlement européen. Après 28 ans de carrière, mais seulement trois mandats, il est loin d'être usé. Rencontre avec un député passionné, européen convaincu, modèle parfait de ce régionalisme écologique qui intrigue.

Au Parlement européen, il y a les stars, les médiatiques, les rebuts et les retraités du national. Mais pas uniquement. La faune parlementaire a récemment vu chuter sa moyenne d’âge. La carrière de député, et c’est heureux, naît plus souvent d’une noble inclination, voire d’une profonde vocation. Et elle devient parfois une authentique passion. Cette réalité est celle de Bart Staes, mais lui, il la vit depuis… 28 ans ! Agé de 52 ans, cet écologiste flamand a l’Europe dans la peau. Ou plutôt est-ce l’inverse ? Car effectivement, c’est l’Europe qui, un jour de 1984, est venue le chercher. “J’avais 25 ans, je revenais de mon match de foot. Pas le temps de déballer mon sac que ma mère me passe le téléphone. C’était Jacques Vandemeulebrouck, un député européen de la Volksunie (le parti nationaliste flamand de l’époque). Je l’avais interviewé pour un journal local de gauche. Il m’avait suivi et a pensé à moi pour un poste de conseiller.”

Bart Staes avait effectivement des atouts à faire valoir : son engagement politique précoce, son fort militantisme écologiste et son adhésion à la Volksunie. “C’était une époque de grande politisation”, explique-t-il. “Dans la suite de 68, il y avait des combats à mener, notamment dans les écoles : la participation démocratique des étudiants, la mixité, la pluralité, … A une plus large échelle, il y avait un élan anti-nucléaire, pacifique et de préservation de l’environnement. Ces luttes étaient inscrites dans mon programme génétique.”

Avant cet appel, Bart Staes était au chômage. La crise, déjà. “J’ai ramassé les poubelles pendant un an. Je vous assure que c’est formateur !” Une fois au Parlement, il devient vite un vrai technicien européen. “J'ai enfin été élu député en 99, après 16 ans au Parlement. Une très grande fierté.”

Passé maintenant dans les rangs des Verts flamands, il se sent particulièrement en phase avec son groupe Verts/Alliance libre européenne. Ces deux facettes sont les siennes. “Les Verts et les régionalistes européens partagent des combats communs. Des Régions fortes et une Europe solidaire et durable. Voilà mon credo.” Il a fait le lien entre le très droitier parti indépendantiste belge (N-VA) et les Verts. La seule députée N-VA est une de ses ex-coreligionnaires dans le mouvement nationaliste flamand. Il se braque. “Elle a fait ses preuves, ses votes sont généralement les bons. C'est tout ce qui compte!”

En cette période d’incertitude budgetaire pour l’Union européenne, Bart Staes, très actif dans la Commission du contrôle budgétaire, affiche ses craintes. “1% de la richesse de l’Union, c’est trop peu ! Cela représente 123 milliards. Les États-Unis dépensent deux fois plus pour leurs guerres. Croyez-moi, nous l’utilisons beaucoup mieux ! Enfin, je m’emballe peut-être, c’est mon côté pacifiste qui ressort.” La lutte adolescente est devenue parlementaire.

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