Mobilité : les jeunes français ont la valise en berne

Article publié le 6 janvier 2009
Article publié le 6 janvier 2009
Si le succès d’Erasmus et son programme d’échange universitaire ne sont plus à démontrer partout en Europe, en 2008 les jeunes français l’ont, eux, boudé ! En effet, 4 000 bourses délivrées aux étudiants de l'hexagone comme aide au départ dans le cadre de leurs études, n’ont pas trouvé preneurs !

« Vingt-sept mille bourses étaient proposées. Seules 23.000 ont été pourvues. Quatre mille n'ont ‘’surprenamment’’ pas trouvé preneurs », a souligné Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l’enseignement supérieur lors d’un Colloque sur la mobilité dans l’enseignement supérieur en novembre dernier à Nancy.

Une expérience de vie

Cependant tout n’est pas si noir. En effet, 69% des étudiants français seraient prêts à prendre le large selon les chiffres d’un sondage Touteleurope.fr et Letudiant.fr réalisé par l’IFOP en novembre 2008 sur 802 Français âgés de 18 à 24 ans. Que ce soit dans le cadre de leurs études ou pour un emploi, les deux tiers des sondés souhaitent profiter d’une expérience de vie au sein de l’Union Européenne. « A 28 ans, j'ai déjà travaillé en Belgique, en Espagne, en Roumanie et maintenant en France où je suis né » témoigne TL sur le site de la Commission Européenne. On note également que les moins mobiles sont représentés par ceux qui ont peu ou pas de diplôme (41 à 46 %).

Un frein financier et administratif

Mais alors, qu’est-ce qui empêche ces jeunes interrogés de franchir le pas ? Comme souvent, c’est du côté du porte-monnaie que le bas blesse ! 53% répondent que le poids financier de l’expatriation les freinerait. On peut comprendre que le montant de €400 de la bourse Erasmus visant les jeunes français puisse laisser dubitatif… Autre raison invoqué pour 19% des personnes interrogées, la barrière linguistique mais aussi pour 10%, les obstacles administratifs… C'est ce que confirme TL. « Si travailler à l'étranger est une expérience irremplaçable, il faut bien avouer que les gouvernements ne font pas grand chose pour faciliter la chose: démarches administratives, taxes, délais... A moins d'être expatrié par une multinationale qui se charge de tout, il faut s'armer de courage. Mais bon, pas de regrets. »

Un départ nécessaire

Car l'expatriation est en effet une réelle valeur ajoutée à un parcours professionnel. Ce départ « est nécessaire en raison de la mondialisation des échanges et des services », explique Pascal Codron, responsable des relations internationales au sein de la Conférence des grandes écoles et directeur de l'Institut Supérieur d'Agriculture de Lille, au site Letudiant.fr. « Les entreprises s’internationalisent et de plus en plus de sociétés sont multiculturelles. Les jeunes doivent être préparés à travailler avec des salariés de culture différente. » Espérons que la frilosité des jeunes français n'est donc que passagère....

Sources :

Site de la Commission Européenne Dossier pratique "Bouger en Europe" - Les EuronautesErasmus fête ses 20 ans et marque le pas – Le FigaroEn France, 4000 bourses Erasmus ne prennent pas preneurs – AFPErasmus séduit moins les étudiants français – Le FigaroMobilité européenne des étudiants : encore un effort ! – L’EtudiantCrédit photo :

Johara BOUKABOUS