Moyen-Orient: l'Europe veut tenter sa chance

Article publié le 11 mai 2002
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Article publié le 11 mai 2002

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Existe-t-il une politique européenne réellement indépendante concernant le Moyen-Orient?

Dix-neuf mois d'une nouvelle Intifada palestinienne en réponse à la réaction américaine par rapport aux attaques terroristes du 11 septembre ont changé la stratégie de politique internationale de l'Union Européenne et aussi des Etats-Unis. L'offensive diplomatique de George W. Bush et de Javier Solana, dont le but était d'obtenir un large soutien pour les opérations militaires américaines vont de pair, du moins jusqu'à présent. Mais l'intersection des politiques étrangères américaine et européenne se situe autour du conflit israélo-palestinien, où, à présent, l'UE vérifie si sa politique étrangère indépendante pourrait être assez efficace.

On peut considérer le conflit au Moyen-Orient comme une bataille anormale dans la Guerre Froide. Les lignes de tension vont dans le territoire de l'Etat d'Israel, mais le principal ennemi stratégique était en fait à l'étranger. Dans les territoires occupés depuis 1967, Israel était la seule autorité politique, pourtant pas en vertu du droit international. Les leaders palestiniens n'ont pas pu créer un territoire indépendant, ni une politique étrangère indépendante, jusqu'aux traités de Washington/Oslo de 1993. La représentation du peuple palestinien n'a jamais constitué un sujet de relations internationales, mais seulement un objet.

Aujourd'hui, il n'existe pas de doctrine uniforme de politque étrangère européenne et les principales autorités géopolitiques au Moyen-Orient étaient les Etats-Unis et l'Union Soviétique, selon la logique de la Guerre Froide. Etant donnée la désintégration de l'Union Soviétique et de son "empire", les Etats-Unis sont devenus une puissance hégémonique au Moyen-Orient. Meme avant la guerre du Golfe les Etats-Unis ont gagné le soutien des Etats arabes pour la mise en place d'une coalition contre Saddam Hussein. Pour George Bush senior, et surtout pour son successeur Bill Clinton, c'était l'opportunité d'utiliser cette relation de confiance comme une bonne base pour aider Israel à démarrer un processus de paix, non "seulement" avec ses voisins (la Jordanie, la Syrie, le Liban), mais aussi avec son "ennemi intérieur".

Le dialogue israélo-palestinien, qui a debuté à la conférence de Madrid en 1991, a créé en deux ans un nouveau sujet de politique internationale -une Autorité Palestinienne (AP) relativement indépendante, sous le "contrôle" de Yasser Arafat. Un début plein d'espoir du processus de paix avait été pleinement soutenu, à la fois par les Etats-Unis et l'Union Européenne.

Il n'est pas nécessaire de répéter ici tout ce qui s'est passé dans le conflit israelo-palestinien durant ces dix dernières années. L'Union Européenne a généreusement soutenu l'AP (principalement par des projets sociaux et d'infrastructures dans les territoires), mais les négociations politiques étaient soutenues seulement par les Etats-Unis. Cette disproportion politico-économique s'est-elle poursuivie jusqu'à present?

L'Europe cherche une chance de gagner une position géopolitique indépendante et le Moyen-Orient a constitué pendant longtemps un tabou à cause de ressentiments coloniaux. La guerre globale anti-terroriste n'a pas reçu le soutien unanime de nombreux hauts politiciens, en particulier, des gouvernements de gauche. Mais ils n'ont pas eu d'arguments assez forts pour s'opposer aux opérations militaires en Afghanistan, que l'on considère comme un succès.

Le processus de paix en Israel, qui a fait des progrès importants pendant l'ère Clinton, n'a pas été sans intérêt pour George W. Bush. L'Union Européenne avait déja mis en place sa politique étrangère commune avant le 11 septembre. Cependant, les besoins actuels de meilleurs standards de sécurité ont rouvert cette question. L'Union Européenne a profité du manque d'intérêt américain pour le conflit israélo-palestinien.

Les Etats-Unis, comme l'Union Européenne, ont fait des erreurs: les Etats-Unis ne se préoccupent pas des frustrations musulmanes originelles concernant l'Occident: c'est-a-dire la tragédie du peuple palestinien qui est mal utilisée et manipulée par les fondamentalistes. Les pays de l'Union Européenne n'ont pas tenu serré entre leurs mains le processus de paix. La politique commune anti-Sharon de l'Union Européenne a également peu de chances de connaître le succès.