Moe Dunford : «La seule chose qui peut briser un stigmate, c'est le dialogue»

Article publié le 11 juin 2015
Article publié le 11 juin 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Dans Patrick‘s Day (2015) le jeune espoir irlandais Moe Dunford joue un jeune homme atteint de schizophrénie.  Avec ce rôle, Moe Dunford rejoint cette année les European Shooting Stars.

Entendre des voix, se sentir suivi ou bien manipulé dans ses pensées : voici autant de symptômes qui caractérisent la schizophrénie. C'est la maladie dont souffre le protagoniste de Patrick‘s Day, joué par Moe Dunford.

Dans Patrick‘s Day, l'auteur et réalisateur Terry Mc Mahon raconte l'histoire de ce jeune homme. Patrick tombe amoureux d'une hôtesse de l'air. Mais cela ne plaît pas du tout à sa mère, qui va exploiter la psyché de son fils pour l'empêcher d'entamer une relation. Moe Dunford a été courroné en 2015 European Shooting Star pour sa performance exceptionnelle dans le rôle de Patrick. Nous l'avons rencontré à l'occasion de la Berlinale.

Cafébabel : J'ai lu dans un interview que c'était pour toi une grande surprise de découvrir que tu allais être une des nouvelles European Shooting Stars.

Moe Dunford : Je ne m'attendais vraiment pas à recevoir cette nouvelle le jour de mon anniversaire. Je me suis réveillé et quelqu'un m'a dit que j'allais représenter l'Irlande pour mon rôle dans Patrick‘s Day et que j'allais recevoir un prix, aux côtés de neuf talents. C'est ce que j'appelle un cadeau d'anniversaire ! C'est un grand honneur. Une surprise. (Il rit). Et aussi un grand choc. Mais c'était une journée formidable !

Cafébabel : Et qu'est ce que ça fait de se retrouver ici, à Berlin ?

Moe Dunford: Super. C'est tout simplement une opportunité fantastique. On s'amuse et on rencontre des agences de casting dans une ambiance décontractée. C'est ce qui devait arriver, non ? En somme tout se passe très bien jusqu'ici. Et je me languis de la remise de prix. C'est Nathalie Portman qui va le remettre. 

Cafébabel : Je ne le savais même pas.

Moe Dunford: Je viens aussi à peine de le découvrir. Je vais probablement rougir comme un adolescent en recevant le prix.

Cafébabel : Tu as gagné le prix grâçe à ta performance dans le rôle de Patrick, ce jeune homme atteint de schizophrenie. Comment t'es tu préparé à ce rôle ?

Moe Dunford : Patrick est trés intéressant. Mais je n'aime pas parler de la manière dont je me suis préparé. C'est idiot. Tu dois justement te préparer à ta façon. Le thème et l'histoire de Patrick‘s Day me sont plus importants même que le fait d'avoir eu le rôle. Ca devait tout simplement être raconté. Non, ca n'est pas tout à fait vrai. Je me serais plié en deux pour ce rôle. Mais le thème est tellement important. Et bien sûr les stigmates inhérents aux maladies mentales. En Irlande il y a tellement de jeunes qui ont des problèmes mentaux. Il y a tellement de suicides et de personnes atteintes de dépressions. Tout le monde est un jour confronté dans sa vie à la maladie mentale, d'une manière ou d'une autre. L'attention qu'il y a eu pour ce thème depuis le lancement du film est impressionant. C'est le plus important. 

Cafébabel : Tu crois que tu peux changer des choses dans la société grâce à des films ?

Moe Dunford : D'un coup les gens discutent dans mon pays. Ce n'est plus qu'un simple thème du film. C'etait par exemple aussi le cas concernant les droits des pères. Les gens doivent regarder le film et si on arrive ensuite à les amener à en parler, alors quelque  chose change. Un dialogue se crée. Et la seule chose qui peut briser un stigmate, faire tomber des murs, c'est le dialogue. Et là se trouve le début du changement.  

Cafébabel : Qu'est ce que tu aimerais encore changer ? 

Moe Dunford : J'aurais bien aimé être marié à Nathalie Portman dans le film. (Il rit). Non, sérieusement. Je ne peux pas choisir mes prochains rôles. Je veux tout simplement m'immerger, continuer de travailler, voir ce qui se passe et profiter. Ce qui ce passe en ce moment, je ne le vis pas tous les jours. J'apprécie vraiment d'être avec ces gens. Et ce n'est pas comme si c'était le Hunger Games des acteurs et que seulement un de nous recevra le prix. Si c'était le cas je me cacherais certainement derrière un arbre.

Cafébabel : Est ce que toi même tu as appris quelque chose grâce à ce rôle ? 

Moe Dunford : Oui, de traiter tout le monde de manière équitable. Mais aussi de faire attention à soi. Ne pas accepter n'importe quelle connerie. Ouvrir sa bouche. Apprendre des personnes avec qui tu passes du temps. J'ai eu la chance de travailler avec quelques individus trés talentueux. Mais on ne doit pas oublier l'amusement. (Il rit).

Cafébabel : Et qui t'inspires ? Avec qui aimerais- tu travailler ? 

Moe Dunford : Dans tous les cas avec Terry McMahon –  il m'inspire beaucoup. Je pense qu'il est le nouveau type avec qui il faut travailler. C'est un génie. Ses histoires te confrontent avec quelque chose et traitent clairement de la société dans laquelle tu vis. Il s'engage et se bat. Quand Terry fait un film, il se met à nu. Continuer de travailler avec lui, c'est ça mon plan. Kerry Fox, qui joue ma mère dans Patrick‘s Day, Nicolas Winding Refn et Peter Weir sont également des individus inspirants. Je continuerai bien de travailler également avec ces derniers. Mais ce n'est pas de ma responsablité.    

Cafébabel : Et quels sont tes projets pour l'avenir ? 

Moe Dunford : En avril je reprends le tournage de Vikings. De plus, je vais retravailler avec Terry dans le film Dancehall Bitch, un drame pénitencier. Et je développe avec le Irish Film Board un film nommé Goodbye Cruel World avec Rory Gilmartin, qui était aussi dans Patrick‘s Day. Sinon j'aimerais aussi faire des films chez moi. Si j'arrive à faire des films réussis en dehors de l'Irlande c'est super, et si je peux faire des films indépendants chez moi, alors tant mieux.