Moaning Cities : « La musique est une bonne expérience de l’Europe »

Article publié le 24 juillet 2016
Article publié le 24 juillet 2016

Moaning Cities s’est produit pour la deuxième fois au festival de Dour. Quoi de neuf en deux ans ? Un nouveau line up, un nouvel album et des anecdotes de leurs tournées en Europe. Cafébabel Bruxelles a rattrapé le temps perdu avec le quatuor bruxellois.

Les amateurs de rock s’étaient donné rendez-vous au Labo pour entamer le dernier jour de Dour. Les Bruxellois de Moaning Cities y ont donné un avant-goût de leur deuxième album à paraître en septembre. « C’est un voyage dans nos tripes. Vous allez voyager dans nos colons respectifs » nous ont-ils-confié. On veut bien les croire vu la moiteur dans laquelle le quatuor nous a laissés. Le groupe connu pour son rock psyché 60s avec des accents orientaux a livré un concert au son très brut, plus que celui développé dans leur premier album. Ce nouveau disque, explique Valérian, guitariste et chanteur de la formation est celui « du début de cette nouvelle formation à quatre où chaque semaine, on comprend mieux ce que c’est de jouer ensemble ». Juste après sa première prestation à Dour, le groupe s’est séparé de deux membres et a accueilli Melissa à la batterie.

La nourriture pour détendre l’atmosphère

En deux ans, le groupe affiche plus de kilomètres au compteur. Plus de 80 concerts rien que pour 2015 à bord de Monique, feu leur van de tournée. « Elle a rendu l’âme après un an et demi de bons et loyaux services. Sans broncher » regrette la bassiste Juliette. « Sans broncher ? » s’étonne son frère Valérian. Il est vrai que Monique n’a pas été des plus dociles, laissant plusieurs fois les quatre comparses à plusieurs kilomètres de leur destination. Le pire caprice de Monique ? Abandonner le quatuor à 300 kilomètres du festival où ils devaient jouer. « Heureusement qu’on avait de la bouffe dans ces moments-là, pour détendre l’atmosphère » ajoute Timothée, qui jongle sur scène entre guitare et sitar.

Les bons plats, quelque chose que le groupe n’est pas prêt à sacrifier, même sur la route. « On aime bien aller en Suisse ou en Italie notamment parce qu’on sait manger et cuisiner là-bas » explique Timothée. Outre les spécialités culinaires, les Bruxellois ont apprécié l’accueil qu’ils ont reçu dans ces deux pays. « Il y a une espèce de sens de l’accueil, surtout pour les groupes de musique. Ils ont une manière de faire qui est l’opposé de ce qu’il y a en Angleterre. On a vraiment vu les deux extrêmes en tout cas » raconte Valérian.

Un Idéal en déclin

Cette Europe que Moaning Cities a parcourue partage des caractéristiques avec l’Occident des années 60 dont le groupe s’inspire musicalement. « La musique pacifiste, la musique qui va dans cette idée de communion de tolérance, c’est une impulsion qui est tout à fait légitime aujourd’hui » explique Valérian. Mais n’y voyez pas de nostalgie. « Je ne me sens pas nostalgique des années 60 ou 70. Ça a été un apport extraordinaire dans la musique. Ça a été des révolutions et on en profite encore » explique Timothée. Comptant comme influences des groupes tels que The Doors, The Velvet Underground, 13th Floor Elevator et The Sonics – pour ne citer que les plus anciens de la liste, les Bruxellois se sont naturellement imprégnés de ce qu’ils aimaient. « C’était aussi une période un peu idéalisée et ça n’a pas duré très longtemps. Et nous aussi on vit aussi le déclin. On en parle dans l’album de l’illusion de ce truc-là » rétorque Juliette. Le nouvel album s’appelle justement D. Klein – jeu autour du mot anglais « decline ».

L’Europe, un regard mitigé

Que représente l’Europe pour Moaning Cities? La maison pour Melissa, née en Belgique de parents espagnol et italien. Un gros fiasco politique et financier selon Valérian, qui tient quand même à mettre en avant les bienfaits des projets musicaux « Il y a beaucoup de solidarité, dans la musique par exemple. Beaucoup de fans qui se rencontrent. Des gens qui sont dans la curiosité. Tourner dans d'autres pays. Inviter d’autres groupes. Je pense que la musique est une bonne expérience de l’Europe » explique-t-il. Timothée salue les facilités offertes par la liberté de mouvements au sein de l’Union Européenne tout en s’inquiétant des conséquences du Brexit. « Les groupes qui viennent de là-bas, à mon avis, auront beaucoup plus de difficultés à venir sur le continent pour tourner. Je suis curieux de voir comment ça va se passer pour eux » s’interroge-t-il. Juliette, quant à elle, déplore la tendance à la standardisation. « J’ai fait un peu d’urbanisme et on voit ça. Toutes les villes européennes tendent à se ressembler avec des chaines, des piétonniers. Et c’est triste parce qu’on perd un peu toute la magie de l’Europe ».

« Il faut cultiver la différence et non, l’indifférence ! » s’exclame Timothée hilare. « Comme le disait le poète Timothée Gustave » ajoutent-ils en chœur. Ce seront les mots de la fin. La prochaine date bruxelloise de Moaning Cities sera le 23 septembre au Botanique pour leur release party.