Municipales à Paris - Delanoë et l’Europe

Article publié le 22 février 2008
Article publié le 22 février 2008
Quelle est la place de l’Europe et des européens dans la campagne du maire sortant ? Bertrand Delanoë avait déjà choisi Anne Hidalgo, née à Cadix, comme première adjointe en 2001-2008. Mais pour cette campagne municipale, le maire socialiste a décidé de franchir un nouveau cap et de promouvoir une citoyenneté européenne « éprouvée ». Il veut permettre à des européens de s’engager à Paris.
Pour en parler, il a rassemblé 14 février dernier, ses troupes place de l’Europe, entre la rue de Madrid et la rue de Londres. Un lieu décidément bien choisi !

Les ballons de baudruche aux étoiles jaunes sont distribués, les drapeaux italiens ou belges flottent au vent et la troupe amassée sur le trottoir déborde un peu sur le rond point. Est-ce que la marche européenne va démarrer à l’heure ? Anne Hidalgo, tête de liste dans le 15 arrondissement, n’est pas là… Tant pis, les organisateurs décident d’y aller sans elle ! Derrière la bannière étoilée, en tête de cortège, six candidats espagnols, belges, italiens et portugais, avancent en rang serré. Voilà donc les candidats socialistes que Bertrand Delanoë voulait présenter !

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Des candidats venus des quatre coins de l’Europe…. Enfin presque !

Depuis 2000, en vertu du traité de Maastricht, les ressortissants d’un des états membres de l’Union européenne résidant en France, ont le droit de vote et d’éligibilité. Ils ne peuvent toutefois exercer les fonctions de maire ou d’adjoint (sauf en cas de bi-nationalité) ni participer à la désignation des sénateurs. 

A Paris, le nombre de ressortissants de l'Union européenne inscrits sur les listes électorales a progressé de 58 % par rapport à 2001 mais il y a encore peu de candidats sur les listes. Qu’est-ce qui a poussé les six candidats ici présents à se présenter ? Se considèrent-ils comme des candidats différents parce qu’ils viennent d’un autre pays européen ?

Mario Gonzales, avocat de 29 ans, candidat dans le 18ème, croit aux « forces progressistes de la gauche ». Il s’est engagé en France puisqu’il y vit depuis ses dix-huit ans. Il explique donc son engagement à Paris comme une évidence et parle de ses convictions politiques avec enthousiasme. Pour lui, les idées politiques dépassent les questions d’Etat.  

Pour Claudine Mukizwa, candidate dans le 4ème arrondissement, le lien avec la Belgique est plus évident. Elle habite en France depuis cinq ans et ne s’était jamais engagée officiellement en politique lorsqu’elle habitait en Belgique. Même si elle avait déjà des affinités pour la gauche. En arrivant en France, elle a pris sa carte au PS et entend désormais « servir le parti socialiste ». Elle pense pouvoir apporter des idées de Belgique et comparer ce qui se fait dans les deux pays « tout en faisant attention à ce que ces idées soient applicables en France au regard de la loi. » Et oui, pas question de faire du copier collé d’un pays à l’autre !

Bertrand Delanoë serait-il un européen convaincu ?

En tous cas, sa grand-mère est italienne, il peut citer toutes les capitales européennes et il compte beaucoup d’amis parmi les maires européens, de Walter Veltroni, maire de Rome, à Antonio Costa, maire de Lisbonne ! D’ailleurs ce dernier est présent aux côtés de Bertrand Delanoë. Il félicite le maire sortant, « un modèle pour les maires d’Europe », et sa liste qui est « une référence », « un espoir de citoyenneté ». Voilà donc quelques fleurs pour la Saint-Valentin ! Antonio Costa affirme : « l’Europe est une rencontre de peuples avant d’être une affaire d’Etats. »

Delanoë poursuit en relevant que l’Europe est d’abord une terre de liberté et qu’en sortant de la dictature, le Portugal, comme l’Espagne ou la Grèce, ont choisi l’Europe comme « espace pertinent ». Il regarde ensuite ses candidats et remarque : « il y a des symboles qui importent ». Se cantonne-t-il aux symboles ?

De l’Europe aux européens

Bertrand Delanoë annonce aussi quelques projets concrets comme la transformation de la Maison de l’Europe en Maison des européens. Il veut que ce soit un lieu d’initiatives et de rayonnement.

Et s’il est réélu, Bertrand Delanoë souhaite s’engager lors de la présidence française à partir de juin et il nous promet une grande fête de l’Europe les 9 et 10 mai prochain !

Haude-Marie Thomas